samedi 6 octobre 2018
SAMOA - LA CRÉATION
CRÉATION DE L'HOMME ET DE LA
TERRE
ÎLES SAMOA
Tangaloa était le dieu du ciel. Sina était sa fille. Tuli était l'oiseau de Sina. Un soir, comme d'habitude, Tuli remonte au ciel, après avoir erré tout le jour, comme à son habitude. Il est bien fatigué : Sur quoi aurait-il pu se reposer, puisqu'il n'existe que l'océan ?
L'oiseau se décide à aller plaider devant Tangaloa, le grand dieu ... Il le supplie de bien vouloir lui préparer sur la mer un endroit où il puisse se reposer en plein jour.
-" Va ... Tu trouveras demain ce que tu demandes."
Tuli s'en va et, le lendemain, il trouve une île sablonneuse où se reposer.
Un soir, remontant au ciel, il rencontre Tangaloa. le dieu lui demande s'il a trouvé ce qu'il a désiré :
-" Oui, répond l'oiseau ... Mais sur cette île, il n'y a que du sable ...!"
-" Et que voudrais-tu donc d'autre ?"
- " Je voudrais qu'il y eût des montagnes, que ces montagnes soient couvertes d'arbres. Je voudrais que, dans cette île, on pût trouver tout ce qui est nécessaire à la vie ..."
-"Retourne donc et, demain, tu trouveras tout ce que tu demandes."
Quand Tuli, le soir, remonta au ciel, comme à son habitude, Tangaloa lui demanda :
-"Tu as trouvé ce que tu avais demandé ?"
-" J'ai trouvé tout ce que j'avais demandé ... Mais il manque encore quelque chose ! - Il faudrait quelqu'un pour gouverner cette île. "
-"Et que veux-tu ?"
-" Je veux un homme, fait à votre ressemblance."
Tangaloa prit un morceau de craie blanche et il se mit à dessiner sur une planche l'homme demandé ... Quand il eut fini de dessiner, il dit :
-"Tiens ... Voilà ton homme !"
L'oiseau était insatiable. Il demanda :
-" C'est bien son image, mais cela ne suffit pas; il faut d'abord lui donner un nom."
-" Eh bien ! Appelons-le Tamaloa. Nous nommerons sa tête Ulu."
-"Oui, mais alors, nous nommerons le derrière de sa tête Tuli Ulu parcequ'il ne faut pas m'oublier."
Daniel Bergagna
-"Accordé, dit le dieu. Comment appellerons-nous le corps ?"
-"Appelons-le Tino, et puis nous nommerons l'épine dorsale Tuli Tua. Les bras ? - Lima. Et les coudes Tulil Ima - Les jambes, Vaevae - Et les genoux Tuli Vae - Les pieds, enfin, seront nommés Tapu Vae. "
En un instant, toutes les parties du corps avaient reçu un nom.
- "Mais, dit l'oiseau, cela n'est pas suffisant, il faut donner la vie à cet homme, et lui donner une femme".
Tangaloa comprit tout de suite l'indispensable nécessité de ce que l'oiseau lui demandait. Il prit l'homme et souffla dessus. L'homme s'anima. Le dieu lui dit :
-" Descends avec Tuli et tu trouveras une femme qui sera ta compagne, et une île où tu trouveras réuni tout ce qu'il faut pour vivre ... Il ne te manquera qu'une seule chose : Le feu ... Tu ne l'auras que plus tard et, en attendant tu mangeras ta nourriture toute crue."
- L'homme, en descendant sur la terre y trouva la femme et il eut d'elle plusieurs enfants.
vendredi 5 octobre 2018
AUX ÎLES SAMOA ...
ORIGINE DES COCHONS AUX SAMOA
Il y avait aux îles Fidji, il y a bien longtemps, un grand chef, puissant et redouté. Tous les ans, il allait lui-même lever un tribut d’hommes sur les îles Samoa. Ces hommes étaient destinés à lui servir de nourriture.
Aux îles Samoa vivait un homme appelé Cici et sa femme dont le nom était Sau. Cette dernière était sœur de Tiitii.
Ce couple fut capturé et emmené, comme bien d’autres, aux Samoa. La femme y devint grosse … Mais au lieu de grossir comme celui de toutes les femmes enceintes, son ventre devint énorme. Au lieu de porter pendant neuf mois, elle accoucha au bout de quatre mois seulement. La surprise fut grande quand on s’aperçut qu’elle avait mis au monde … plusieurs petits cochons ! La pauvre mère se mit à les allaiter …
Espérant que leurs noms leur survivraient, le mari et la femme appelèrent les petits cochons Sau et Cici.
Aujourd’hui encore, aux Samoa, on ne se sert que du mot sau, sau, quand on veut appeler les cochons et les faire venir … et quand on veut les faire fuir, on crie « Cici, Cici ! ».
En voyant ces petits cochons, les chefs eurent la fantaisie d’en vouloir manger pour voir s’ils étaient bons.
Ils en firent tuer un. Les chefs le firent préparer et tous affirmèrent que la chair était aussi bonne que la chair humaine.
Le grand chef était enchanté de cette expérience. Il dit à la pauvre Sau :
- « Ton fils était délicieux. Tâche donc d’accoucher d’autres enfants comme ça, et je te promets la liberté. En outre, je te laisserai un enfant … Tu pourras l’emmener avec toi. »
Le grand chef tint sa parole : Une grande pirogue fut préparée et équipée de bons pagayeurs.
Il y fit embarquer Cici et sa femme, et leur fils, et leur fille. Tous, ils débarquèrent peu de temps après aux îles samoa.
On suppose que Sau continua à mettre au monde des petits cochons …
Il faut ajouter qu’en venant des îles Fidji aux Samoa, la pirogue avait chaviré en approchant de Tutuila. Les matelots des îles Fidji étaient tombés à l’eau … Ils s’en prirent aux dieux … Ceux-ci ne les firent pas périr, mais, pour se venger, ils les changèrent en marsouins.. Seuls Sau et Cici avaient été sauvés … c’est depuis ce temps-là qu’aux Samoa, on appelle les marsouins « L’équipage de Sau-Cici ».
jeudi 4 octobre 2018
BOTANIQUE ...
L’ŒILLET D’OLÉRON
LE LYS DU JAPON
( ÉDITIONS LE CROÎT-VIF )
Michel Savatier est un descendant des « Savatier, marins et botanistes », qu’il nous fait découvrir dans cet ouvrage.
Une histoire de famille locale, donc, mais en même temps plus cela puisque Alexandre (1824-1886) et Ludovic (1830-1891) Savatier ont porté le renom du patronyme largement au-delà des sphères charentaises. Ces cousins, nés tous les deux à St. Georges d’Oléron et tous deux médecins vont bâtir leur renommée sur la botanique mais là leurs géographies divergent.
Alexandre sera l’autochtone de l’équipe. Spécialiste des plantes des dunes, des marais et des pelouses d’Oléron il va collaborer activement aux quatorze volumes de la grande Flore de France. Ludovic, lui, s’avère plus connu au Japon qu’en France. Il y est resté plus de dix ans, a rencontré l’Empereur et y a , semble-t-il introduit le cerisier … producteur de cerises !
C’était en 1867 … Et en 2009 l’université de Tokyo a consacré une exposition à son œuvre. Mais il éprouvera également ses compétences sous d’autres cieux ainsi le Sénégal et Tahiti.
La partie consacrée aux enthousiasmes botaniques d’Alexandre, alors qu’il court la flore d’Oléron ou de Ré est moins développée que celle des voyages de Ludovic, Médecin de Marine au long-cours. Mais ce livre est aussi celui d’un troisième homme, qui n’apparaît pas dans son titre, l’auteur lui-même, très présent dans ces pages du fait de pérégrinations liées à ses fonctions d’Inspecteur de l’Éducation Nationale.
( Journal Le Picton, N° 205, de Janvier-Février 2011)
( Ouvrage de 198 pages, format 14,5 x 22 Cm. Illustrations en couleurs. Éditions Le Croît-vif – 2, Ruelle de l’Hospice – 17100 Saintes. Tel.05 46 97 46 52) -
mail info@croivif.com
internet www.croitvif.com
En librairie : 22 euros
lundi 1 octobre 2018
AGADIR ...
AGADIR
-- POUR QUELQUES JOURS À L'HÔPITAL ... À TRÈS BIENTÔT !
J’avais dix ans. Nous étions au Maroc … après
Casablanca et
Rabat nous étions à Agadir …
La famille
était au complet : Le père, officier de
marine, dans
l’aéronavale, la mère et les trois
garçons … La
fille qui allait compléter l’effectif de
la fratrie
allait bientôt arriver !
Nous
habitions à « Ben Ser Gao » Je
ne suis pas très
sûr de l’orthographe de ce mot !)
La villa qui nous avait été attribuée était belle et
confortable.
Un jardin l’entourait, vaste,
fermé par des murs
d’une hauteur raisonnable, propice aux jeux . Le
large portail était défendu par deux chiens dont
l’un , le grand « dogue de Majorque » était
d’apparence redoutable … Redoutable, il l’était
effectivement et je me souviens qu’il avait
accueilli l’envoyé du Caïd qui venait nous inviter
pour une « diffa » … Ile pauvre envoyé avait mis
ses plus beaux vêtements pour l’occasion …
Fort heureusement le chien ne fit que déchirer le
« saroual » … Mais cela nous servit d’avertissement
: Nous fûmes, dès lors, plus attentifs !
Pour cela il fallait surveiller le petit chien,
minuscule et qui dormait entre
les pattes du
dogue … Lui, il ne dormait que d’un œil ! C’était lui
qui sonnait l’alerte : Le molosse se réveillait,
donnait de la voix, trois fois, jamais plus et partait
voir ce qui se passait : Gare !
Que sont devenus ces deux chiens que nous
chérissions et qui nous le rendaient bien ?
– un jour, un ordre de mission nous expédia à Oran,
en Algérie. Un officier, ça obéit ! Il nous fallut partir
…
Ben Ser Gao se trouve entre Agadir et Inezgane …
Autant dire au-milieu de rien
du tout ; Là, il fallait
Une voiture pilotée par un marin nous emmenait
tous les matins jusqu’à
l’école : Trente kilomètres
jusqu’à Agadir ! Je ne vis pas mon père, ni le
Commandant …
Ils étaient tous les deux en train de dénicher des
tourterelles dans les branches d’un oranger
du bord de route, en uniforme
dont brillaient les
galons.
C’était mon père qui avait
grimpé dans l’arbre …
Et le Commandant qui
attendait au pied de l’arbre,
avec la casquette dans les
mains …
Mais j’ai commencé ce récit en parlant de nos deux
chiens – Je ne me souviens
plus de leurs noms.
Si je les évoquais, c’est que je les aimais bien …
Et ils me le rendaient au centuple !
Le dogue (de Majorque !
) était un chien puissant et
aisément agressif envers ceux
qu’il ne connaissait
pas, ( J’en ai donné un
aperçu !)
En partant, je me demandais quel sort lui
serait
réservé car personne ne pouvait le tenir !
– Je n’ai jamais obtenu de réponse à cette
question. Je me la pose encore !
L’enclos délimité par les murs, autour de la maison,
était vaste : Il
englobait un potager, un poulailler
et un espace où batifolaient deux ou trois
gazelles et un bélier … Le bélier nous avait été
offert alors qu’il n’était qu’un agneau, mais,
depuis, il avait forci et … Gare à ses cornes !
Un âne fréquentait les « pelouses » du terrain
d’aviation … Un âne sans propriétaire, à en
juger par la longueur de ses
sabots jamais limés,
jamais coupés. Cet âne était
le souci des pilotes …
Un avion de chasse avait failli le percuter à
l’aterrissage. Mon père nous le fit amener et, après
quelques soins, il accepta
que nous montions sur
son dos, mon frère aîné et moi …
Fiers comme Artaban, nous voilà cavaliers !
Nous prenons la route qui était devant chez nous,
celle où passaient les caravanes de dromadaires
marchant toujours vers le Sud et notre âne
trotte d’autant plus vivement
qu’il suit une ânesse
… Nous prendrons soin de toujours le faire partir
derrière une ânesse !
Joyeux, car notre monture marchait d’un bon pas …
Mais voilà que notre âne se
met à renifler le sol,
puis il se couche sur le côté et se roule, les quatre
pattes en l’air !

Nous avions eu le temps, en nous précipitant, de
sauter à terre !
C’était bien
compris : Nous savions maintenant que
notre âne,
dès qu’il apercevait un crottin sur la
route, se
roulait les quatre pattes en l’air !
Nous n’en
continuâmes pas moins nos exploits,
scrutant la
route devant nous pour dégringoler à
terre le plus vite possible ! C’est en ne
quittant pas
la route des
yeux que nous allions jusqu’à la piscine
d’Inezgane,
but suprême de nos expéditions …
Qu’est-il
devenu, l’âne de nos exploits, après notre
départ pour
l’Algérie ?
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