samedi 25 juillet 2015

PEUPLEMENT DES ÎLES SEYCHELLES












L ' UNE DES CLÉS POUR COMPRENDRE

    LE PEUPLEMENT DE L'ARCHIPEL 

               DES SEYCHELLES









( LA CHASSE AUX MARCHANDS D'ESCLAVES )




_ Les lettres dont la traduction figure ci-dessous ont été écrites de Zanzibar par le Capitaine du H.M.S. WASP à son épouse, en 1865. Leur auteur devait devenir l'Amiral Cornish _ Bowden. Elles ont été publiées par le " TIMES " en date du 18.04. 1964.








_ " La nuit dernière, j'entendis raconter qu'un navire se préparait à appareiller avec un chargement d'esclaves. Je donnai des ordres pour armer la chaloupe et le canot.
La chaloupe aperçut un dow, ouvrit le feu dans sa direction et se prépara à l'aborder. Le dow, manoeuvrant ses voiles, courut sur elle et emporta son mât. Le Lieutenant Théobald reçut un coup de lance au poignet et un pauvre homme fut tué. Ils nous repoussaient avec des lances de bambou. Le Lieutenant Rising, avec le canot, l'aborda par l'arrière. Après une résistance acharnée, les Arabes sautèrent par-dessus bord et s'éloignèrent dans une embarcation, à l'exception de treize d'entre eux qui restèrent à bord. Ils laissaient trois morts.


Il paraît que ce pauvre Rising avait bondi au-milieu de la mêlée avec beaucoup de courage, mais sa main gauche avait été quasiment sectionnée à hauteur de l'articulation. Il avait également été blessé au cou, d'un revers de sabre.


C 'est le canot que nous avons vu revenir le premier, avec le pavillon en berne. A son bord, il y avait ce pauvre New, mort. Rising ne pouvait plus bouger, il était couvert de sang, mais il n'avait pas perdu conscience.
Je fis donner la vapeur aussitôt et je ramenai le dow à la remorque jusqu'au port. Aussitôt arrivé, je me rendis à son bord : Il était bourré d'esclaves, qui étaient aussi serrés que des abeilles dans un essaim. Il n'était pas étonnant que mes hommes aient été abattus sur ce pont : Ils avaient été obligés de se battre en se tenant debout comme ils le pouvaient, juchés sur les corps.
Nous avons compté deux cent quatre vingt neuf esclaves : Des femmes et des fillettes, pour la plupart. On nous dit que plusieurs, effrayés, avaient sauté par-dessus bord.






Navire négrier



14 MAI : _ Je suis allé rendre visite au Sultan. Je lui ai dit ce que je pensais, aussi fermement que possible. Le Sultan acquiesçait à tout ce que je lui demandais et, après avoir reçu la lettre que je lui avais fait porter, il avait fait saisir deux cent cinquante esclaves qui avaient été rassemblés par les Arabes pour un nouveau chargement.

Lorsque je lui dis que je souhaitais ne restituer ni les esclaves, ni le bateau, il mit le tout à ma disposition et , comme je lui demandais de punir les prisonniers arabes, ils me répondit que je pouvais en faire ce que je voulais : Je pouvais les pendre ou en faire ce qui me conviendrait. Je refusai cette responsabilité et je m'efforçai de lui faire comprendre que c'était à ses propres lois qu'ils avaient contrevenu. Il était si brutal que je ne pouvais me permettre d'avoir avec lui, ne serait-ce que l'apparence d'une dispute.
Dès que mes esclaves seront capables de tenir le coup, je ferai la traversée vers les Seychelles avec eux. Le temps pluvieux me pose des problèmes pour leur logement à bord. Aujourd'hui, j'en ai cent quatre vingts et il faut trouver une solution, surtout pour les plus affaiblis et pour les petits enfants.
Dès leur arrivée à bord, on les a mis dans des baquets et les hommes d'équipage les ont lavés avec du savon mou. Pendant qu'on les lavait, je me suis aperçu que beaucoup d'entre eux avaient de petites plaies.
Ils sont très heureux, maintenant qu'on leur a dit qu'ils ne seraient plus jamais esclaves.









23 MAI _ : Je suis tout près des Seychelles. Dès demain je serai au mouillage là-bas. Dieu merci, nos blessés vont bien, ( On a amputé la main de ce pauvre Rising, à l'exception du pouce et du petit doigt. Il est affreusement faible, mais il tient bien le coup. J'ai essayé de le réconforter en lui disant qu'il allait avoir une promotion ... Je l'espère d'ailleurs, et je sens que je peux rédiger un excellent rapport en sa faveur.)




Vous pouvez imaginer dans quel état nous nous trouvons : Depuis le mât de misaine jusqu' à l'arrière, le pont n'est qu'un hôpital. Le reste du navire est un enclos à esclaves. Dans l'ensemble, ils se comportent bien mais maintenant qu'ils ont surmonté leur peur et leur mal-de-mer ils font grand bruit !
Nous avons eu quatre morts ... Pauvres êtres! _ Je ne peux pas les mettre dans la cale : Ils sentent trop fort! _ Tous les matins nous les lavons dans de grands baquets, en les arrosant au jet : Je pense qu'ils n'ont jamais été aussi bien lavés ! Plusieurs d'entre eux sont couverts de crow-crow, la gale africaine. . Je crois d'ailleurs que, plus ou moins, tous en ont.
L'armurier et le forgeron ont fabriqué tout un appareillage en fer, qui encercle le crâne de Rising et sa poitrine, afin de tenir sa tête droite ...







 Navire négrier






















PREMIER DÉBARQUEMENT AUX SEYCHELLES












LE TOUT PREMIER DÉBARQUEMENT AUX ILES  SEYCHELLES :











JOURNAL DE BORD DU CAPITAINE ALEXANDER SHARPEIGH ... 1609.


( traduction du journal de bord de John Jourdain _ Société Hakluyt. )






19 janvier 1609




Aux environs de neuf heures du matin, nous aperçumes une terre haute, qui s'étendait de l'Est au Sud. A trois heures de l'après-midi, nous distinguâmes d'autre îles, qui nous semblèrent être au nombre de quatre. Au soir, elles apparaissaient du Nord à l'Est, à quelque cinq lieues de nous. Nous laissâmes les voiles fasseyer toute la nuit., jusqu'à l'approche de l'aube, puis nous approchâmes de la terre dans l'espoir d'y trouver de l'eau et des vivres frais. A midi, nos observations nous situaient par 4° et 20° de latitude. (1)




20 janvier




Au matin, étant tout près de la terre, nous laissâmes fasseyer nos voiles et nous mîmes la yole à la mer pour aller sonder devant le navire et chercher un bon mouillage. Ainsi, nos hommes allèrent jusqu'à une petite île (2 ) , la plus proche de nous, se trouvant à deux lieues environ au Nord de l'île haute ( 3 ). Ils débarquèrent dans une belle anse sablonneuse. Nous aurions pu y mouiller dans de bonnes conditions, mais, comme nos hommes ne signalaient pas avoir trouvé d'eau, nous ne jetâmes pas l'ancre. Le canot revint donc. Il ramenait autant de tortues terrestres qu'il pouvait en contenir. Nous nous approchâmes donc des autres îles.

































Les tortues fournissaient une bonne viande, aussi bonne que du boeuf frais, mais après deux ou trois repas, nos hommes refusèrent d'en manger à cause de l'apparence si laide de ces animaux avant la cuisson. Elles étaient si grosses que huit d'entre elles remplissaient la yole.
Avançant parmi les îles, nous trouvâmes dix à douze brasses à une lieue de terre. A deux lieues, il y avait de vingt à trente brasses, avec un très bon fond. Pour le soir, nous avions pensé mouiller près d'une île qui s'étendait Est / Nord _ Est et qui paraissait pouvoir offrir beaucoup de fruits et d'eau. Mais la nuit était proche et, comme nous avions aperçu des hauts _ fonds et des rochers au long de la côte, ainsi que d'autres îles devant nous, nous virâmes de bord et nous restâmes au large, cap au Nord / Nord _ Est, en attendant le lendemain et en espérant que nous trouverions un bon mouillage auprès des autres îles qui nous apparaissaient un peu plus loin à l' Est / Nord _ Est.
Mais sur notre route il y avait une petite île ( 5 ), à deux lieues environ du rivage. Nous ne parvenions pas à la doubler, mais nous réussimes à passer entre elle et l'île principale. Nous avions des fonds de quinze à vingt brasses. Cette petite île n'était guère plus qu'un rocher, ou peu s'en faut. Ayant passé ce rocher nous tirâmes des bords jusqu'à minuit, puis nous demeurâmes sous la côte Est de l'île, les voiles flasques, sous un vent frais. Nous tirâmes des bords vers l' Ouest, puis vers le Nord et l' Ouest / Nord _ Ouest, pour demeurer auprès de l'île.
J'avais aperçu une trentaine d'îles petites et grandes, et les eaux étaient libres autour d'elles. Nous fîmes route au Nord par rapport à elles. La distance entre l'île la plus au Sud et celle qui se trouvait le plus au Nord pouvait être d'environ vingt lieues, et elles étaient très rapprochées les unes des autres.
(1 ) _ D'après Revett, 4° 48'.
(2 ) _ Ile du Nord.
(3 ) _Ile Silhouette.
(4 ) _ Praslin et ses voisines.
(5 ) _ Mamelles.































21 janvier






Au matin, nous nous sommes préparés pour nous rendre à terre. Nous avons envoyé notre yole pour sonder devant le navire et pour chercher un endroit favorable au mouillage.
Aux environs de neuf heures du matin, nous avons jeté l'ancre par un fond de quinze brasses, à un demi-mille de la côte, à peu près. Mais il y avait là beaucoup de petits écueils. En conséquence, nous allâmes plus avant.
Nous trouvâmes alors un fond clair et nous pûmes avancer aisément.
En plusieurs endroits nous trouvâmes une eau potable excellente, mais rien ne venait signaler qu'il y avait jamais eu là une vie humaine.
Il y a un excellent passage qui se trouve entre deux îles situées à environ un mille et demie l'une de l'autre et qui s'étendent de l'Est / Sud _ Est au Sud _ Est et au Nord _ Est. Il y avait trois autres îles qui se trouvent à trois lieues environ de l'endroit où nous étions à l'ancre. Ainsi nous nous trouvions dans une sorte de bassin entouré de terres, sauf à l'Est / Nord _ Est et à l'Est.
Pour permettre l'identification de l'endroit où nous étions au mouillage, je dirai qu'il y avait une petite île ( 3 ) qui se trouvait à proximité, au Nord du chenal à deux lieues environ et qu'il y avait un rocher ( 4 ) entre l'île dans laquelle nous voulions nous rendre et celle dont je viens de parler ; le passage se trouvant au Sud de celui _ ci . Vers l'Ouest _ Nord _ Ouest se trouve une île très haute, à environ dix lieues, qui est celle dont j'ai déjà parlé ( 5 ). Nous avons jeté l'ancre. Le passage était à 4° 10' Sud.


































22 janvier




Mettant un canot à la mer afin qu'il se dirige vers l'Est / Nord - Est, nous élongeâmes deux filins sur une bonne longueur et nous mouillâmes l'ancre par treize brasses de fond, excellent fond.
Nous étions à une portée de pistolet du rivage, vers lequel nous nous dirigeâmes comme si nous avions navigué dans un bassin de vingt à trente brasses de profondeur.
Nous fîmes alors de l'eau et du bois tout à loisir, avec beaucoup de facilité. Nous trouvâmes beaucoup de noix de coco, mûres et vertes, de toutes espèces, beaucoup de poissons, d'oiseaux et de tortues ( Mais nos hommes ne voulaient pas en manger, alors que nous aurions pu en tuer autant que nous aurions voulu. ). Il y avait beaucoup de raies, et autres poissons. Auprès des rivières, il y avait également beaucoup d'alligators ( 8 ) . En pêchant des raies, nos hommes en prirent un. Ils le tirèrent au sec tout vivant, en lui passant une corde derrière les ouïes. Sur l'une de ces îles, à deux milles de l'endroit où nous nous trouvions, il y avait de beaux arbres, tels que je n'en avais encore jamais vus quant à la hauteur et au diamètre du tronc. Leur bois est dur . On peut en trouver beaucoup qui mesurent de soixante à soixante dix pieds de haut, sans une seule branche, si ce n'est tout en haut. Ils sont très gros et droits comme des flêches. L'endroit est excellent pour les rafraîchissements et pour le bois, l'eau, les noix de coco, les oiseaux et les poissons. Il n'y a aucun danger de quelque sorte que ce soit, à l'exception des alligators. C'est à ne pas comprendre que personne ne soit venu ici avant nous. ( 9 ).






























Le 1er février, ils mettaient à la voile ... )


( 1 ) _ Mouillage final, sous Ste. Anne, près
de la Victoria actuelle.
( 2 ) _ Cerf, Ile-Longue et Ile-Moyenne.
( 3 ) _ Mamelles.
( 4 ) _ Brisard.
( 5 ) _ Silhouette
( 6 ) _ 4° 35 Sud.
( 7 ° _ coco-de-mer ?
( 8 ) _ Il s'agissait de crocodiles, ( Ils ont
complètement disparu ! )
( 9 ) _ Ils ont appelé ces îles : " Les îles
désolées " !






jeudi 23 juillet 2015

UN INCIDENT DIPLOMATIQUE MAJEUR






UN INCIDENT DIPLOMATIQUE
HISTORIQUE.







 Port  Victoria - Mahé - Seychelles


           Certains errèrent parmi les îles basses peuplées d'oiseaux et de tortues ... Au-delà, on découvrit un jour les îles hautes, toutes de granit. _ Le premier qui les voit le raconte ... Le second ... A moins que ce ne fût le troisième, pose le pied à terre. C'est en mille sept cents quarante deux. Le navigateur s' appelle Lazare Picault, il est Français. On est au mois de mai. L'alisé souffle du Sud-est.
De retour à l'île-de-France, on racontera ses découvertes : Les blocs de roches et les glacis, les hautes frondaisons préservées des cyclones par la situation en latitude .
Le suivant n'arriva que quatorze ans plus tard. Il s'appelait Nicolas Morphey : C'était un Français d'origine anglaise. Son navire s'appelait le " Cerf" : Un nom qui peut paraître prédestiné pour aborder l'archipel des îles aux tortues éléphantines ! ... Au nom du Roi, il amène une pierre gravée aux Armes de France, une pierre d'origine bretonne, de beau granit gris ... Semblable à celui des Seychelles !
On pose la pierre de granit sur ... Un rocher de granit ... Au pied de la montagne de granit ... On dresse un mât ... On hisse le drapeau blanc du Roi de France ... On crie par trois fois : " Vive le Roi " ! On salue de neuf coups de canon, ce qui fait ... S'envoler les oiseaux ! ... On dresse un procès-verbal de " Prise de Possession " : Les "Isles Séchelles", terres vierges, entrent dans le domaine de la Couronne de France . _ Ah ! La belle époque ! _ Le navire s'en va _ Les oiseaux se reposent sur les bords du lagon : Ils restent seuls en compagnie des crocodiles et des tortues ... Pour quelque temps encore !






... Mille sept cent quatre vingt quatorze : Les Anglais débarquent.
Mille huit cent onze : Ils " prennent possession " à leur tour. Entre temps, on a coupé le cou du Roi de France en son pays et installé un Empereur à sa place, mais il y a toujours un Roi de Grande-Bretagne ... La " Pierre-de-Possession " a été martelée pour en effacer le lys de France, la couronne royale et le cordon du Saint-Esprit. Elle est reléguée quelque part, dans l'usage d'une vulgaire pierre de bornage, indiquant la limite entre deux terrains.










 Musée de Victoria





Mille huit cent quatre vingt quatorze : Deux Empereurs sont passés, en France, et quelques Rois par intérim ... La lignée britannique s'est poursuivie ... Anglais et Français s'aiment toujours autant, ce qui n'est pas peu dire !


... Passe un Général français du nom de Frey, qui se rend à Nouméa par le paquebot des Messageries-Maritimes. Au voyage aller, il remarque la " Pierre de Possession ". Au retour, il la subtilise ! Le navire-amiral anglais salue d'un coup de canon : Pour honorer le Général.
_ Le délit découvert, le Gouverneur de Sa Majesté Britannique se fâche, lui : Sommations télégraphiques au Général Frey, en route sur son paquebot ... Le pavé de granit, propriété de Sa Majesté Britannique en tant que pierre de bornage, revient de Marseille par la malle : Simple promenade ! _ Il trône aujourd'hui au Musée Carnegie de Victoria.
Heureux temps ! _ Panurge commit sans doute semblables frasques ... À moins que ce ne fût Pantagruel ?
_ Le scribe du " Chief-Officer of Police " enregistre dignement, et en fin lettré : _"Vide ... La pierre est revenue aux seychelles en mille huit cent quatre vingt quatorze ... " C'est inscrit sur un registre que l'on peut consulter aux Archives Nationales. _ Fin de l'épisode.




La manie de graver, elle, n'a pas disparu. Elle choisit toujours de nouveaux supports : Des plaques sont scellées sur les murs, sur les stèles, sur les monuments ... Beaucoup de plaques ! _ Il y en a à La Gogue, sur le barrage de retenue, il y en a à l'aéroport, à la porte de "Independance House", sur la stèle du "Monument de l'Indépendance", sur le mur de "Camion _ Hall", sur celui de l'immeuble "Ocean _ gate" ... Il y en a sur le Monument au "Zom Lib", à "National House" ... Et j'en oublie ...Il y aura bientôt autant de plaques que de murs ! ... Toutes à la gloire ... Du Président !




En tout cas, on se méfie toujours des Français ... Et surtout de leurs Officiers Généraux ... Ne dit-on pas que le Président a refusé,récemment, de recevoir l'Amiral Commandant la Flotte Française de l' Océan - Indien ?






















LE THON ROUGE ET LA POLITIQUE




POLITIQUE ... POLITIQUE ...


( SUITE ... )





























Oriflammes et bannières, baudruches et flonflons : On baptise un beau bateau tout neuf.
Les notables sont dans la tribune. Les caméras sont là ... On ne fait pas autrement à Landernau ...
Le " Spirit of ... " _ je ne sais plus quoi, a été construit en France, aux chantiers de Sète. Il mesure quarante cinq mètres de long. C'est un thonnier-senneur. Son filet mesure mille cinq cents mètres de long, a cent quatre vingt cinq mètres de chute et pèse cinq tonnes à lui tout seul.
_ Le discours du Directeur des pêches nous apprendra bien d'autres choses !































_ Ce bateau est équipé de moteurs puissants. Il dispose de tout l'équipement sophistiqué qui doit lui permettre de rivaliser avec les thonniers espagnols ou français ... C'est le premier bateau financé à cent pour cent par la nation seychelloise et l'équipage est à cent pour cent seychellois.
Mais le discours officiel prend de l'ampleur et, tout à coup, les visages se tendent :


_ " Jamais plus, à partir de ce jour, on n'empêchera les Seychellois d'exploiter eux-mêmes leurs richesses ! "


_ En une seule envolée, on en apprend de belles ! ... L'accusée, c'est la France !


























_ " Les conseillers techniques internationaux ont essayé de nous tromper. Ils voulaient nous décourager d'utiliser la senne dans l'Océan-Indien, dont les eaux étaient soit-disant ... Trop claires ! Ils nous ont fait acheter très cher des bateaux en mauvais état, pour pêcher " à la longue-ligne." Nous avons rendu les bateaux et réclamé la restitution de notre argent ... La Caisse Centrale nous a refusé les financements ... Et puis nous avons vendu les droits de pêche aux Bretons et aux Espagnols ... Ils pêchaient à la senne ... Par palanquées de plus de cent tonnes ! Nous avons commandé un senneur en France : Comme par hasard, il a été détruit par le feu sur le chantier ... Alors que sa construction était presque terminée ... Personne n'a élucidé les causes de cet incendie ... Les assurances ne nous ont remboursé à ce jour que la moitié des indemnités qu'elles nous devaient ... "























_ Bref ... En vingt minutes, la France est accusée tout simplement de mensonge, de fraude, de malversations et d'escroquerie !
_ Mais qui faut-il être, pour se permettre de faire un tel discours ?
_ Le Directeur des pêches est tout simplement le beau-fils du Président France  Albert René . Comme on le sait, le Président rentre de Paris les mains vides et il s'est entendu sermonner sur le sujet de la démocratie ... Passons ... L'Ambassade de France ne protestera pas. Souhaitons à ce bateau, tout simplement, toute la réussite possible. 
























_ Il appareille ... Il part ... Dieu qu'il semble léger, tout en fibre de verre, pour un filet si volumineux et si lourd !
_ Il est parti ... Il est revenu ... _ Déjà ? _ Il est à quai ! 
_ " À son premier voyage ...", dit la chanson ... Au premier essai, les palans hydrauliques se sont avérés incapables de remonter la senne. Il a fallu quatre heures pour relever le filet à bras ... Brasse après brasse ! 
_ Il est vrai qu'on a substitué aux palans prévus par le concepteur d'autres palans, d'origine italienne.
_ Italienne ? _ Je crois bien me souvenir ... Oui, c'est bien cela ... Attendez _ N'était-ce pas en Mazeratti que roulait le Directeur des pêches ?
_ " Mauvaise langue ! Qu'allez vous insinuer là ? ... Français cocardiers et prompts à la critique ! "