samedi 29 juillet 2017

LA MARIE-JEANNE SUR L'OCÉAN ...



LA MARIE-JEANNE

                     Suite :de  LIII à LV









Mais revenons à bord du " Montallegro",

revenons auprès des rescapés et de ceux qui en

prennent soin ... Le Capitaine Girola câble à un

 médecin-spécialiste de Rome ... Il obtient des

indications sur la manière de secourir les deux

jeunes-gens :


"Au début, ne leur donner qu'un peu de soupe ..

. Leur faire des injections de caféine ...

Les laisser dormir". 




                                 





Antoine et Selby dorment en effet ... Ils dorment

 presque tout le temps ... Pourtant, dans un

intervalle de réveil, Antoine se souvient qu'ils

ont laissé sur la Marie-Jeanne le corps de

Monsieur Corgat ... Il en parle avec Selby ... 




_"Trop tard "! leur répond le capitaine Girola:

On ne peut plus revenir en arrière ...

Le pétrolier se dirige vers Koweït, au fond du

Golfe Persique. 



Et voila pourquoi le capitaine Archibald, du

"Harold Sleigh", venant à croiser la

"Marie-Jeanne" à son tour découvre un cadavre,

des vivres, des vêtements, treize livres sterling

en billets des Seychelles ... Il fait jeter le corps à

 la mer et prend la "Marie-Jeanne" en remorque

 vers Bahreïn ... Lorsqu'il câble à Londres pour

faire part de sa découverte, on est bien près

d'imaginer un crime, un drame sanglant ...

Allez donc savoir !... Elle en a gardé secrets,

des crimes et des drames, la mer !





                                     






_ LIV _







La Marie-Jeanne, après soixante quinze jours

d'errance sur l'océan, en remorque derrière le

pétrolier "Harold Sleigh", vogue vers Bahreïn.

.. Antoine Vidot et Selby Corgat sont sur le

"Montallegro", en route vers Koweït ...

La situation, très vite, est devenue plus claire ...





En dix jours, Antoine et Selby sont à Koweït ...

 Ils sont accueillis dans un hôpital ...

Médecins et personnels hospitaliers mettent en

oeuvre tous leurs soins pour leur faire retrouver

 leurs forces perdues ... Ils en font à nouveau les

 solides gaillards qu'ils étaient ... Quinze jours

après, ils montent dans un avion et s'envolent

vers Bombay ... De là, ils regagnent les

Seychelles par le navire le "Kampala".

Nous sommes le quatorze mai ...

Ils ont été absents de leur pays pendant trois

mois et demi...





                                      








_ LV _




Cloches des églises, sonnez ... Que tout le

monde se réjouisse et prie ...

Que tout le monde prie pour ceux qui ne sont

pas revenus ... Que tout le monde, pieusement,

prie pour ceux qui ne reviendront plus ...

Que chacun cependant remercie le Seigneur de

nous avoir rendu Selby et Antoine ... Que, dans

les paroisses et dans les familles, chacun se

recueille et, malgré tout, se réjouisse de voir

revenir deux enfants ...




                     





Je vous ai conté, du mieux que je l'ai pu, avec les

faibles moyens qui sont les miens ... Mais ce

sont ceux que Dieu m'a donnés ... Je vous ai

conté l'horrible histoire de la "Marie-Jeanne",

qui se perdit sur l'océan, le vaste Océan Indien

 ... D'autres, bien d'autres navires se sont perdus,

 en cet océan ou sur les autres ...

De certains on n'a jamais rien su ...

On a su seulement que rien ni personne n'était

revenu ... Des bateaux, bien des bateaux, gros

ou petits ont disparu corps et biens et de

ceux-là nul ne saura jamais rien. Il s'en perdra

encore, des bateaux, pour des causes qui

resteront à jamais ignorées ... Faut-il en référer

au destin, à la malchance, à la Providence ...

Aux Seychelles, pays où la foi est grande et

intense, aucun doute : On parlera de la main

de Dieu ...



                                                         ( à suivre )

vendredi 28 juillet 2017

ODYSSÉE DE LA MARIE - JEANNE



LA MARIE-JEANNE

                     Suite : LI  à  LIII


                             

_ LI _




Les deux rescapés ont laissé retomber sur le

pont les vivres qui leur avaient été donnés ...

Ils attrapent la corde qu'on leur lance ... Ils

l'attachent à l'avant de leur bateau ... On leur

lance une deuxième corde. Ils l'attachent à

l'arrière ... On leur en lance une troisième, plus

grosse et plus solide. On leur dit de la fixer à la

proue de la "Marie-Jeanne", mais ils n'en ont

plus la force ...

Alors, un homme du "Montallegro" descend par

 une échelle de corde ... Il fait l'amarrage ...




La Marie-Jeanne est solidement amarrée, par

l'avant et par l'arrière. Elle est au pied de la

muraille du pétrolier, tout près ...

La mer est calme ... Avec un palan, on descend

un tonneau vide, les deux hommes y sont placés

 ... Le palan les remonte. Les voila sauvés !




                             


Selby Corgat et Antoine Vidot sont sauvés de

l'océan qui les avait pris, avec leurs compagnons,

 soixante quinze cinq jours plus tôt ...

Vous vous rendez compte ? _ Soixante quinze

jours de dérive, avec pour seul spectacle les

immenses étendues, tantôt calmes, tantôt

soulevées en lames couvertes d'écume :

Désespérantes étendues semblables à un grand

lac d'huile parcouru de reflets, troupes de

vagues rageuses, accourant les unes derrière

les autres, inlassablement, se brisant contre la

coque du bateau, courant encore plus loin,

toujours plus loin ... Soixante quinze nuits,

parfois sombres, parfois claires ... Reflets sur

les eaux, comme sur un miroir ... Clairs de lune

... Chemins d'étoiles ... Grands poissons parfois,

 qui sautent au loin ... Phosphorescences ...

Les oiseaux qui crient ...

Et les amis qui meurent ... Dont on jette les

corps dans l'océan ... Les corps des amis ...

Les corps des parents ... 






                  








_ LII _








Antoine et Selby sont à bord du "Montallegro"

... Antoine et Selby sont sauvés ... L'ordre est

donné d'abandonner la Marie-Jeanne ...

On se trouve à ce moment au sud de l'équateur..

. Par 6°45 de longitude et 45°05 de latitude est.

Le navire pétrolier remet en route. Antoine et

Selby sont sauvés sans doute ... Mais ils sont si

amaigris, ces deux adolescents que le hasard

vient de confier à l'équipage du "Montallegro" !

... On dirait de véritables squelettes ! ... Est-il

possible d'être exténué à ce point ? ... Antoine,

qui pesait cent cinquante-neuf livres en partant

des Seychelles n'en pèse plus que ... soixante six



On prodigue aux deux rescapés tous les soins

possibles ... Le Capitaine, Carlo Girola, câble

la nouvelle aux Seychelles :



_" La Marie-Jeanne est retrouvée, avec deux

survivants à son bord, Selby Corgat et Antoine

 Vidot ..." 


En moins de temps qu'il n'en faut pour le

dire, la nouvelle fait, à Mahé, le tour de l'île.

Elle fait sensation ! _ Qui eut cru que l'on

pouvait survivre en mer pendant deux mois et

 demi sans vivres ? ...

On attend la fin de l'odyssée. 





                             












_ LIII _







Mais revenons à bord du " Montallegro",

revenons auprès des rescapés et de ceux qui

en prennent soin ... Le Capitaine Girola câble

à un médecin-spécialiste de Rome ...

Il obtient des indications sur la manière de

secourir les deux jeunes-gens : "Au début, ne

leur donner qu'un peu de soupe ... Leur faire

des injections de caféine ...

Les laisser dormir". 

Antoine et Selby dorment en effet ...

Ils dorment presque tout le temps ...

Pourtant, dans un intervalle de réveil,

Antoine se souvient qu'ils ont laissé sur la

Marie-Jeanne le corps de Monsieur Corgat ...

Il en parle avec Selby ... 




_"Trop tard "! leur répond le capitaine Girola:

 On ne peut plus revenir en arrière ...

Le pétrolier se dirige vers Koweït, au fond du

Golfe Persique. 




Et voila pourquoi le capitaine Archibald, du

"Harold Sleigh", venant à croiser la

"Marie-Jeanne" à son tour découvre un

cadavre, des vivres, des vêtements, treize

livres sterling en billets des Seychelles ...

Il fait jeter le corps à la mer et prend la

"Marie-Jeanne" en remorque vers Bahreïn ...

Lorsqu'il câble à Londres pour faire part de

sa découverte, on est bien près d'imaginer un

crime, un drame sanglant ...

Allez donc savoir !... Elle en a gardé secrets,

des crimes et des drames, la mer !