vendredi 26 avril 2019

CHANSON




CHANSON




           

Je chante
Je chante pour un verre de vin
Je chante le miel
Je chante le pain
Le buisson de genêt
Celui de romarin

Je chante
Je chante le ruisseau
La truite sous le pont
Je chante la roue du moulin
Je chante
Je chante le chemin
Je chante le renard
Je chante le lapin
Le pinson sur la branche
La perdrix dans le blé



               



Je chante
Je chante la  rose la rose
La rose des vents
La rose des sables
La rose du rosier


Je chante
Je chante l’enfant et son ballon
Les filles-pâquerettes
Les garçons-tournesols
Je chante
Je chante pour demain
Le soleil et la pluie
La neige et les éclairs
Je chante
Je chante pour la vie





Je chante
Je chante les amis
Je chante
Je chante pour celle qui m’a dit oui
Et pour celles aussi
Qui ne me l’ont pas dit
Je chante
Pour la Méditerranée le Pacifique
Et l’Atlantique aussi
Je chante pour les îles que je connais
Pour celles même
Où je n’irai jamais

Je chante
Pour celle qui m’attend
Celle qui ne m’attend plus
Je chante
Je chante à pleins poumons







Quand je  serai parti
Le jasmin fleurira-t-il encore ?



jeudi 25 avril 2019

LE GOÉLAND ....







 


Un avion étire dans le ciel bleu un long
fil de cristal …

Le feuillage des oliviers grésille
d’étincelles argentées…

Le petit rouge-gorge se fiche dans un
buisson de strélitzias.

Deux goélands tout blancs glissent  sur
un cercle invisible immuable …


Silence … On tourne !

                *

Goéland …Goéland
Blanc
Le bout des ailes est noir
Goéland
Très haut dans le ciel
Silence
Silence



Je voudrais être un goéland
Ailes tendues
Immobiles
Flûte douce
Glisser
Glisser
Glisser

Cristallophone

Tourner
Tourner
Tourner
Sans effort


Sans un heurt


Je voudrais être un goéland
Ballotter aux creux des vagues
Danser

Mon cœur qui bat
Qui bat
Qui bat

Danser doucement
Au son du piano

 

Être un goéland
Perché
Sur un mât
Un grand mât
Un mât de misaine
Ou un mât d’artimon
Tout en haut
Tout en haut
L’air sent la marée
Et le romarin
Et crier
Crier à pleine gorge
Crier à plein gosier
Crier pour dire que j’existe



TERRE DE DÉPARTS








TERRE DE DÉPARTS










              J’étais là, à Brouage, lors de la naissance de Samuel de Champlain, aux alentours de 1567 (Je ne sais plus très bien la date exacte …).
      Samuel de Champlain ! … Navigateur, cartographe, soldat, explorateur, commandant, chroniqueur … Et tout cela à la fois ! … Fondateur de la ville de Québec … Samuel de Champlain, le père de la Nouvelle France … Il me semble bien que j’étais là, aussi, lorsqu’il s’embarqua pour la première fois pour l’Espagne, puis pour le Mexique. Je l’ai suivi dans ses explorations du Québec … C’était en 1975 et j’ai vu, malgré la neige qui recouvrait la ville, le monument qui rappelle la naissance de Champlain … à Brouage. 

      À Brouage, j’ai vu les fortifications du plus beau port de mer de Louis XIV … J’ai rêvé à Marie Mancini et reniflé les parfums d’iode et de sel … Les bateaux appareillaient pour porter le sel jusqu’aux pays du Nord. 
            Les pays du Nord … J’y suis passé en 1989, partant pour la Thaïlande. Je connaissais déjà le Laos.










Je suis né à Rochefort et je me suis promené dans les « Jardins de la Marine … Par dessus le mur, j’ai regardé les bâtiments de l’Arsenal. « Tu vois, René Caillé venait ici pour apercevoir son père, qui était forçat au bagne de Rochefort » … Au bagne pour une pécadille. René Caillé m’a fait rêver … Je ne  suis pas allé à Tombouctou, mais j’ai passé mon enfance au Maroc, puis j’ai séjourné en Algérie,au Congo … René Caillé est revenu. Il a été maire de Champagne.

Les « Jardins de la Marine » m’ont raconté l’histoire des frères Lesson et leurs aventures dans l’Océan Pacifique. Ils m’ont également parlé de mon arrière-grand-père, Ludovic Savatier, Médecin en Chef de la Marine, « Le père de la botanique moderne au Japon ». Je suis allé au Japon, j’y ai trouvé Pierre Loti. Je suis allé à Tahiti où j’ai retrouvé les traces de mon aïeul et celles des frères Lesson. J’y ai , bien sûr, retrouvé les traces de Pierre Loti. Des goëlettes m’ont emmené jusqu’à chacune des îles des Tuamotu, des Gambier et des Îles Sous -Le -Vent.










La bibliothèque du port de Rochefort et celle de l’ancienne école de santé navale m’ont ouvert les manuscrits de Colbert du Terron, les journaux de bord de la Méduse, dont Géricault immortalisa le célèbre radeau, de l’Alcmène, dont une partie de l’équipage périt en Nouvelle-Calédonie et dont le voyage finit par un naufrage en Nouvelle-Zélande … Je suis allé en Nouvelle-Calédonie et au Vanuatu.








      Au fort Boyard, j’ai rencontré les mannes de Henri Rochefort … Que j’ai retrouvées à Nouméa … au bagne ! Dans le cimetière de Rochefort, j’ai vu le monument dédié au Lieutenant Bellot … Cénotaphe porté par quatre ours blancs … Moi, c’est au Cap Horn que je suis allé, tout près des banquises de l’Antarctique, et à Ushuaia. 







      Dans ma famille, on parle encore de José Maria de Hérédia, dont la sœur habitait une maison voisine de celle qui fut la mienne, en Oléron. Une tante de mon père épousa l’un de ses enfants … Je suis allé aux Antilles et j’y ai séjourné.

      J’ai fréquenté les abords de l’île d’Aix, visité la maison de l’Empereur … Je suis allé aux Îles Seychelles. Pas à Sainte Hélène !



                        



      J’ai vu flotter dans les airs, au-dessus du pont transbordeur, des ballons : Ballons libres, ballons captifs, ballons dirigeables … On les construisait dans les usines Zodiac, à Rochefort. C’est également là qu’est né le canot pneumatique Zodiac … Mon père en fit les essais à Rochefort et à Boyardville … Nous emportâmes le prototype, en 1939, jusqu’à Agadir !

      J’ai vu décoller, des bords de la Charente, le « Pou du Ciel », l’ « autogyre » et le coucou de Maryse Bastié. Et, maintenant, si je les totalisais, mes heures de vol en surprendraient plus d’un !








      Départs … Départs … Mais il me faudrait parler des champs de colza si extraordinaires au printemps, des rangs de vigne bleuis par les pulvérisations de bouillie bordelaise, des forêts de pins, des marais salants et de la faune avicole qu’ils abritent. Il me faudrait parler des longues plages blondes, des maisons basses et blanches … Et puis des tours de La Rochelle et du Museum d’histoire naturelle dans les salles duquel j’ai tant erré. 

      Mais, à Rochefort, un jour, je retrouverai sans aucun doute les « Jardins du retour ».