jeudi 28 février 2013

Du DESSIN ET DE LA PEINTURE.




             Voici un dessin que nous avons remarqué à la dernière exposition des Artistes du Cannet Côte d'Azur, à la Galerie "Terrasse des Arts", dans la rue Saint Sauveur. Nous ne connaissons pas l'artiste. 

             Travail de graveur, dirions nous presque ...

             Alain, dans son "Système des Beaux Arts", prétendait que le portrait dessiné ne pouvait jamais atteindre les sommets atteints par la peinture. 

             Il ajoutait que le dessin a pour vocation d'exprimer le mouvement et non les sentiments. Il ajoutait aussi que le dessin était un art qui s'exprimait par le seul usage de la ligne ... Nous en voyons l'exemple chez les artistes japonais particulièrement ... Mais il faisait remarquer que le dessin complété par le travail des ombres devenait un autre mode d'expression, penchant tantôt du côté de la sculpture, tantôt du côté de la peinture ...

             Je serais porté, dans le cas de ce portrait de femme à penser au graveur ...

                Quoi qu'il en soit, ici, je me tais et j'admire.




                                                           


Du même artiste, voici un bouquet de pommes également très réussi.



                                    


À l'occasion de la même exposition, nous avons pu voir ces deux peintures représentant des gitanes,  très agréablement représentées. Nous faisons nos compliments à cette dynamique association d'artistes amateurs.





         




                                 Et nous terminerons pour aujourd'hui par cette toile peinte qui représente une grand'mère pleine de malice : Seule la couleur peut donner ainsi l'expression des sentiments sur ce mode-là !


                                    

mercredi 27 février 2013

NOCES À SAINT-VALLIER






                                                                     
      LE MUR DES AMOUREUX DE PEYNET, RUE SAINT-SAUVEUR - LE VIEUX CANNET.



NOCES À SAINT-VALLIER



-   - «  Je ne sais pas très bien  … »
-   - « Qu’est-ce que tu nous racontes ? … Il te suffit de décider … »

Il ya de la myrte et du romarin, des phlox, des colchiques et des asphodèles, de l’origan que l’on nomme aussi marjolaine … Il y a de la menthe et du basilic, de la verveine et du serpolet, de la sauge et de l’estragon. Il y a des canneliers, des eucalyptus et des lauriers : Lauriers-sauce, lauriers-tin, lauriers-cerises et laurier-roses …

-   « Il ne peut y avoir tout cela, dis-tu ? … Si, puisque je le décide : Il suffit de décider » …

Montagnettes, collines en amphithéâtre … L’une des collines écorchée … Pourquoi celle-là ?  -  Pelée par le vent – Cailloux et terre rouge. Les autres douces, rondes, revêtues de garrigue. Toits d’un village, tassés au détour du chemin.

Je sais que, vers le Sud, il y a la Méditerranée. Le bleu du ciel s’en échappe sans doute … Il aura débordé les pentes. Près du village, une mer de lavandins violets. Je sais qu’au-delà, maintenus à distance, il y a des platanes, mais des girofliers aussi, des mahoganis … (Que pensez-vous de ce nom-là ?). Il y a aussi des magnolias, flamboyants, tulipiers, micocouliers et arbres de Judée.
-   - « C’est un tableau du Douanier Rousseau ! »
-   - « Cela est ! »

Un petit nuage rond, gros comme une fleur de cotonnier … Il sert de lustre. Il réfléchit la lumière du soleil. Le soleil, lui, il a déjà roulé de l’autre côté des sommets. Lumière douce, très douce et claire. Odeurs et parfums. Les âmes sont légères. Une perdrix rappelle … C’est ainsi … Je le veux … Appelez la bartavelle si vous le désirez.

Arrivent les mariés. Ils flottent au-dessus des lavandins, mariés de Chagall portés par les airs, se tenant par la main. Elle tient un bouquet. Lui une rose. Le bonheur forme traîne et les accompagne. Les violons sont là, au nombre de trois, venus d’un pays très lointain, si l’on en juge par leurs gilets chamarrés. Ils glissent par-dessus les mimosas. Une musique chante, elle-aussi venue d’ailleurs, d’autres espaces et d’autres temps de mémoire. Le nuage-lustre illumine la chapelle des bergers, minuscule., blanche, entourée de pâquerettes et de bluets. Je choisis de faire grimper une clématite au-dessus du porche. À côté, il y a un cyprès.

La noce est entrée. On s’est assis sur des bancs de bois. La porte est ouverte à deux battants. Un pinceau touche les voilettes, capelines, écharpes et foulards. Parfois il pose ses couleurs un peu à côté : Elles se prennent alors à exister pour elles-mêmes, indépendamment des formes. C’est pourquoi on les perçoit un peu décalées.

Voix profonde, grave, chantant l’Ave Maria … D’où venue cette voix ? … Elle déroule des idées, des images, de larges fleuves et de longues plaines … On y perçoit tout aussi bien des prières que des larmes, aussi bien des flammes que des regrets … des espoirs aussi.

Léonore  et  Philippe se sont choisis devant Dieu et devant les hommes, j’en témoigne. Ils se sont posés un instant devant l’autel, le temps d’échanger leurs promesses et leurs anneaux. Mères attendries, pères gauches un peu …
Couple nimbé de lumière. Flamme d’un grand cierge. Nouvelle lévitation … Les mariés flottent dans l’allée centrale, à hauteur des têtes. Instant palpable, et tiède … L’aïeule essuie une larme. Le voile s’accroche à la clématite, un peu. Le couple débouche en pleine lumière : Photo !

Sonne la cloche. Les violons s’envolent à nouveau. S’envolent les écharpes, les chapeaux, les cravates et les pochettes, en mouvante guirlande. S’envolent les couleurs … Bleus, rouges, verts, violets, ors … Le champ des lavandins lui-même s’étire, se déroule, flotte à mi-pente. Alors arrivent les bruants, les alouettes et les bouvreuils, roitelets, rouge-gorge et gorge-bleue. Il y a même, je le veux, le colibri-topaze, l’oiseau-lyre, le sifilet, le couroucou … Mais ceux-là arrivent juste au moment où les mariés passent sur les toits du village …. Le couroucou … Splendide, non ?

Mille ans de bonheur aux nouveaux mariés !
-    

mardi 26 février 2013

À VOIR ET À LIRE









TROIS LIVRES À LIRE


À CE JOUR, LES STATISTIQUES DONNENT POUR CE BLOG 19 629 ENTRÉES - MERCI À TOUS CES AMIS QUI ME SUIVENT DE JOUR EN JOUR ... AMIS DE NORVÈGE, DE FRANCE, DU CANADA, DES ÉTATS-UNIS, D'ALLEMAGNE, DE RUSSIE, D'AFRIQUE DU SUD ET DE BIEN D'AUTRES PAYS TOUT AUTOUR DU MONDE.



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lundi 25 février 2013

CANNES PROMENADE ARTISTIQUE












                                                                                                    Hermès



Nous empruntons la promenade de La Croisette : C'est là que convergent tous les promeneurs car, dans les environs, c'est le seul endroit où le terrain soit plat ... Et comme il y a ici beaucoup de personnes âgées ! 
Les vitrines des boutiques de prestige sont toujours l'objet des regards.





Voici celles de chez Hermès ... "Art populaire", dirait mon dictionnaire de l'Art ... Mais il s'agit bien d'Art.







QUI EN DOUTERAIT ?







Si j'en crois les renseignements gravés sur la plaque ci-dessous, ce monument est un objet d'Art. Il s'élève devant la façade de l'hôpital de Cannes, que l'on appelle "l'hôpital des Broussailles".

Une vogue semble avoir soufflé sur la France et peut-être sur le monde entier, qui a élevé de semblables monuments à la gloire de l'acier et du génie de l'homme. Faut-il douter de ce dernier ?










Les joueurs d'échecs se retrouvent sur la Croisette.
Il me souvient d'avoir vu des rassemblements beaucoup plus conséquents sur la Place d'Armes, à Santiago du Chili : Tous les soirs cette place Sud Américaine est pleine de joueurs : Ce sont gens paisibles et concentrés.




Quant aux commères, elles disposent leurs chaises tout en rond et "taillent la bavette" à n'en plus finir. C'est un après-midi du mois de février et il neige sur la majeure partie du territoire de la France. 

samedi 23 février 2013

L'ÉCOLE FRANCAISE




                                                                           





                                  Dans le Figaro Madame de cette semaine, sous la signature de Dalila Kerchouche, nous trouvons, réparti sur quatre pages un entretien avec Madame Aurélie Phillipetti, actuelle Ministre de la Culture et Madame Marie Despléchin, écrivaine et présidente du comité de consultation sur l’Éducation Artistique.

Madame la Ministre est une agrégée de lettres classiques et Madame Marie Despléchin est essentiellement un auteur de livres pour enfants. Je dois dire que je soupçonne à priori la plupart des agrégés de n’être que rarement descendus au niveau de l’École Primaire : Ils sont très souvent très intelligents et pleins de bonnes idées, mais ils n’ont que rarement le sens modeste et pratique.

Madame Despléchin a conduit des expériences en milieu scolaire, mais elle n’est pas de façon évidente qualifiée pour parler de pédagogie et certains de ses propos laissent songeur : «  En écriture, un bon élève qui respecte les consignes se révèle vite plat. Comme il veut bien faire, il se fond dans le moule au détriment de son ressenti. Au contraire un chahuteur du fond de la classe qui n’éprouve pas ce  désir d’adhésion, qui a un vécu tumultueux, des aspérités, qui est traversé de sentiments ambigus peut rendre un texte formidable … »

Disons tout de suite qu’après plus de quarante ans passés dans des fonctions d’enseignant puis d’inspection, je crois que sais de quoi je parle, même si nul n’est jamais porteur de La Vérité.

    *

Je ne ferai que quelques remarques, en vrac, comme elles me viennent à l’esprit et vous voudrez bien m’excuser si, parfois et pour me faire comprendre, je me montre péremptoire, voire caricatural.

                                    Tout d’abord, j’applaudis tous ceux qui se penchent sur les problèmes de l’école et sur son devenir. J’applaudis tous ceux qui se penchent sur les difficultés des enfants et l’inadaptation de l’École au temps présent et, sans doute, son inadaptation encore plus probable aux temps qui appartiennent à un futur proche : Les sociétés, les techniques, les rapports humains, les concepts … Tout cela évolue, se brise et transforme tellement vite que l’on est bien obligé d’admettre, avec Marie Despléchin que nous ne saurions prétendre savoir ce qui va servir plus tard à nos enfants.

Ma réflexion, nourrie de mon expérience, m’entraînera à la fois en deçà et au-delà de ces considérations : Et d’abord, de quoi parle-t-on quand on parle d’art ? -



                                    « La liste classique des arts, telle que proposée au xixe siècle par Hegel dans Esthétique ou philosophie de l'art, continue pour certains de servir de référence. Elle indique, sans se vouloir pourtant exhaustive, que les principaux arts sont au nombre de cinq : architecture, sculpture, peinture, musique, poésie. Par combinaison ou par prolongement, on parvient à développer indéfiniment cette liste en y ajoutant, par exemple, la danse, le cinéma (souvent nommé « septième art »), la bande dessinée, l'opéra, la photographie, etc. »  ( wikipedia)

                                    Ensuite il nous faut poser la question : De quoi parle-t-on quand on parle d’École ? – Je ne veux point évoquer ici les différents échelons de l’école française : École Maternelle – École Primaire – Collège – Lycée, etc … Là n’est point mon intention :  Je connais mieux les Écoles maternelles, les Écoles Primaires et les Collèges, c’est donc dans ces niveaux que je choisirai mes propos.
En fait, je n’ai que très rarement, sinon jamais passé la porte d’une École, appartînt-elle au secteur du Privé tout autant qu’à celui du Public !
          Parler d’École supposerait une unité d’objectifs, de moyens, de méthodes et une unité des enseignants. Pour être regroupés sous un même vocable il faudrait que ces divers éléments soient eux mêmes unis. Ce que j’ai vu, ce sont des classes, animées chacune par un enseignant aux niveaux maternelles et primaires … Mais je dis bien des classes :    Demandez donc à un enseignant ce que fait son collègue, dans la classe voisine – Vous verrez le résultat : Il ignore, la plupart du temps les thèmes sur lesquels on travaille, les objectifs que l’on se propose d’atteindre, les méthodes utilisées pour cela. Chaque enseignant travaille dans son coin et ignore même ce à quoi l’on occupe ses anciens élèves dans la poursuite de leur cursus. Au collège, les choses sont encore accentuées dans le même sens par le nombre et la spécialisation des professeurs auxquels chaque enfant est confronté. Et comme le Directeur de l'École ou le Principal du Collège n'ont aucun pouvoir pédagogique ....  Si l’on ajoute à cela la dissociation fréquente des familles, la perte des repères, due peut-être à des délocalisations familiales fréquentes, à des modifications de plus en plus fréquentes des activités professionnelles des parents, à des mouvements de société imprévisibles et perturbants,  aux incertitudes  que la modernité a introduites en matière d’avenir, il nous faut bien conclure que la moindre des choses, ce serait de restituer une Unité qui s’est perdue et de donner par là un sens à la vie.

                        En ce sens, je souscris à votre opinion, Madame la Ministre, Madame Desplanchin … Ce que peuvent attendre de nous nos enfants, c’est qu’on leur offre un, ou des projets : Ils cesseront peut-être alors de se réfugier dans une musique effrénée qui leur abîme les oreilles et les SMS qu’ils échangeront seront peut-être plus consistants. L’ennui, c’est que, chaque fois que l’on change de Ministre, on change d’idée et d’orientation, souvent en fonction de la propre formation et des goûts propres au Ministre ou au gouvernement dans son ensemble : Le Ministre est-il un ancien sportif, il proposera de centrer les activités scolaires sur le sport, est-il de formation ou son goût le porte-t-il vers les arts, il y trouvera l’occasion de formuler des projets pédagogiques !

                        Quoi qu’il en soit, il faudrait bien considérer qu’un enfant n’est pas mathématicien pendant une heure, puis l’heure suivante géographe et la troisième heure vous voudriez qu’il devienne exclusivement écrivain ou artiste ?

                        S’il vous plaît, Mesdames, une autre conception de l’École ! Une École dans laquelle on s’engagerait collectivement dans un projet tendant à une réalisation pluridisciplinaire … Une réalisation « artistique », soit, mais en tout cas une réalisation pluridisciplinaire, concertée et dans laquelle les enfants se sentiront concernés . Là où je ne puis être d’accord avec vous, Madame Desplanchin, c’est lorsque vous dites « On pourrait, par exemple, regrouper les heures de musique et d’Arts plastiques sur un seul mois plutôt que disséminées dans l’année … » Eh quoi, Madame ? … Un enfant serait artiste pendant un mois, puis le mois suivant, il serait grammairien ou scientifique ! On peut trouver aisément dans un projet à thématique artistique l’occasion et même la nécessité de lire, de compter, de mesurer, de parler, de chercher, de comparer et de perfectionner les instruments et les moyens
… Je crois que cela demande que l’on repense l’École et que l’on décloisonne les activités et les équipes. À quoi j’ajouterai la nécessité d’un suivi de chaque enfant par une sorte de tutorat exercé par un autre enseignant que celui qui lui est habituel, mais tutorat exercé par un enseignant chargé de cours comme ses confrères - tutorat qui aurait pour objectif de permettre à chaque enfant de se construire dans une unité qui lui manque et de l’aider à donner un sens à ce qu’il fait tout autant que de découvrir une unité dans ce qui se présente à lui de façon dispersée : Peut-être quelques enseignants supplémentaires dans l’école, peut-être des enseignants moins chargés en horaires d’enseignement, mais assumant plus d’heures de service dans l’établissement, au bénéfice de ce tutorat que j’appelle de mes vœux et qui permettrait également la communication avec les parents! J’insiste sur la nécessité de « Servir » dans l ‘établissement  sur un nombre d’heures plus important.

                        Je vais publier ces quelques « pensées » sur mon blog … C’est le seul moyen pour moi d’exposer ces idées, puisque les « commissions » sont désignées par le gouvernement, qui a lui-même ses propres objectifs. Merci à ceux qui m’auront lu jusqu’au bout et "advienne que pourra" !


vendredi 22 février 2013

LA SCULPTURE CONTEMPORAINE



                                                                          Pour Lina Karatsova



                                                                       
                                                            JIVKO - Le violoncelle (Bronze)


                      

                       Parler de la sculpture contemporaine nous semblerait dépasser de loin nos compétences : Nous avons beaucoup plus fréquenté les présumées idoles canaques et les figurations de Siva que la statuaire européenne.


                                 
                                  Jivko - Le Pèlerin (Bronze)


                      Il est vrai que le développement des moyens de communication, tant celui des transports que celui des images … Il est vrai que, de nos jours, tout a tendance à se mélanger, sinon à s’uniformiser : Par vagues successives, l’Art s’américanise, puis ses sources redeviennent européennes, plongent dans l’imaginaire des Japonais, puis dans celui des Africains. Les matériaux empruntent aux temps passés puis adoptent les créations de synthèse modernes, les outils évoluent et les techniques aussi. La plupart du temps, on ne saurait plus déterminer la nationalité de l’Artiste à la seule vue de son œuvre … D’autant que les artistes aussi  voyagent : Ils étudient dans les écoles des Beaux-Arts du monde entier, exposent partout, s’inspirent de tout … Ils sont peut-être même les derniers à recourir aux représentations de la mythologie et des personnages bibliques.

                           
                            Christ de l'église St. Roch ( bois) - Cannes        

                      En matière de sculpture, je distinguerai la statuaire monumentale, destinée à l’ornementation des centres de prestige : Bâtiments publics et parcs. Ensuite je pourrais parler des monuments et statues destinés à égayer un espace ou un autre : Statuaire de ronds-points routiers plus ou moins opportuns et parfois très réussis.
Mais il me semble qu’il nous faut aussi parler des « tanagra » modernes : Statuettes de petites dimensions, dont l’abondance semble se renforcer, (Faut-il l’expliquer par l’économie des moyens dont dispose l’Artiste ?).

                                 
                  Vu à la Galerie 30 - Le Cannet   (Bronze). 

                    Nous nommons par analogie ces statuettes des « Tanagra », par référence à ces statuettes antiques en terre cuite dont les riches maisons  grecques s’embellissaient depuis trois cents ans avant Jésus-Christ. Mais les « Tanagra » étaient chastes, ce que ne sont pas, la plupart du temps, nos modernes statuettes.


                                     

                   Je m’interroge sur le caractère érotique de cette production : La statuaire grecque soignait les visages et cherchait l’expression de l’esprit … Nos préoccupations semblent beaucoup plus centrées vers les sensations ! Les visages ne sont plus au centre de l’œuvre … Faut-il y voir l’influence de la Bande Dessinée ? Cela pourrait, au moins en partie, expliquer la « miniaturisation » des œuvres.

                                     
                                                     Vu à la Galerie 30 - Le Cannet


                   Cette production, abondante, me gêne un peu … Babioles, dirais-je … Babioles à placer sur les étagères d’un meuble de bibliothèque … « Bibelots », dirait le Commissaire-Priseur … Non pas que leur facture soit critiquable : La plupart sont très fines et certaines admirables … Mais c'est le fait de pouvoir les prendre dans le creux de mes mains et de pouvoir les manipuler qui me les fait prendre pour des "babioles".


                                   


                  Mais enfin, plus me touchent les statues du Bernin … Je tourne tout autour du socle de la statue : Cela me fait découvrir , à chaque mouvement, un point de vue différent et cela m’offre , à chaque tour, une différente expression de l’esprit. Avez-vous vu « l’Enlèvement de Proserpine » à la Villa Médicis ? … Avez-vous vu « l’extase de Sainte Thérèse » ?
Allons plus loin : Pour ne choisir que quelques exemples, parlons de Niki de Saint Phalle, de Giacometti et puis n’oublions tout de même pas Rodin, ni Camille Claudel, ni Rude… 


                  Plus près de nous, parlons de Zadkine  par exemple, dont nous pensons que « Jivko » est le "descendant" … Ou bien parlons de cet autre artiste qui exposait il y a peu de temps à la Galerie Bartoux, à Cannes et dont je tiens les oeuvres pour majeures car les intentions du sculpteur atteignent nos sensations et font naître nos émotions ...


                              
                           Statue de Van Gogh - Galerie Bartoux.   

                                     

jeudi 21 février 2013

JET LINERS



                        NOUS VOUS PROPOSONS AUJOURD'HUI UN DÉPAYSEMENT : NOUS ALLONS PRENDRE L'AVION POUR DES DESTINATIONS LOINTAINES ... SI VOUS LE VOULEZ BIEN ...

                                         ***

                VOYAGES



Cent quarante deux tonnes
Trois cents passagers
Cinq chaînes musicales dans les accoudoirs
Des écouteurs en location

Champagne

                              


Mais où est donc l'Himalaya ? 
Après Calcutta les bouches du Gange
Nervures de feuilles de platane
Deux mille mètres en-dessous
Chuintement des réacteurs
Doux
Loin derrière

Quelle heure est-il ?

                               


Un volcan qui fume au Sud de Java
Chaînes d'îles et d'îlots
Puis le désert d'Australie
Couleur de rouille

New York la nuit
Les hight ways
Sont des arbres de Noël

Vous prendrez du saumon ?

                         


Au Groënland
Ou sur la baie d'Hudson
On rêve d'ours blancs
              de traîneaux
              et de Jules Verne
Température extérieure vingt trois degrés sous zéro
Neuf cents kilomètres à l'heure
Route orthodromique

Quand tu vois les rochers des Shetlands
Paris n'est plus qu'à une heure
Mesdames et Messieurs
Ladies and gentlemen
Le Commandant de bord et son équipage espèrent
Que vous avez fait un bon voyage
Nous vous recommandons de ne pas détacher vos          
                                                                ceintures
Avant l'arrêt complet des moteurs ....

                              (Texte inédit de Michel Savatier - Tous droits réservés)

mardi 19 février 2013

GABRIELE d'ANNUNZIO





UNDULNA  (fragment)
                                        SUR D'AUTRES RIVAGES

...
Nulle vague ne se lève ; on n'entend 
Nul remous, nul clapotis
D'une bienheureuse clarté jouit
Le rivage sur une mer d'oubli.


                         

Le sable scintille infini,
Et semble en chaque grain se réjouir,
Brillent pareillement l'arête,
La morte méduse et la valve polie.


                            

Blanche s'éloigne la grève ;
Entre les sables et l'eau la bande
Se perd où s'inscrit mon art
Fugace. Et je souris à cette trêve.


                            

À mes pieds s'incurve la trace d'une vague 
Alourdie de noirs débris ; 
Une feuille de chêne pourrie
Gît entre deux plumes,


                                

Une pigne sèche entrouverte
Qui pesa dans le pin sonore
Gît entre l'orbe d'une méduse
Égarée et cette baie de laurier.



                            

Viennent des papillons de neige
Frissonnants, par couples, par essaims :
Pareils dans la lumière
À de l'écume ailée, d'amour soulevée.


                               

Bleues sont les ombres sur la mer
Comme des fleurs éparses d'aconit.
Leur frémissement fait trembler
L'infini à mes yeux étonnés
                                       ( Traduit de l'Italien )




                                                         

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