vendredi 30 décembre 2011

CANNES FAIT SON CINÉMA

Inoubliable Maryline ! Ceci est une fresque peinte sur la façade d'un hôtel, à proximité de la voie rapide et non loin de la gare SNCF.

Quand je pense que notre Ministère de l'Éducation Nationale, dans les programmes scolaires, prétend qu'il n'y a aucune différence entre les hommes et les femmes ....

Tiens, en ce moment les danseuses du Crazy Horse sont à Cannes pour un spectacle au Palais des Festivals. Elles se sont montrées sur la Croisette : Personne ne s'y est trompé et nul ne les a prises pour des hommes !






Je vous l'avais promise ... Est-elle assez belle ?

"Happy birthday Mister President !" .... Souvenez-vous !






Quand on descend le boulevard Carnot, en venant du Cannet, on peut voir cette autre fresque, réalisée sur un mur : On vous le dit : Il y en a partout !
mais avouez qu'elles sont belles ...






On peut regarder les autres monter les marches, mais on peut aussi se rendre jusqu'au Palais des festivals et se faire photographier en montant réellement les marches ....

ILLUMINATIONS DE NOËL

Pourquoi ne pas vous montrer les illuminations de la mairie du Cannet ? Pour les fêtes de Noël, tous les soirs, les avenues s'illuminent, les places, les monuments ... Joie des petits et des grands ... Merveilles de la fée électricité ... La façade de la maison commune change de couleurs, Dans les parterres, des cerfs et des biches s'éclairent ... Comme dans un vrai conte de fées ! ... Nous avons bien besoin des contes de fées ... Laissons nous prendre par la magie ... L'espace de quelques instants ... Pour oublier la crise et ses menaces ... Il faut y croire : -"Il était une fois "...

Oui, il était une fois ... Et ce temps reviendra ...

Si nous savons faire en sorte que vivent les fées ! ... Si nous savons ne pas les laisser mourir ... Car les fées sont mortelles, elles-aussi ! - Ce sont les hommes qui les font mourir !
































jeudi 29 décembre 2011

LE ROI ALBERT PREMIER ET LES AUTRES ...


Sur l'esplanade Georges Pompidou, juste devant le palais des festivals, on rencontre le buste du Roi Édouard VII d'Angleterre "Hôte fidèle de Cannes", dit l'incription sur la stèle.








Presque en face d'Édouard VII ("Hôte fidèle de Cannes"), on rencontre le buste de Christian X de Danemark ..." Citoyen d'honneur" de la ville de Cannes ...







Dans les jardins du port Canto, c'est Albert Premier, Roi des Belges, que l'on rencontre.






M'allant promener, j'ai suivi ... La promenade de la Croisette. Je ne faisais pas oeuvre d'originalité : Tout le monde, un jour ou l'autre, ou plutôt "un jour et l'autre", va se promener sur la Croisette.
À l'extrémité Est de cette belle promenade, il y a de beaux jardins et, en particulier, il y a de belles roseraies, fort bien entretenues. Les peintres amateurs se regroupent là pour proposer leurs oeuvres à la vente et plusieurs d'entre eux montrent de fort jolies choses.
Et puis ... Je suis tombé sur un monument dédié au Roi Albert Premier. Béotien, j'ai cherché à me renseigner, d'autant que la ville de Cannes semble célébrer hautement le Roi Albert Premier : Il y a une avenue Albert premier, un immeuble Albert premier, un hôtel Albert Premier ... Que sais-je encore ? - J'ai encore tant de choses à découvrir !
Albert premier, Roi des Belges, est né le 8 avril 1875. Il a régné du 23 décembre 1909 au 17 février 1934, date de son décès. Il était marié à Élisabeth de Bavière, devenue par son mariage reine des Belges. Élisabeth, reine des Belges est née Duchesse de Bavière, le 23 septembre 1876. Elle est décédée le 23 novembre 1965.
Le Roi Albert premier et la Reine Élisabeth furent accueillis à Cannes, au Château Saint Michel, qui appartenait à l'époque à la soeur du Roi Albert premier, Duchesse de Vendôme.

Je sais que le Roi Albert et la reine Élisabeth étaient très aimés par leur peuple Belge et très appréciés internationalement, mais j'ignore pourquoi la ville de Cannes leur voue une telle vénération ... Tant de têtes couronnées ont fréquenté Cannes et la Côte d'Azur !



Le château Saint-Michel était situé à Cannes dans le célèbre quartier de la Californie. Il dominait la mer et le parc de 16 hectares était à cheval sur deux communes Cannes et Vallauris. Il fut bâti en 1850 par Ince Anderton, un Anglais, président de la Société de jeu de paume et du skating-club de Cannes. Le château néo-gothique avait deux étages et était agrémenté de deux tours crénelées.Il a été détruit pour faire place à un immeuble "moderne".


Référence :
www.noblesseetroyautes.com/nr01/.../chateau-saint-michel-de-cannes.

mercredi 28 décembre 2011

L'IMMIGRATION



Jean Giono (1896-1970)





Entre 1836 et 1844 le chemin de fer s'installe dans toute la France et, en particulier, il s'installe sur la Côte d'Azur.

Le train favorisera beaucoup le développement de toute la Côte, et en particulier le développement de Cannes.

Un chantier du chemin de fer de Marseille à Avignon s'installe au Cannet ... Vous le savez sans doute, mais moi, nouvel arrivant au Cannet, je le découvre.

C'est par hasard que je lis, dans un volume de La Pléiade le récit concernant cette immigration de travailleurs piémontais ... Bah ! direz-vous ... Depuis le quatorzième siècle des travailleurs piémontais sont arrivés au Cannet ... Alors, quelques uns de plus ou de moins ! ...

Oui mais, le volume dans lequel je lis celà est le premier tome des oeuvres complètes de Jean Giono ....

-Que nous contez-vous là ? - Tout le monde sait que Jean Giono est né à Manosque et, tout au long de sa vie, il est resté Manosquin ! ... Manosque, ce n'est pas exactement près du Cannet !

Je vous l'accorde ... D'ailleurs, entre 1836 et 1844, Jean Giono n'était pas né : Il n'a vu le jour qu'en 1895 ;.. à Manosque, je le répéte ! Entre 1836 et 1844, c'est le grand père de notre romancier qui se trouve au Cannet, sur ce chantier du chemin de fer. Son grand père, Pietro Antonio Giono, qui a francisé son nom en se faisant appeler Pierre Antoine Giono. En 1844, le chantier s'installe à saint Chamas, près de l'étang de Berre ...

Ne me demandez pas pourquoi un chantier concernant le chemin de fer de Marseille à Avignon
a pu être installé au Cannet ... Je l'ignore et mes sources ne me l'indiquent pas : Peut-être bien que cela concernait l'installation de la voie ferrée de Marseille à Menton ? ... J'ai aussi songé à la possibilité d'une homonymie : Il y a un autre Cannet, non loin de Perpignan, mais celui-là non plus ne se trouve pas à proximité de la ligne Marseille-Avignon. Il y a bien aussi, Le Cannet des Maures ... Celui-là, je le connais bien ... J'y ai passé mon adolescence éblouie ... Mais je ne l'ai jamais entendu appeler que "Le Cannet des Maures" et je ne vois pas pourquoi son nom aurait été tronqué par Robert Ricatte, auteur de la préface que j'ai sous les yeux, préface au volume qui contient les oeuvres romanesques complètes de Jean Giono, aux éditions de La Pléiade, chez Gallimard.

À propos, je vous encourage vivement à relire les romans de Giono : C'est revigorant, c'est "tendance", c'est "écologique" et cela atteint des sommets en matière d'humanisme ! ... Tout à fait contemporain ! ... Et puis, cette façon de faire vivre le moindre des oliviers de cette provence, le moindre filet d'eau entre les cailloux !

C'est le père de Jean Giono qui s'installera à Manosque où il ouvrira un atelier de cordonnier.

Cette remontée dans le temps et dans les origines valait bien que l'on fasse détour, non ? - En tout cas, je retrouve avec surprise et plaisir tout à la fois la trace des racines du merveilleux conteur de "Regain", "Colline", "Un de Baumugnes", "le grand troupeau" ... Je la retrouve avec plair au Cannet où je viens d'élire domicile !






Chacun connaît l'histoire des cent quarante familles piémontaises appelées au quatorzième siècle, (Si je ne me trompe ... Mais si je me trompais, moi le nouvel arrivant, je serais pardonnable).

Sur la place du Vieux Cannet, une fresque rappelle l'arrivée de ces immigrants venus à l'appel des moines de Lérins, pour planter et cultiver des orangers. Ces Italiens ont fait souche au Cannet : Leurs patronymes sont toujours vivants.



Cliquer sur l"image pour l'agrandir. Elle deviendra lisible




mercredi 21 décembre 2011

LES LOCOMOTIVES À VAPEUR


Nous poursuivons aujourd'hui les observations que nous avons faites en "levant le nez en l'air".

Aujourd'hui, c'est à la gare de Cannes que nous allons ... La gare SNCF. Sur une façade aveugle quelqu'un a peint une fresque ... Admirable de réalisme !

C'était au temps des locomotives à vapeur ... Le conducteur passait le nez à la fenêtre. Il portait de grosses lunettes car la fumée était dense et les escarbilles nombreuses. Il était fier de sa machine et fier de son train.

Je me souviens ... Dans les wagons nous étions souvent debout dans le couloir car les places étaient toutes prises. Nous nous reposions un peu en nous asseyant sur nos valises. Il nous est arrivé de dormir couchés sur le sol, toujours dans couloir ... Nous tentions de nous infiltrer près des portes et près des toilettes : L'espace y était plus grand. Quand il faisait vraiment trop chaud et lorsque l'air devenait irrespirable, nous baissions une vitre. Nous passions le nez dehors ... Le vent nous faisait cligner des yeux ... Dans les longues courbes, nous pouvions apercevoir la locomotive, la gueule rougeoyante du foyer, le panache de fumée, le tender chargé de briquettes de charbon ... Dans l'autre sens, nous apercevions les wagons de queue. Comme nous ne portions pas de lunettes, les escarbilles nous brûlaient les yeux.

Je me souviens : Nous revenions d'Algérie. C'était en 1945 ... Nous étions descendus du paquebot à Toulon. Les quais étaient encombrés des carcasses de ferraille d'une flotte entière sabordée ... Nous avons pris le train : quatre enfants accompagnés de leur mère ... Nous nous rendions à Bordeaux où nous attendait notre père.

Nous avons mis cinq jours pour aller de Toulon à Bordeaux ! - Cinq jours à petite vitesse ... Des ponts avaient sauté et n'étaient pas encore réparés ... Des rails étaient endommagés ... Dans les gares, on ne nous attendait pas : Les jeunes femmes de la Croix Rouge nous portaient à boire et du pain, du lait aussi pour les bébés ... On envoyait notre train sur des voies de garage ... On nous y oubliait ... La gale et les poux s'y sont mis ... absence d'eau aux robinets, l'odeur devenait épouvantable : Odeurs de vomi et de couches sales, de débordement des cuvettes de toilette ...

Mais ce dont je me souviens le mieux ... C'est de la merveille : Le train ! ... Le train dont nous avions le temps d'admirer toute la suite des wagons, de la tête à la queue et de la queue à la tête ... La locomotive ... Luisante, puissante, vivante ... Le panache de fumée ... Le buste et la tête du conducteur qui apparaissait à la portière.

Au temps des locomotives à vapeur !

LES CABINES TÉLÉPHONIQUES

Les cabines téléphoniques ... Il y en a partout ! Elles ne servent plus à grand'chose, maintenant que tout le monde a son "portable" : Même les enfants des écoles ne peuvent se passer de cet instrument ... Parlons également des "tablettes" ... Les collégiens et collégiennes, dès qu'ils sont installés dans l'autobus pratiquent une gymnastique incroyablement rapide avec leurs deux pouces pour écouter, qui une musique, qui un correspondant. - Je vous le dis : On n'a plus besoin de s'isoler pour parler avec quelqu'un qui se trouve à l'autre bout du monde (Pas plus que pour parler avec quelqu'un qui se trouve dans la pièce d'à côté !). La musique, on peut l'écouter confidentiellement : Il suffit de se placer des écouteurs dans les oreilles ... Ce qui a pour inconvénient que l'on n'entend plus rien aux alentours ... -Vous avez essayé de demander un renseignement à une minette qui porte des écouteurs ? Tant qu'aux conversations : Il n'y a plus de gène à les poursuivre à haute voix devant les passants anonymes, ni même devants les clients,dans un magasin ou les voisins de table dans le restaurant ... Tout juste si l'on consent à éteindre son "portable" dans une salle de culte ou dans une salle de spectacle ... Ne vous essayez pas à en faire la remarque : En retour, vous pourriez recevoir un flot d'imprécations de la part d'un locuteur qui, de toute façon , ne comprendrait pas votre intervention ...

Alors, puisque les cabines téléphoniques ne servent pratiquement plus à rien ... Je conseille d'envisager leur reconversion ... Il serait dommage de les détruire ! On pourrait, bien sûr, les laisser en place en tant que témoignages d'une époque révolue : garder la trace du passé est l'une des manies de notre temps ! Mais , dans les villes, les places sont rares et elles valent de l'or : essayons de reconvertir nos cabines, plutôt que de les détruire !

On pourrait en faire des ca bines de douches publiques ... L'inconvénient, c'est qu'elles sont transparentes, mais est-ce bien un inconvénient ?

On pourrait, en fermant bien la porte de la cabine, les transformer en aquariums : Les petits poissons y évolueraient lentement et gracieusement ... le spectacle aurait le mérite d'appeler les gens au calme et à la relaxation ... Tout comme les exercices de sophrologie !

On pourrait, toujours en fermant bien leur porte, y placer de jolies plantes ... Elles serviraient de serres : On pourrait y faire fleurir des orchidées par exemple !








Brrr ... ! Un commerçant a bien eu l'idée de nous présenter ce macabre mannequin pour les fêtes de Noël 2011 ... Il aurait tout aussi bien pu le placer dans une cabine téléphonique, à la vue de tous les automobilistes ... Et des piétons ! Cela pourrait ramener les choses à leur juste niveau et rappeler à tous la vanité des désirs ... Après tout, la danse macabre, cela peut être salutaire : Il faut en rire ! Mais, en ces temps de Noël, quelle drôle d'idée a donc eue ce commerçant dont la boutique a sa vitrine dans la rue d'Antibes !







Il serait possible de les utiliser pour la présentation des mannequins : pendant les périodes de fêtes, on y montrerait des modèles de haute couture !






Il serait possible ... pourquoi pas, d'y exposer des oeuvres d'art ... Celle-ci, en ce moment, est présentée dans le grand hall du palais Miramar, mais si on la plaçait dans une cabine vitrée, au coin de quelques avenue ... Tout le monde pourrait l'admirer et les automobilistes rouleraient moins vite sur la Croisette ... Pour avoir le temps de la contempler ! ... Évidemment, ce serait au risque des embouteillages !






On pourrait tout simplement les enlever ... Mais pour les emporter où ? Pour en faire quoi ?... En ces temps où l'on cherche à faire des économies, à trier les déchets pour les revaloriser !





Allons ... On pourrait encore en faire quoi ? - Un peu étroites pour en faire des kiosques à journaux ou des bureaux de vente de tickets de bus ...
Des guérites pour les policiers municipaux ? - Ils ont beaucoup plus d'allure quand ils arpentent la Croisette sur leurs beaux chevaux !

Si trouvez d'autres idées ... Vous me le ferez savoir !

mardi 20 décembre 2011

PROMENADE


















Quand on longe le bord de mer, depuis le palais des festivals jusqu’au port Pierre canto, on est sur la Croisette. La Croisette ! … C’est un lieu mythique … Peut-être plus encore que la promenade des Anglais, à Nice … Plus que la promenade du Soleil, à Menton.

L’anse présente un arrondi superbe et le regard court jusqu’à Saint Raphaël, à l’Ouest, jusqu’au Palm Beach de l’autre côté. L’allée fait face au Sud, c’est dire qu’elle est ensoleillée toute la journée. Les plages courent d’un bout à l’autre, en bas du parapet. Des alignements de chaises métalliques, peintes en bleu, permettent aux promeneurs de sacrifier de longues heures au dieu-soleil. On s’y repose, on y bavarde, on y lit, on y somnole … Deux ou trois kiosques à journaux, trois ou quatre groupes d’artistes peintres qui vendent leurs œuvres … (Et il y en a d’assez jolies) … Les dames promènent leurs chiens de poche … Des jeunes gens font leur jogging, certains ont des écouteurs dans les oreilles … Des enfants font de la trottinette … Des adolescents glissent sur leurs planches à roulettes : ils slaloment adroitement autour des promeneurs … Il y a foule, la plupart du temps, mais chacun a ses aises, les écoulements se font sans heurts, sans bruit. De jeunes mamans poussent leurs landaus.

Sur la route proche, qui sépare la Croisette des alignements de magasins de grand luxe et des palaces ou immeubles à la moderne architecture, passent les voitures et les bus. Certains de ces derniers, promeneurs de touristes, sont surmontés d’une impériale. Les palmiers emblématiques peuplent les pelouses … Les cyclamens roses, rouges et blancs, font des tapis pendant tout l’hiver. Quand on approche du port Canto, les roseraies s’élargissent, les ginkgo bilobas, à l’approche de Noël, s’apprêtent à se dévêtir : Ils ont pour l’instant revêtu leurs habits d’or. Les vedettes à moteur s’alignent le long des quais, somptueuses et racées. Les voiliers sont un peu tristes, sans leurs voiles et abandonnés, entassés les uns près des autres, mais le blanc et le bleu de leurs coques chantent dans la lumière.

Quand on va du port Canto jusqu’au Palm-Beach … C’est là que se trouvent les immeubles modernes les plus beaux, les plus nouveaux, les plus riches … Tous éclatants dans leur vêture blanche … Tous offrant vers le Sud leurs alignements de balcons ensoleillés. De ces balcons, on doit jouir d’un panorama superbe ! Ah ! Prendre son petit-déjeuner sur un semblable balcon, en pleine lumière, face à la Méditerranée, face aux plages, face aux îles ! … Mais Cannes n’est plus un lieu de villégiature hivernale … Il l’a été, aux siècles derniers, au temps où les dames anglaises et les dames russes venaient soigner leur phtisie au soleil de la Côte …

De nos jours, une église anglicane demeure dans la ville, une église orthodoxe russe … Il y a beaucoup moins de Britanniques qu’autrefois, les Russes demeurent.

Cannes est devenue une ville de résidences secondaires. Les appartements sur le Croisette se vendent à prix d’or, mais, l’hiver, ils restent vides et fermés pour la plupart ! – Comptons, par un bel après-midi de décembre, les volets ouverts aux façades de ces immeubles si beaux ! Il y en a bien peu et, sur certains balcons, les tables du petit-déjeuner sont renversées en compagnie de quelques fauteuils … Gageons que tous ces volets roulants, dès le retour de l’été, s’ouvriront ensemble … Tous les yeux seront alors ouverts et les faces tournées vers le soleil.

Un dernier mot pour évoquer l’architecture de ces immeubles modernes : Lignes pures, droites, ne manquant pas d’harmonie … Mais quel contraste avec l’architecture des siècles précédents, toute de grâce, de guirlandes, de masques et de ferronneries ! Les demeures d’exception sont sur les pentes des collines : Villas et palais, châteaux, parcs et terrasses …











lundi 19 décembre 2011

UN TABLEAU SUR UN MUR.



On peut cliquer sur l'image pour l'agrandir

Chacun peut voir ce tableau, peint sur la façade d’une maison, dans une petite rue du Suquet, à Cannes. Il me fait beaucoup songer … Foisonnant de symboles, foisonnant d’idées … J’y retrouve Baudelaire …

Qu ‘en dirait l’artiste, que je ne connais pas et dont le mauvais cadrage de ma photo permet mal de lire la signature ?

Baudelaire ... parce que cette composition me fait songer aux paradoxes de la condition humaine, de tous les lieux et de tous les temps. Alors .. Impossible de ne pas penser au poème « Le Voyage » ( Les Fleurs du Mal ), que je viens juste de relire … Vous savez :

« Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! Levons l’ancre ! … »

Que voyons-nous ? – Un arbre, d’abord … Un arbre qui monte vers le ciel dans lequel jouent les nuages :

« Les plus riches cités, les plus grands paysages,

Jamais ne contenaient l’attrait mystérieux

De ceux que le hasard fait avec les nuages.

Et toujours le désir nous rendait soucieux … »

Cet arbre monte vers le ciel, étalant ses branches. Il plonge ses racines dans la terre, mais cette terre repose sur une tige bien fragile, issue des grands fonds ? Un plongeur s’enfonce, partant à la découverte, tandis qu’un spéléologue est suspendu à des cordes frêles :

«Ceux-là dont les désirs ont la forme des nues,

Et qui rêvent, ainsi qu’un conscrit le canon,

De vastes voluptés, changeantes, inconnues,

Et dont l’esprit humain n’a jamais su le nom ! »

Le monde entier peut s’écrouler d’un moment à l’autre … Il s’écroulera, c’est certain … Ne serait-ce que parce que l’arbre se nourrit de la terre dans laquelle il pousse. Cette terre, qui porte les hommes, s’épuisera et les hommes avec.

« La jouissance ajoute au désir de la force.

Désir, vieil arbre à qui le plaisir sert d’engrais,

Cependant que grossit et durcit ton écorce,

Tes branches veulent voir le soleil de plus près !

Grandiras-tu toujours, grand arbre plus vivace

Que le cyprès ? - … »

Cet arbre, c’est le Désir … Satanique maître de la destinée humaine. Nous apportera-t-il la sagesse ?

«Nous avons salué des idoles à trompe ;

Des trônes constellés de joyaux lumineux ;

Des palais ouvragés dont la féerique pompe

Serait pour vos banquiers un rêve ruineux ;

Des costumes qui sont pour les yeux une ivresse ;

Des femmes dont les dents et les ongles sont teints,

Et des jongleurs savants que le serpent caresse. »

Les jongleurs ne sont pas présents, mais les musiciens ne leur ressemblent-ils pas ? On ne voit pas le serpent qui danse, mais un singe grimpe et fait des pirouettes … C’est au son de la musique que l’on fait danser les serpents … Les hommes, eux, tentent de sauver leur âme par la musique : Tambour, saxo, guitare :

« L’humanité bavarde, ivre de son génie,

Et, folle maintenant comme elle était jadis,

Criant à Dieu, dans sa furibonde agonie :

«Ô mon semblable, Ô mon maître, je te maudis ! »

Certains trouveront leur salut dans le rêve, dans la fuite : Ils auront l’impression de s’élever vers le ciel, portés par un parapluie comme les amoureux de Peynet . D’autres, aiguillonnés par les amours auront l’illusion suprême :

« Le lotus parfumé ! C’est ici qu’on vendange

Les fruits miraculeux dont votre cœur a faim ;

Venez vous enivrer de la douceur étrange

De cet après-midi qui n’a jamais de fin , »

Amours, fleurettes … Opium ? … On est toujours et encore, sur le bord du précipice … Jeux d’enfants, jeux sportifs, jeux … Envolées des aéroplanes … C’est toujours le désir d’illusion. Le monde, depuis qu’il est habité par les hommes et les femmes, n’a fait nul progrès, malgré ses études, ses lectures, ses rêves, ses désirs et sa science … L’homme n’a pas fait de progrès … dans le seul domaine qui vaille :

« Pour ne pas oublier la chose capitale,

Nous avons vu partout, et sans l’avoir cherché,

Du haut jusques en bas de l’échelle fatale,

Le spectacle ennuyeux de l’immortel péché :

La femme, esclave vile, orgueilleuse et stupide,

Sans rire s’adorant et s’aimant sans dégoût ;

L’homme, tyran goulu, paillard, dur et cupide,

Esclave de l’esclave et ruisseau dans l’égout ;


Le bourreau qui jouit, le martyr qui sanglote ;

La fête qu’assaisonne et parfume le sang ;

Le poison du pouvoir énervant le despote,

Et le peuple amoureux du fouet abrutissant … »


Et, au milieu des joueurs, demeurent les assassins :


« Amer savoir, celui qu’on tire du voyage !

Le monde, monotone et petit, aujourd’hui,

Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image :

Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui ! »


Que Baudelaire me pardonne … Que le peintre dont j’ignore le nom me pardonne …

N’y aurait-il point d’issue ? ...

« Plusieurs religions semblables à la nôtre,

Toutes escaladant le ciel … »


"Ô le pauvre amoureux des pays chimériques !

Faut-il le mettre aux fers, le jeter à la mer,

Ce matelot ivrogne, inventeur d'Amériques

Dont le mirage rend le gouffre plus amer ?"

dimanche 18 décembre 2011

LE NEZ EN L'AIR ...

Avons-nous encore le temps de flâner? Avons-nous encore le temps de lever le nez en l'air ? Avons-nous le temps encore, d'admirer ? ... C'est en haut des murs du Cannet et de Cannes que nous découvrirons aujourd'hui des oeuvres d'artistes inconnus ... oubliés ?

Un autre jour, il nous faudra revenir devant ces façades ... On y découvre des quantités de trompe-l'oeil, des quantités d'oeuvres toutes plus surprenantes les unes que les autres ... Parfois très belles ... parfois géniales ! ... Nous y reviendrons !





C'est un élément qui orne le dessus d'une fenêtre. C'est tout simple, mais cela vous signe toute une époque : L'époque où l'on avait le souci du beau, de l'agréable, du raffinement.







Il faut lever le nez, je vous le dis ... En prenant garde cependant au flux des bus et des automobiles, car ces atlantes ornent le balcon d'un immeuble, juste au-dessus de la porte d'un café. Les néons du café, d'ailleurs, leur font monter le sang jusqu'en haut du thorax ... Dame, c'est un rude effort que de soutenir le monde ! Franchement ... les aviez-vous remarqués ?









On songe à la Méduse des temps antiques, ou aux masques utilisés par les tragédiens grecs d'autrefois ... mais cet éléments orne la façade d'un immeuble, au droit du Boulevard de la République. Il n'est pas isolé !





Si, si, je vous l'assure, ces deux belles dames sont bien de chez nous ... D'ailleurs, elles ne sont pas que deux : Elles sont toute une ribambelle ! - Un peu sévères, je vous l'accorde, mais néanmoins belles !







Sévère beauté ... On s'attendrait à rencontrer semblables silhouettes allégoriques sur la façade d'un palais de justice ... Mais non ... levez le nez, c'est sur la façade de la mairie de Cannes que l'on découvre ces dames ...







Et ceci, l'aviez-vous remarqué ?








En haut, tout en haut de la façade de la mairie du Cannet, voici ce que vous pouvez découvrir : l'aviez-vous déniché ? ... L'art de la céramique ornementale ! - On dit que Barcelone adore la céramique ... Vous voyez qu'il y en a d'aussi belles chez nous ...





En ces temps de préparation des fêtes de Noël, tout le monde regarde les vitrines illuminées, tentatrices. Vous êtes-vous promené le nez en l'air quelquefois ?

Se promener le nez en l'air permet de découvrir de belles choses, particulièrement des éléments d'architecture et de décoration qui datent du ou des siècles derniers : Notre époque construit certes de belles choses aussi, mais elle a plus souvent le souci de la ligne, droite ou courbe, que le souci de l'ornementation : béton et coffrages ont leurs exigences ! - Ne parlons pas des immeubles qui sont construits, hélas ! avec un peu trop de soucis d'économie et de rentabilité ...

samedi 17 décembre 2011

LES FONTAINES


Je ne parlerai pas ici des bassins que l'on voit sur la Croisette, au milieu desquels des sylphides, des sirènes et d'étranges cavaliers de pierre se demandent ce qu'ils font là. Je ne parlerai pas des fontaines de la place du Commandant Maria : Elles sont toutes neuves encore et leurs mille jets seraient gracieux si les tuyères n'étaient bouchées les trois quarts du temps, ce qui les rend asthmatiques ... J'entendais l'autre jour quelqu'un qui disait que les jets trahissaient un ou des adénomes prostatiques ...




Je ne parlerai pas du bassin au-milieu duquel Lord Brougham, fondateur du Cannes moderne, toise le passant et surveille l'étalage du brocanteur. Je parlerai des fontaines de nos anciens, de ces fontaines qui ont été élevées pour apporter la vie. Discrètement, elles ne manquent pas d'élégance !




Lord Brougham, au milieu de son triste bassin.



Où se trouve la fontaine que l'on voit ci-dessous ? - À Cannes ou au Suquet ? - Il ne m'en souvient plus très bien. Je crois cependant que c'est en bas du Suquet, près de la place de l'église saint Roch, non loin du mur sur lequel une fresque remarquable est dédiée à Jacques Tati. En tout cas, cette fontaine représente pour moi le modèle, le type de toutes les fontaines de Provence : La Provence, pays sec et chaud, dans lequel toute vie est issue des sources et des fontaines ... Pas besoin de vous raconter les histoires de Marcel Pagnol, n'est-ce pas ! ... Remémorons-nous seulement l'histoire de Manon des Sources, si bien portée à l'écran : Un père s'aperçoit trop tard qu'il est la cause de la mort de son fils, pour avoir aidé à détourner la source qui lui permettait de vivre ...





Ci-dessous, fontaine au bord de la route, fontaine pour le passant, fontaine pour le marcheur ... Fontaine sur l'actuel boulevard Gambetta, au Cannet ... Discrète fontaine, à la façade soignée cependant ... Fontaine tarie aujourd'hui ... Ah ! Redonner la vie à ces fontaines, Une fontaine tarie, c'est toute une histoire perdue !





Cette fontaine ci-dessous montrée, se trouve au Suquet. Qui venait s'asseoir "à la fraîche" sur le banc de pierre ? ... Un ou deux vieillards peut-être, avec le bout de leur canne entre les pieds, ressassant leurs exploits d'anciens pêcheurs .... Admiraient-ils les formes de la vasque et l'élégance de la stèle ? Ah ! Que l'on préserve ces témoins et que l'on en préserve la vie ... Que la fontaine ne soit jamais tarie !







Voici une fontaine qui, si je m'en souviens bien, coule au coin d'une rue, au Suquet. Dans ce village si pentu, il faut imaginer les ménagères, portant la cruche sur l'épaule ou sur la hanche, taillant la bavette (avec l'accent !) et puis remontant les escaliers qui n'en finissent pas, leur lourde charge les déhanche, elles traînent un bambin par la main. Dans les échoppes, le cordonnier bat les semelles, le forgeron frappe son enclume, le menuisier rabote ses planches, le vigneron fait tourner la vis du pressoir. Toutes ces venelles, toutes ces ruelles si calmes maintenant sont pleine d'agitation et de bruit. Et là, une fontaine chante sa chanson ! Le soleil est roi et la mer proche est toute bleue.






Les fontaines ont toujours compté parmi les éléments capitaux de la vie des villages provençaux. Il nous souvient, au cours de nos longues randonnées dans les collines du Var, de nous être souvent arrêtés sur la place, à l'ombre des platanes. Là, dans le creux de nos deux mains rassemblées, nous buvions à grands traits ... L'eau coulait en abondance. Elle était fraîche. Nous nous aspergions le visage, puis nous repartions revigorés.

La fontaine, c'était le coeur de la communauté villageoise, près d'elle claquaient les boules de pétanque et près d'elle cliquetaient les glaçons dans les verres d'anisette. c'était là que se racontaient tous les potins et que se refaisaient les mondes.

Les sources et les fontaines étaient potables en ces temps-là. Le filet d'eau coulait ensuite dans la rigole qui alimentait les jardins où poussaient les oeillets ...

Celle-ci coule en plein milieu de la ville de Cannes.