vendredi 5 février 2016

L'ENLÈVEMENT DE PROSERPINE - VILLA BORGHÈSE - ROME












LE POUCE DE PLUTON

ET L’INDEX DE PROSERPINE




















Le David de Michel-Ange est songeur
Celui de Bernini a autre chose à faire
Et il le fait
Tout entier tendu dans l’action
Faisant tourner la fronde






























C’est là le génie du Bernin
Il sculpte des hommes de chair
Des femmes de chair
Vivants











Et le pouce du dieu des enfers
S’enfonce dans la tendre cuisse de Proserpine
La main de la déesse des saisons
Déforme le visage qu’elle repousse











Mais ce qui semble le plus admirable
Y avez-vous songé ?
Ce sont les doigts ...
Comment sans le casser
Dégager d’un bloc de marbre
L’index de Proserpine ?




jeudi 4 février 2016

PAULINE BORGHÈSE ...
























                                                          Sculpture de Canova - Rome - Villa Borghèse









Est-ce bien toi
Ou bien n’y a-t-il là que rumeur
Est-ce bien toi Pauline
Qui fis prendre l’empreinte de ton sein
Pour y mouler une coupe de vermeil
Et pour qui la coupe
Et pour quel philtre y boire ?









Ô volage et tout à la fois la plus fidèle !
Tu vendis ton duché
Mais tu avais coupé ta chevelure
Est-ce bien toi
Aussi belle qu’il était possible de l’être
Ô Duchesse de Guastalla !
Ô l’égale de la déesse !











Est-ce bien toi
Adulée adorée
Qui donnas tes diamants
Après les avoir fait briller
Sur les hauteurs de Rome
Dans les palais de Neuilly et ceux du Faubourg
Est-ce bien toi fidèle
Qui demandas à suivre ton frère
En exil à Sainte Hélène ?










Est-ce bien toi voluptueuse
Ô tentation du fruit !
Est-ce bien toi que je vis à la Galerie Borghèse
À Rome
Sculptée par Canova dans le marbre de Carrare
Est-ce bien toi
Allongée sur le divan
Aussi belle qu’il était possible de l’être.









mercredi 3 février 2016

PADOUE - GIOTTO








PADOUE : Chapelle des Scrovegni


Peintures de Giotto  ( 1266 ou 1267 à 1337).






















                 Chapelle des Scrovegni ... Intérieur.





Un archange sans doute
Tendit une plume de son aile
À Giotto
Au tout début du quatorzième siècle
Il la trempa dans le bleu du ciel
L’or du soleil
Le rouge du coquelicot
Le vert de l’émeraude



























                              La présentation au Temple ...




Puis l’archange lui conta le poème de l’Ancien
Et du Nouveau Testament
Je crois bien que c’était l’archange Gabriel
Je crois bien aussi qu’il guida sa main
En ce temps-là
Les anges enchantaient les peintres
Les enlumineurs et les tapissiers
Les orfèvres
Et les poètes
Les artistes écoutaient les anges


























                                      Le baiser de Judas ...



C’est ainsi que Giotto peignit ses fresques
Sur les voûtes et sur les murs
De l’église dédiée à Saint François d’Assise
Mais à Padoue
Dans la chapelle des Scrovegni !
Il fallait bien
Que Saint Gabriel lui-même
Guidât sa main !




















                                  Le baptéme du Christ ...




De la vie de Sainte Anne
À celle de Sainte Marie
De la naissance de Jésus
Aux pleurs de la Madeleine
Ô ces couleurs !
Ô ces regards !

























          Jésus chasse les marchands du temple ...




Scènes d’estampes japonaises
Dessins de tapisseries de soie
Ors des émailleurs
Volutes
Le génie technique
Au service de la foi



























Mais si la foi venait à se perdre
Si le peintre devenait sourd
Si l’ange se détournait et venait à se taire
Si la poésie
Venait à mourir ...






                              Padoue ... La chapelle des Scrovegni.