mardi 4 août 2015

TAHITI COURSES DE PIROGUES





TAHITI















Les pirogueS sont alignées les unes à côté des autres sur la plage de sable noir, à côté du temple de Paofaï.

Plus de cent pirogues sans aucun doute, retournées, au repos, bleues, jaunes, rouges. Il y a des pirogues individuelles, fines, si fines que l’on se demande comment elles peuvent porter un homme. Il y a les longues pirogues de haute mer, construites pour six rameurs.

Les piroguiers, on les reconnaît à l’épaisseur de leurs épaules : La pagaie courte, à large pale, n’économise pas l’effort !















Sur une mer bien formée, les pirogues enfournent à chaque lame. Malgré les bâches de protection, les rameurs sont bien obligés d’écoper. On a le vent debout. Il souffle à plus de vingt nœuds, avec des rafales à vingt cinq nœuds. Les creux ont plus de deux mètres.

Peu à peu, la pirogue bleue des jeunes des Îles-sous-le-Vent se détache. Une rouge la suit, mais se retourne au passage d’une vague plus grosse que les autres. Pour la remettre à flot et reprendre la course il faut perdre un temps fou. La pirogue bleue accentue son avance.



Derrière, les autres concurrents adoptent des routes qui divergent : Un groupe suit le récif, l’autre gagne au large. Elles sont deux à avoir viré la bouée et à prendre le chemin du retour, navigant avec vent arrière alors que les autres peinent toujours. Porté par les vagues, on ne faiblit pas, à la cadence d’un coup de pagaie par seconde ... Soixante coups à la minute ! L’eau gicle de toutes parts.







Et puis, soudain, nouveau chavirage de la pirogue qui est à la seconde place ... Elle est redressée par ses piroguiers qui étaient tombés à la mer. Elle chavire à nouveau dix minutes plus tard. Son équipage abandonne. Il n’est pourtant pas au bout de ses émotions : En essayant de gagner l’îlot le plus proche, la pirogue se casse en deux .

Tout le monde à la mer, une fois de plus ! L’équipage essaie de monter par l’arrière sur le bateau accompagnateur, celui-ci est déjà surchargé. Une lourde vague embarque, le bateau coule à son tour !

Les jeunes des Îles-sous-le-Vent poursuivent sans faiblir. Ils atteindront la ligne d’arrivée en cinq heures trente deux minutes, vingt deux secondes. Allez vous étonner que les Polynésiens aient de larges épaules !


Cette année, une pirogue polynésienne remportera le championnat du monde des pirogues de haute mer, à Honolulu ... Mais comment peut-on courir avec de telles pirogues, alors que le barreur est parfois si gros ?







lundi 3 août 2015

LE COCOTIER DE MER OU "COCO-FESSES"



LA VALLÉE DE MAI


À PRASLIN




LE COCOTIER DE MER EST ENDÉMIQUE À PRASLIN (SEYCHELLES) - C'EST À DIRE 

QU'ON NE LE TROUVE QU'À CET ENDROIT-LÀ.






 Cocotier de mer mâle









Sentier très étroit
Forêt d’avant le déluge
À chaque instant on s’attend à voir un diplodocus
Surgir
Entre les fougères et les palmiers


Cocotiers immenses
Larges feuilles de taros
Oreilles d’éléphants
Mains ouvertes des philodendrons
Pointes lancéolées de la vanille
Palmes tombées jaunes ou rousses
Un filet d’eau courante
Mousses et lichens
Une orchidée épiphyte



Noix doubles
L’inflorescence mâle est un phallus dressé







Cocotier de mer femelle





On dit
Il faut le croire
On dit que par les nuits sans lune
Les cocotiers de mer s’en vont deux par deux
Au fond de l’océan
Lorsqu’ils reviennent
Ils ont produit des noix
Faut-il y croire ?








Noix du coco de mer ou "coco-fesses"

MAHÉ DES SEYCHELLES











Mahé des Seychelles




















Victoria






Sans soucis

Parfums de thé vert

Roches de granit

Au loin la mer comme une euphorie


Peuple né d’hier

Qui bâtit son aujourd’hui

Peuple libre

Coryphènes d’argent

Et porcelaine des coquilles

Palmiers

Noix de cocos étranges


L’oiseau paille-en queue à l’aplomb de la falaise

Tel un cerf-volant

Vanille







           

samedi 1 août 2015

LA POÉSIE RÊVAIT AUX SEYCHELLES ...














VOICI VENIR QUELQUES CONTES. JE LES AI ÉCRITS POUR RADIO-SEYCHELLES. JE LES OFFRE AUX ENFANTS DE CES ÎLES. ILS NE
SAURONT JAMAIS SANS DOUTE COMBIEN JE LES AI AIMÉS, NI COMBIEN J'AI AIMÉ CE PAYS.

QU'ILS ME PERMETTENT DE RÊVER UN PEU :






Maldives, Laquedives, Ceylan, Madagascar, l'Île de France, Bourbon, Rodrigues et les Seychelles ...

Mahé, Praslin, Frégate, Cousin, Cousine, Silhouette, Denis, Curieuse, Félicité, La Digue, Moyenne, Sainte Anne, L'Île du Nord, Thérèse, lÎle Longue, l'Île Ronde, Conception, l'Île aux Cerfs, L'Île Aride et l'Île Anonyme ...


L'Île Anonyme ... Quel beau nom ! On aimerait savoir ... savoir qui a bien pu l'inventer !









 Tortue géante des Seychelles




Mais les archipels de corail ... Les Amirantes, les Farquhar, Aldabra !

Les Amirantes ... Poivre, Boudeuse, Étoile, Desneuf, Marie-Louise
Et les Bancs Africains, Rémires, Daros et Desroches ...


Farquhar ... Autrefois dénommée Juan de Nova.
Aldabra ... Aldabra-la-verte, Aldabra
L'Île aux cent cinquante mille tortues dormant sous les takamakas et les mapés ... Aldabra et son lagon :
Le plus vaste lagon du monde, d'où émergent
de minuscules îlots qui ont pour noms
Esprit, Cèdre, Michel et Moustique ...


Et pourquoi ne pas nommer l'Île Cachée, Chauve-Souris, Mamelles et Rat ?
Pourquoi ne pas nommer Albatros,Ave-Maria
l'Île-aux- fous
Petite-Soeur
Saint Pierre et Mariane?


















                Grande Soeur





Je veux nommer encore Coconut, Polymnée, Astove, Cosmoledo, Pagoda, Goëlette, Wizard et Providence ...
Et puis Les îles Alphonse,
Bijoutier, Saint François et les îles Poivre : Boudeuse, Desroches, Marie-Louise.
Ah ! l'Île-aux-Chiens, Benjamin, Carcassaye, Fouquet, Pélican, Ressource et Saint Joseph!

J'aurais voulu les découvrir
Être le premier à les apercevoir ...
J'aurais voulu les nommer et nommer aussi
La Baie des Cipayes,
La baie Saint Ange,
l'Anse à la Mouche,
l'Anse Bois de rose, l'Anse Boileau,
l'Anse Grand'Barbe et l'Anse Patate et l'Anse Sévère, l'Anse Royale,
Grand'Anse et aussi la plage de Beau Vallon et celle de l'Anse Police,
La Pointe Gaulette,
La Pointe Source d'Argent,
La Pointe Cabris
Et la passe Cousin
La passe à Mathiot,
La passe l'Endormi ...
Ah ! Quatre-Bornes et Sans-Soucis, 
Montfleuri ...























Ah! Ces gens qui portent des noms fleurant bon les aventures des Poitevins, des Bretons et des Normands !
Pillay, Francourt, Hoareau, de Saint-Jorre, Confait, Vidot (prononcé Vidot', comme en Charente !)

LA POÉSIE RÊVAIT AUX SEYCHELLES. C'EST VRAI : JE L'Y AI RENCONTRÉE. VOUS NE POUVEZ LA MANQUER ... ELLE A LE PARFUM DE LA CANNELLE ET DE LA GIROFFLE ...


Anse Source d'Argent - La Digue

NAISSANCE D'UNE NATION














CREOLE

 ( À Monsieur Gérald Vidot )




Chocs sourds
Chambardements d'apocalypse
Bois noirs
De chêne et de châtaigne
Et les relents du coaltar


Voix du fer et du cuivre au grincement des poulies
Chacals
Mais ne parlons plus de la mèche du fouet
Ni de la fourche au cou
Nos liens détordus sont allés au sillage sur la mer
Avec les paroles anciennes




Galets de lest polis sur d'autres rives
Issus de navires venant lèges des pays du couchant
Mots préalables
Prémonitoires
Ramassés au long des estuaires




Mots de fruits et de fleurs
De chemins francs
De cannelle et de muscade
De larmes et de rires
Mots de ligne et d'hameçons




Ô mère ! Un peuple est né de nos erreurs
Il écrit son avenir avec des caractères anciens
Dont l'assemblage est neuf


MICHEL SAVATIER