mardi 3 avril 2018

LA GRAND'PLAGE





              LA GRAND’ PLAGE






Nous avions telle envie d’une longue marche sur la plage
Courbe douce d’une hanche
Sans un rocher
Un grand pin mort tend ses moignons écorcés
Dunes éboulées
Les coupons de soie, l’un après l’autre, se déroulent
Brisant à grand fracas sur la grève
Le désir surgit alors vers le Nord
Le vent nous y poussait












Le vent, le vent et le goût du sel sur nos lèvres
Trio de mouettes emportées
Chiffonnées
L’une d’elles eut un cri  désespéré 
Le sable avait séché et s’était soulevé
Nous allions, chose étrange
Sur un sol dur invisible à nos yeux
Nos jambes traversant un tapis volant plus rapide que nous
De cristaux, qui criblaient nos mollets









Un buisson nous courut après
Buisson d’épinette ou de prunellier
Roulant, bondissant
Pressé
Filant, lui aussi vers le Nord
La marée devait monter
Dans un bouillonnement de lumière
L’océan nous jetait à la figure
Ses flocons d’écume




Un chalutier ahanait vers le port
Vers le Nord



lundi 2 avril 2018

LES MARINS RETRAITÉS





LES RETRAITÉS ….











Que savons-nous de vous ?
Gens de transhumances qui, chez nous, avez trouvé toiture
Que savons-nous de votre clan et de ses coutumes ?

Aux rythmes du calendrier des marées
Vous ouvrez vos persiennes et vos paupières
Aux jours d’équinoxe et de syzygie










Nous sommes  gens de toutes saisons
Nous voyons venir les grands vols des vanneaux huppés
Et partir les bernaches cravants

Nous sommes ceux qui remâchent leurs mots
Au pied du phare
Avec leurs souvenirs …




dimanche 1 avril 2018

Où musser notre visage ?



             


Il n’y a plus d’après …


Le désir ne nous faillisse
Au long du chemin
Étoile haut levée vers le couchant

Mais si la foi venait à manquer
Si demain perdait son or
Ah !
 Où musser notre visage ?

              

Les nôtres  marchaient
Pour de plus grands lendemains
Sous la pluie battante
Cherchant le soleil

Os blanchis
Poussières
Il faut pourtant que tu marches
Abandon de la stèle

                                                                                    

Si demain n’est plus
Alors, il n’y a jamais eu d’hier
Il ne te reste plus rien

Le myosotis est  fané