mardi 5 septembre 2017

LE CANAL DE MAGELLAN ...












Comment dire ?

C’est un monde minéral

En quatre jours j’ai vu un seul oiseau







Un rêve très étrange

L’impression de planer sur un tapis volant

Je glissais au-dessus d’un fleuve couleur

 d’étain vieilli

Et le ciel aussi était d’étain

On n’en voyait d’ailleurs qu’une lanière

 Découpée

Tout en haut

Comme un couvercle faiblement halogène

 entre les falaises abruptes

Vertigineuses

Le navire avançant tout au fond d’une

 Monstrueuse

 faille de rocaille grise



 




La nuit parfois scintillaient de froides étoiles

Arbres morts

Labyrinthes de très étroits canaux

Fronts des glaciers bleus

Bouées noires

Et l’épave d’un navire écorché

Glaçons partant à la dérive

Chutes d’eau


 




Pas une fumée

Pas une cabane

Pas une vie

L’impression très étrange de pénétrer dans un

 autre monde


 en liberté








J’avais rêvé de grands voiliers à trois ou

 quatre mâts

De baleines et de rorquals

D’albatros

Rien

Rien que le canal lisse

Unicolore

Muet

J’avais rêvé d’orpailleurs

De trappeurs

De guanacos en liberté

Je n’ai rencontré rien de tout cela

Mais contemplé

L’indicible et effrayante beauté





dimanche 3 septembre 2017

VALPARAISO ... !








 

Ruée vers la Californie

Hardi les gars

Vire au guindeau !

 


Tafia à pleins barils

Accordéon

Des filles et des chansons

 


Funiculaires bringuebalants

Maisons de bois dans les faubourgs

Souvent de guingois


 

Au long des trottoirs s’étalent

De misérables brocantes

Des fruits et du poisson

 


Mais la ville en gradins

N’est que fantôme

Aux façades les corniches sont cariées


 

Dans le port trois ou quatre navires d’acier

Là où mouillaient l’Ambassador

Et le Cuty Sark son frère jumeau


 

Dans les bars à tango

Souvenez-vous des matelots

Accordéon

Des filles et des chansons