samedi 8 juin 2019

LE MEUNIER DE DOLUS




INVENTAIRE DU MOULIN DE LA CAILLETIÈRE








INVENTAIRE DU LOGEMENT 

DU MEUNIER ET DU MOULIN 

DE LA CAILLETIÈRE 

DRESSÉ 

       LE 9 JANVIER 1603






Le pigeonnier de la Cailletière









Le pigeonnier de la Cailletière, selon l'architecte 
des monuments de France, n'a jamais reçu de toiture ...



Le fermier de la Cailletière,
 le sieur Menereau étant mort,
 on procéda à l’inventaire de 
sa succession le 9 Janvier 1903. 
Nous croyons intéressant de 
le reproduire pour donner une
 idée du mobilier d’un meunier 
à cette époque.

                            
-« Dans la chambre s’est trouvée
 une vieille table faite en façon de
 comptoir, de bois de sapin et 
chesne avec les deux bancs de 
même bois, apprécié 3 livres –
 Un dressoir de bois de sapin 
6 livres – 3 coffres de bois 
de sapin fermant à clef, 
à serrure plate, une 
 autre aussi de bois de sapin
 ayant la couverture rompue 
et fort vieux 6 livres – 
Une vieillle met (maie) de bois
 de chesne avec ses tréteaux, 
racloirs et tamis, 1 livre 10 sols
– Un bois de lit noyer avec la 
tonsure par bas, un ciel de toile 
avec un lit de plume,
traversier aussi de plume. Deux
 linceuls (draps)et deux couvertes, 
l’une blanche et l’autre grise , 
de laine,avec sa garniture de toile 
frangée 34 livres
   Un méchant bois de lit de sapin 
avec   une couverture de laine
blanche, un linceul, une balasse, 
7 livres – 
Une poële à frire, une cramaillère, 
chambarière ( ?), un pot, un trois 
pieds,6 livres
 – Une panne de buée, de terre, 
2 livres10 sols–
Un mousquet, la bandolière, 
une épée,le tout vieux, 3 livres 
– Une chaudière
de la contenance de quatre 
seilleaux, 
une autre de deux seilleaux 
et demi, 
autre chaudron d’un demi 
seilleau,
 un poëlon sans queue,
 un autre petit poëlon , 
une poëlonne ,Le tout d’airin 
avec un chandelier de
cuivre, 8 livres – Un autre 
chandelier
de cuivre, 1 livre, 10sols – 
Une chopined’étain 1 livre
   13 livres d’étain en pot de 
grès, 
   quatre plats, six assiettes 
   Deux écuelles, 6 livres, 
10 sols  - dans un des 
petits coffres, 
7 nappes, deux de brin deux 
d’étoupe, 1 livre – 
8 serviettes de brin de lin, 
8 livres –
7 linceuls de toile de lin 
demi usés, 
15 livres 15 sols – 
Dans un autre ny 
ayant rien, dans les autres 
5 livresde brin filé, à 5 livres 
chacune, 15 sols –
 3 livres 15 sols – 
4 livres d’étoupe,1 livre
– Ce fait, avons passé au treuil 
où s’esttrouvé une cuve de bois 
de chesne tenant 5 sommes 
et une autre
-   plus petite de 2 sommes, 
7 livres –
-    4 quarts pleins de breuvage, 
-   2 chétis futz de barrique 
-   et un entonnoir, 4 livres – 
Une scie
-    et son affût, un méchant pic, 
-   une essée, un méchant rateau, 
-   4 livres – S’est trouvé 
-   dans le bout du treuil un âne 
-   de poil gris et un autre 
de poil blanc, 
-   tous deux  appréciés 14 livres, 
-   une petite vache brette 
de poil noir,-   14 livres –
 Entré dans
-   un petit parc où s’est trouvée 
-   une génisse de poil noirâtre, 
14 livres 
-   – Comme aussi nous avons 
entré 
-   dans le dit moulin et, 
-   au dernier étage s’est trouvée 
-   une basse, 
-   trois marteaux pour piquer 
-   la meule, 
-   un hachot, des tenailles, 
taillefonds,-   4 livres
-    – Dans le second étage 
3 draps de moulin,
-    deux basses, deux vieux 
linceulx, 
-   un vieux quart, 8 livres – 
Et au bas du moulin
-    s’est trouvé une herminette , 
une taloire, 
-   un demi boisseau, une essée,  
un feuillet,
-    3 livres – Trois draps de moulin 
étant sur les verges du dit moulin, 
5 livres, 5 sols
-   – Une hache, une ferrée pourries 
et gâtées, 
-   15 sols. 
-                      Joy, Notaire Royal

« Ce pauvre mobilier ressemblait 
beaucoup à celui de  la généralité 
des paysans à cette époque et laisse 
rêveur quand on le compare au « luxe » 
qu’on rencontre en OLERON
à la campagne, presque 
à chaque porte »

 ( Abbé Victor Béliard, ancien Curé 
de Saint-Trojan : 
Notes d’Histoire Locale – 1929)

vendredi 7 juin 2019

OLERON DÉMOGRAPHIE




DÉMOGRAPHIE EN 1790





DÉMOGRAPHIE D'OLERON ET CERTAINS

 CHANGEMENTS D'APPELLATION.












-" En 1685 on prescrit le "Dénombrement de l'île".

Il accuse 13324 habitants, non compris la garnison de la citadelle du Château et l'État-Major.


Au recensement de 1790, on trouve :

Saint Denis : 1388 habitants. 
Saint Georges : 4500.
Saint Pierre : 4251.
Dolus : 2750.
Le Château : 2500.
St. Trojan : 914.

Au total : 16803 habitants, don 451 marins classés.



EN 1792, POUR S'ACCORDER AVEC LES PRINCIPES DE LA RÉVOLUTION FRANCAISE LES VILLAGES ET CERTAINS LIEUXCHANGENT DE NOM :



L'Île d'Oleron devient l'île de la Liberté. 
La ville du Château devient la Commune de l'Égalité.
La ville de St. Pierre devient la Commune de La fraternité.
La ville de St. Georges devient celle de l'Unité.
La ville de Dolus devient celle des Sans Culottes.
La ville de St. Trojan devient celle de la Montagne.
Celle de St. Denis devient La Réunion.
Le village d'Ors devient Marat.
La Gaconnière devient Le Pelletier.
La Chevallerie devient La Fontaine Challier.
Le Fief Naton : Barrat.
La Porte d'Ors, Porte de marat.
La Porte de Dolus, Porte Le Pelletier. 
La Porte des pêcheurs, Porte de l'Abondance. 



Le recensement de 1809 nous donne :

St. Denis : 1307 habitants.
St. Georges : 3550 habitants.
St. Pierre : 4113 habitants. 
Dolus : 1700 habitants.
Le Château : 2170 habitants.
St. Trojan : 889 habitants. 

En 19 ans, la population avait diminué de 3074 habitants, conséquence de la guerre et du service militaire obligatoire qui gardait ses conscrits sous les drapeaux pendant sept années. Il y avait aussi 580 marins classés 

       (In Ile d'Oleron - Notes d'histoire locale - Abbé Victor Belliard - 1920).


jeudi 6 juin 2019

CHANGEMENTS CLIMATIQUES

CHANGEMENT 


CLIMATIQUE EN 


      OLERON ?




Extrait du ivre de M. l’Abbé Victor Belliard « Notes d’Histoire Locale – 1929.









                   




                "Si l’hiver de 1784 fut rigoureux, celui de 1789 le fut beaucoup plus encore . Le thermomètre Réaumur marqua, ici, 18°75, au-dessous de zéro, (Moins 23° Celsius). La Charente charroya pendant tout le mois de décembre 1788 des glaçons si volumineux qu’on craignit pour les bateaux à l’ancre,  puis elle se congela « jusque dans le voisinage de son embouchure où elle présentait, au commencement du mois de Janvier une croûte de glace de 22 pouces (o, 56 m.) d’épaisseur. »










                      



                         La misère, tout naturellement devint très grande. Le régiment d’Agénois eut alors un beau geste, comme les circonstances savent le provoquer dans l’armée française. Son colonel, monsieur de Lustac se présenta dès les premiers jours de décembre 1788, à la tête de son État-Major, au comité de bienfaisance du Château et invita les administrateurs à faire délivrer, au compte de son régiment, les quantités de pain et de bois nécessaires à la nourriture et au chauffage des pauvres de la paroisse pendant tout l’hiver. 

                       Cet acte de générosité atténua les souffrances des plus malheureux, évita la mort à bien des vieillards et sauva de nombreux petits enfants. Le régiment d’Agénois a bien mérité de la Cité et son nom doit être écrit au livre d’or de la reconnaissance publique."

mercredi 5 juin 2019

GUERRES DE RELIGIONS




GUERRES DE RELIGIONS




GUERRES DE RELIGIONS

EN OLERON










                    Au moment des premiers troubles suscités par les Protestants en 1548, Dolus et La Perroche eurent particulièrement à en souffrir. Des scènes de désordre, de pillage, de violence se produisaient à chaque instant dans l’île entière ; des prédications enflammées excitaient les habitants les uns contre les autres ; de La Rochelle, Marennnes, Arvert, des prédicants ou des troupes armées débarquaient  à l’heure la plus inattendue et terrorisaient les catholiques qui ne savaient où fuir et cacher pour éviter la rançon et protéger aussi bien leur personne que leurs modestes ressources.

              Vers 1562, treize prêtres et quelques habitants de Dolus se retirèrent dans l’église, se croyant en sûreté. Ils y furent assiégés, sommés de sortir et de se rendre à merci avec promesse qu’il ne leur serait fait aucun mal. Confiants, ils ouvrirent la porte et furent tous égorgés à l’exception de Pierre Collé, marchand de Dolus et Jean Senné de La Gaconnière, sauvés par des parents qui étaient parmi les assiégeants 

                       ( Le Berton : Abrégé – Établissement du Calvinisme ).

lundi 3 juin 2019

JOURNÉE SANGLANTE .....




LA JOURNÉE SANGLANTE DES COCHONS






   LA JOURNÉE SANGLANTE DES COCHONS.

                Nous nous plaignons de la cherté de la vie, des exigences fiscales, de la paperasserie administrative … Ce sont les sempiternelles plaintes sociales et, aux heures difficiles à passer, la foule a besoin de bergers clairvoyants pour la bien diriger et lui épargner les conséquences funestes d’emballements irréfléchis.

             Nous avons dit les préventions de toutes les classes de la société contre les billets de la banque de Law. Leur discrédit était tel qu’il provoqua, dans l’île d’Oleron, une aventure burlesque, consignée dans les archives de la citadelle sous le titre « journée sanglante des cochons »

            Le bruit s’était répandu, tout à coup, sans qu’on en connût l’origine, que l’administration de la marine allait incessamment réquisitionner tous les porcs de l’île pour approvisionner la flotte et que l’État paierait avec des billets de banque. 

L’émotion fut générale, les propriétaires se virent ruinés et, tout aussitôt, le mot d’ordre « Tuez vos porcs » parvint jusque dans les maisons les plus isolées ? On obéit sans hésitation et, dans la nuit de la journée du 3 au 4 octobre 1720, l’hécatombe des « norains » fut si complète que le 5 octobre, il n'en restait, dit-on pas un seul vivant dans l’île …
                                                        *************************
 Abbé Victor Belliard ( Notes d'Histoire Locale  )

QUAND ON VOUS LE DIT ! !




VARIATIONS CLIMATIQUES ...





         VARIATIONS CLIMATIQUES EN OLÉRON  
  Quand on vous le dit !







                                 De 1704 à la fin de l’été 1707, la sécheresse fut extrême, au point qu’en 1704 on ne put labourer les vignes et, pendant l’hiver qui suivit, les chemins furent aussi beaux, aussi secs que pendant l’été dont la chaleur fut intense. La pluie ne tomba qu’une seule fois , le 8 août, grâce à un orage bienfaisant. L’eau potable manqua à peu près partout dans l’île. Les malines, fort petites ne permirent pas d’alimenter les marais et la production de sel fut à peu près nulle. 
Du courant de février au 8 septembre 1706, il n’y eut pas une goutte d’eau. Déjà les esprits inquiets et
Superstitieux croyaient à la fin prochaine du monde, quand un violent tremblement de terre, qui n’occasionna heureusement aucun accident, jeta, le 13 novembre, l’effroi partout. Une sorte d’angoisse s’emparait d’un grand nombre et les hommes pondérés et réfléchis eurent du mal à rassurer la masse.

La citerne de la citadelle manqua d’eau en 1707 et il fallut en faire venir de la fontaine de Lupin, par les bâtiments de Rochefort et on remplit de barriques le souterrain 24 de la courtine 3 et 4. L’année fut cependant très pluvieuse, avec des orages et des chaleurs telles que, le 20 Juillet, bon nombre de personnes et d’animaux, dans l’île, moururent d’insolation. Le reste de l’année fut froid, la pluie si abondante que la moisson n’était pas terminée le 20 septembre. Il n’y eut pas de sel.






1708 ne fut pas plus heureuse. Les pluies excessives de l’hiver et du printemps ne permirent pas les premièes cultures de la vigne, pas même la taille. Des chaleurs intenses reprirent au mois d’août et on ne fit pas de sel. La misère était partout, mais 1709 devait l’accentuer encore par son hiver d’une excessive vigueur.

Monsieur de Bonnemie dit que les oiseaux moururent , les corbeaux, les pies et les moineaux exceptés parcequ’ils dévoraient, pour vivre, les autres oiseaux ; Tous les lauriers et les figuiers gelèrent. Il fallut les couper jusqu’à la racine.Les gros chênes fendirent, les branches des amandiers, acacias et noyers furent gelées. Les blés gelés, furent entièrement  perdus. Dans cette île où l’on entrevoit rarement la neige, la terre, gelée, en fut couverte du 5 Janvier au 2 Mars..

Beaucoup de puits sans profondeur, le vin, l’eau de vie, même, dans bon nombre de chais, se trouvèrent gelés On pouvait traverser la Charente à Rochefort et descendre de La Rochelle, en petite rade sur la glace.
La pluie succéda à ce froid terrible. Une disette générale s’en suivit. Pour l’atténuer on recourut au droit de visite domiciliaire, à la vente obligatoire de tout ce qui dépassait le nécessaire jusqu’à la récolte suivante et à la taxe enfaveur des pauvres. Le printemps et l’été permettaient quelques espoirs, qui ne furent pas de longue durée. 







Dans la nuit du 8 au 9 Juillet, un vent d’une extréme violence jeta bas tous les fruits des arbres épargnés par l’hiver : Pommes, poires, prunes et égrena les orges dont la pluie avait retardé la moisson . Bon nombre d’arbres furent brisés ou déracinés. Les feuilles et les pousses de l’année étaient noires, grillées, et les arbres furent dépouillés comme en hiver. Quinze jours après ils se couvrirent de nouvelles feuilles et eurent des fleurs au commencement d’août. Les raisins de cette seconde pousse ne mûrirent pas, mais on cueillit au mois de Janvier suivant d’assez belles poires et d’assez belles pommes de cette seconde floraison. 

La misère, à son comble, poussait les gens au crime. Ils furent nombreux. En 1710, le Lieutenant du Roi fut parmi les victimes. On le trouva étranglé dans son lit,
à la citadelle.








Les tempêtes ajoutaient Leurs désolations à celles des rigueurs des saisons.
En 1709 elles avaient renversé plusieurs maisons et occasionné de nombreux naufrages. Au commencement et à la fin de 1711, il y eut une nouvelle rage des éléments déchaînés. Le 11 et le 23 février, deux grands navires terneuviens, chargés de morues, et dont les armateurs étaient de l’île, se perdirent : Le premier entre Le Petit Matha et Le Colombier, le second à La Cotinière. Le 10 septembre, un ouragan d’une violence inouie fit plus  de 600.000 livres de dégâts aux fronts de mer…


Extrait de « Notes d’Histoire locale » – Abbé Victor Belliard – 1920.


samedi 1 juin 2019

NOUS ALLIONS .....






PRINTEMPS





Nous allions par les sentiers
Gloire des fleurs de moutarde sauvage
Une cane claudique sur le tasselier
Cinq petits canetons à la file
Résurrection des soleils et des saints
Plus de maudits sur la terre
La feuille de menthe entre les dents
Gloire aussi et encensement des grappes de fleurs d’acacias
Le miel des abeilles, Ah !





Passez, passez sous les yeuses sombres
Le feuillage est lavé
Tapis d’aiguilles des pins maritimes
Sables noirâtres fouillés par une laie et ses marcassins
La tourterelle roucoule 
La mauviette tire-lire
Le geai tire un trait 
Ah ! Le sifflement du vent dans les grands pins !
Et les cœurs qui battent au rythme de la mer !






Parlerons-nous des vignes ?
Aux banquets des vendangeurs, nul ne chante 
Les fouloirs sont mécaniques
Cherchez les lambrusques dans les friches 
Cueillez le jasmin au bord du chemin
Tel qui soupesait la grappe au soleil 
A vu partir son fils et sa fille
Il attend l’été prochain
Pour voir ses petits-enfants






De vos aires plus vastes, nous ne savons que peu de choses
Mais que connaissez-vous de nos lentes couvaisons ?
L’œuf d’or du pluvier …