jeudi 31 janvier 2013

LES SOLDES.



                           LES SOLDES À CANNES




                                                             

                       OUI ... CE SONT BIEN DES CHAUSSONS DE DANSE !


                                             

Deux petits chaussons

by André Claveau



1- Ecoutez cet air
C´est l´histoire banale
De ce ver de terre
Amoureux d´une étoile
Histoire d´enfant
Qui souvent fait pleurer
Les grands

{Refrain:}
Deux petits chaussons de satin blanc
Sur le cœur d´un clown dansaient gaiement
Ils tournaient, tournaient, tournaient, tournaient
Tournaient toujours
Plus ils tournaient, plus il souffrait du mal d´amour
Deux petits chaussons et par dessus
Les plus jolis yeux que l´on ait vus
Sous de longs cheveux légers, légers
Et qu´il était bien obligé d´aimer

2 - Le nez vermillon
Le chapeau sur la tempe
Comme un papillon
Sous les feux de la rampe
Le soir, il jouait
Mais tandis que les gens
Riaient...

{Refrain:}
Deux petits chaussons de satin blanc
Sur le cœur d´un clown dansaient gaiement
Ils ont tant tourné, tourné, tourné qu´un soir d´été
Le cœur du clown trop essoufflé s´est arrêté
Deux petits chaussons de satin blanc
Sur le cœur d´un clown dansaient gaiement
A vingt ans, l´on ne sais pas toujours
Que même un clown, ça peut mourir d´amour!




                                         ***

ET VOILÀ CE QUI RESTE QUAND TOUT LE MONDE A FINI DE COURIR LA RUE D'ANTIBES !


                                 

CECI, CE N'EST PAS LA MÊME CHOSE : C'EST UNE AUTHENTIQUE SCULPTURE D'ARTISTE, EXPOSÉE DERRIÈRE LA VITRINE D'UNE GALERIE D'ART ...


      

ET CELA, C'EST UNE PIN-UP EXPOSÉE DANS UNE AUTRE GALERIE D'ART.



                                                             

ET ... AU BOUT DU COMPTE : "VANITÉ DES VANITÉS, TOUT N'EST QUE VANITÉ !"
                               ***
LE COMMERCE SEMBLE PLUTÔT MOROSE EN CETTE SAISON !

           

MAIS CETTE "VANITÉ" LÀ ... ELLE EST SUPERBE !  

                - " POUR SOLDE DE TOUT COMPTE", DISAIT LE COMPTABLE !                      

mercredi 30 janvier 2013

DES ALLÉES PAVÉES D'OR













Passée, la saison des feuilles d'or que nous avons foulées sur nos trottoirs ... Il n'est pas interdit d'y songer encore !

-"Trouve ton or, poète, aux avenues du pilotage ..." 

Il n'est pas interdit de le trouver ailleurs !









Et, par exemple, on trouvera son or en levant simplement la tête ; C'est la saison des mimosas !






Et c'est aussi la saison des agrumes, de toutes espèces ... Voici des kumkats, autant que vous en voudrez !







Nous montions vers le vieux Cannet où, dans la rue Saint-Sauveur se trouve la salle d'expositions de l'association des peintres amateurs du Cannet ...

Nous avons eu l'impression, devant cette toile, de nous trouver devant une lettrine, bien faite pour illustrer un paragraphe des Contes des Mille et Une Nuits ... Ou bien un paragraphe des contes persans ... Imaginaire ...

                                     


Ces associations ont le mérite de fournir aux retraités encore actifs une raison d'exister ... Un but dans l'existence ... L'occasion de rencontres et l'envie, encore, de progresser ... 
C'est sympathique !

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dimanche 27 janvier 2013

JAPON



Estampes japonaises du XIX eme. siècle. 

En l'honneur de Vincent Van Gogh, de Pierre Bonnard et de tous les peintres "Nabis"dont le Musée du Cannet expose les oeuvres.




                                                             



MÉMOIRE D'ELSA



Invente-moi la rose
La rose
Poète

Mais le népenthès ...

Aux champs de Marne
Guadalquivir
Guadalcanal
Argile et pluie
Le népenthès
Mangeur de chairs ...

Invente-moi
Poète
Invente-moi la rose

Dans les roseaux d'Annam
Les marigots
Du Maroni
Dans le Chemin des Dames
Ou bien
Au Bois d'Ailly
Poète
Pour une geisha
Invente-moi la rose
De Nagasaki.



                                                       (Texte inédit de Michel Savatier - Tous droits réservés.)





                                                                 


"Longtemps tenue par les Européens pour l'essentiel de la peinture japonaise, l'estampe n'en est qu'une branche mineure et tardive. Mais certains auteurs furent d'authentiques artistes, et l'on sait quelle fut leur influence sur les impressionnistes, séduits par la hardiesse du coloris et de la composition des graveurs japonais. 

... Né à Edo (Tokyo)et de la prospérité de la classe des marchands, cet art est d'abord voué aux courtisanes et aux acteurs de théâtre Kabuki. Ces images jouaient en quelque sorte le rôle de nos posters, offrant au public le portrait de ses idoles. Pour répondre à la demande, il fallait recourir à un procédé permettant de tirer chaque oeuvre à un grand nombre d'exemplaires : La xylogravure s'imposait ... ( Histoire de l'art - François Berthier - Larousse)


                       

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samedi 26 janvier 2013

ARCHITECTURE : LE TEMPS QUI PASSE






                                                             



Une cinquantaine de maisons et d'immeubles sont édifiés au Cannet par deux architectes venus de Colmar : Jules et Henri Stoecklin. On les reconnait entre tous car leur style et leurs décors sont nettement influencés par l' Art Nouveau : Motifs floraux ou guirlandes de fruits. 

La ville neuve se construit en enserrant la vieille ville et ses ruelles.


                                                           ***

TEXTE ANONYME RELEVÉ SUR INERNET.


             "J'aimais bien la France chrétienne, tolérante, avec son Noël, ses Pâques fleuries, ses églises, ses crêches, ses sermons, la tendresse des baisers affectueux que l'on s'échangeait, j'aimais bien la France républicaine avec ses petites places, ses gardes à cheval, ses feux d'artifice du 14 juillet, ses revues militaires, les présidents pompidoliens De Gaulliens, ses joueurs de boules, ses écrivains de qualité, ses enfants sympas et élevés, éduqués, sa courtoisie, son élégance, son raffinement, le travail bien fait, aimé, la CGT, FO, la CFDT dans leur contexte de protestation, j'aimais bien un monde équilibré et solide, à la baguette de pain, aux prix raisonnables, à l'avenir certain... J'aimais... Peut-être que tout cela est fini... qu'il ne restera que la nostalgie... "



                             
En 1902 le peintre Renoir résida dans la villa "printemps" avant de s'installer à Cagnes-Sur-Mer.

         

On pourrait dire que la ville (Si tant est que l'on puisse parler d'une "ville" !)   s'est si bien développée en périphérie de la "vieille ville" qu'elle l'a complètement étouffée. Il en est de même pour la plupart des villes du littoral ... Qu'il s'agisse de Cannes, de Menton, de St. Raphaël, de St. Tropez ... L'hôtel de ville a été construit pour être un hôtel  ( Il a été transformé en Hôtel de ville en 1933) . Derrière lui, à gauche, on aperçoit le beffroi de l'ancienne Mairie, do,t les locaux ont été attribués à des associations.                                                 



                            
Préférez vous ceci ... Ou cela ?   



                         

Ou bien vous aimez mieux ces immeubles ?


                                    

Maman ! ... Le béton est en train d'escalader les collines !

- "Sans doute, mais chacun, de son balcon peut apercevoir la mer !

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jeudi 24 janvier 2013

C'EST TOUJOURS COMME CELA !



C'est toujours comme ça que ça commence : 


Vous allez cueillir un bouquet de mimosa (Tiens, j'avais oublié de vous dire qu'ils étaient fleuris ...) et vous le lui offrez ...




Et puis ... Elle vous entraîne sur la Croisette "Pour regarder les vitrines" ... Pas n'importe quelles vitrines !




Il faut avouer qu'il y a de belles choses, derrière les vitrines de la Croisette !





Des diamants ... En veux-tu ... En voilà !




Et qui brillent !






Des diamants, des rubis ... !






Alors, pour lui changer les idées, vous l'emmenez jusqu'au Cannet pour voir une exposition tendre et légère ... 

Comme quoi ... Il faut toujours commencer par lui offrir un bouquet de fleurs !

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mardi 22 janvier 2013

ODILON REDON ET MAURICE DENIS









Je ne connais pas très bien Odilon Redon, ni, et encore moins Maurice Denis ! ... Il me faut bien l'avouer.
Je sais simplement que, à la charnière du dix-neuvième et du vingtième siècle, ces deux peintres adhérèrent au groupe des "Nabis", dont faisait partie Pierre Bonnard. Je sais que ces peintres s'affublèrent de sobriquets caractérisant plus ou moins leur thématique : Pierre Bonnard était le "Nabi Japonisant", Maurice Denis était le "Nabi aux Belles Icônes" ... Je n'ai pas retenu le sobriquet d'Odilon Redon ...





Au cours de cette exposition, organisée au Musée Pierre Bonnard, on verra beaucoup de gravures : Les Nabis, pour la plupart d'entre eux redécouvrent le procédé, qui permet la production à plusieurs exemplaires et donc à moindre coût pour l'amateur.

Maurice Denis est un fervent catholique et cela se ressent dans ses oeuvres, dont la simplicité et la douceur sont tout "évangéliques".  Dans l'oeuvre qui nous est ci-dessus présentée, n'y a-t-il pas aussi un esprit "japonisant" ?







Odilon Redon m'était moins inconnu : Je le tenais pour un peintre largement "métaphysique" ... J'aurais même envie de dire  un peu "psychédélique" ... L'oeuvre ci-dessus présentée porte le nom de "Brunehilde" et fait penser, effectivement aux héroïnes des légendes du Rhin ... Je ne me trompais guère puisque je viens d'apprendre qu'on surnomme Odilon Redon  "Le prince du Rêve" ! On peut admirer des oeuvres plus étranges encore, dans lesquelles on voit des araignées et d'autres choses aussi sympathiques.

En cliquant sur les mots écrits en ROUGE, on trouvera de plus amples et plus autorisés renseignements sur ces deux peintres, outre les biographies que l'on peut trouver dans wikipedia !


Cliquez sur le mot en rouge pour voir les oeuvres d'Odilon Redon.

Et cliquez ensuite sur le mot écrit en rouge pour ce qui concerne Maurice Denis.

lundi 21 janvier 2013

LES VIEILLES VOITURES




Devant l'entrée de l'hôtel Carlton, à Cannes, on expose toujours une voiture ancienne. celle-ci est une Citroën "Traction Avant" ... Ce fut la première voiture de mon père. Il l'avait achetée d'occasion. La "Traction" eut un succès fou. 

Souvenez-vous, il y eut même un "Gang des "Traction Avant" ! Il y en eut deux modèles : La onze chevaux et la Quinze .... 

Celle qui est exposée ici est un peu spéciale : Les exemplaires n'en furent pas très nombreux.










C'est un "coupé" et, à l'arrière, il y a un "spider" ... Mon oncle avait, lui, deux voitures et elles avaient aussi, chacune, un "spider", c'étaient des Peugeot. Le capot arrière pouvait basculer et découvrait alors une banquette à deux places, à ciel ouvert. Quand nous étions enfants, nous adorions monter dans le "spider" et nous faire fouetter le visage par le vent !

Est-ce que l'on construit toujours des voitures avec des "spider"? ... Ah ! ... Remonter la Croisette dans une voiture décapotable ! ... Et ceci, dans le "spider" !



Est-ce que l'on fait encore des voitures de couleur "prune" ? Cela vous a de la classe, tout de même !

La voiture de mon père ? ... Un jour, les freins ayant été mal serrés, elle glissa dans le fond du canal, devant notre maison : Heureusement, la marée était basse ... Nous l'avons remontée en tirant sur des cordes. Tous les passants nous ont aidés ... Et puis, un autre jour, la culasse se fendit et mon père se débarrassa de sa voiture : Il l'échangea ... Contre une paire de draps usagés ... !


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samedi 19 janvier 2013

LE CLOWN DE BERNARD BUFFET.





Le clown ... Oui, l'homme est un clown ! ... Un clown triste parce qu'il tente de se prendre au sérieux et parce qu'au fond de lui-même, il sait qu'il n'est qu'un clown ! 
Bernard Buffet, que l'on peut, de temps en temps admirer à la Galerie du Carlton est triste, et rageur.

On songe à la chanson qui fut un "tube" il y a quelques années : "J'suis bidon ..." 
Désespoir ...






Mais, le même Bernard Buffet fait exploser les formes et les couleurs dans ses bouquets de fleurs ... 
"J"suis bidon" ... Peut-être, mais il y a, dans la vie, quelque chose qui mérite d'être vu !

Lorsque Bernard Buffet sera touché par la maladie, lorsqu'il saura qu'il ne peut plus prétendre
à la beauté ... Il se suicidera ...  





Toujours à la galerie du Carlton, on expose Jean-Gabriel Domergue : L'éclairage est mauvais pour la photo, mais nous vous la proposons tout de même car il s'agit d'une autre façon "d'être bidon"
.... toilette sophistiquée ... attitude maniérée ... Bijoux ... Regards langoureux ... dénudé étudié : Le clown n'est pas loin !





Très belles toilettes, chez Dior ... Mais, au bout du compte ... S'agit-il d'autre chose que du petit chapeau du clown ?





Chez Louis Vuitton, sur la Croisette ... Des clowns encore .... De beaux clowns, mais des clowns !





Bien que ... À la réflexion ... Ces belles robes et ces jolies tenues ... Àprès tout ... Jouent-elles un autre rôle que le bouquet de fleurs de Bernard Buffet et ... N'est-ce pas grâce à elles que la vie vaut d'être vécue ?

                                *
                 
          J'sui bidon ... Chanson d'Alain Souchon

Elle croyait que j'étais James Dean
Américain d'origine
Le fils de Buffalo Bill
Alors admiration
Faut dire que j'avais la chemise à carreaux
La guitare derrière dans le dos
Pour faire le cow-boy très beau
Mais composition

Elle me parlait anglais tout le temps
Je lui répondais deux trois mots bidon
Des trucs entendus dans les chansons
Consternation …

Elle croyait que j'étais coureur
Que j'arrivais des Vingt-quatre Heures
Avec mon casque en couleur
Alors admiration
Je lui disais drapeau à damier
Dérapage bien contrôlé,
Admirateur fasciné
Télévision

Elle me dit : partons à la mer
Dans ton bolide fendant l'air
Elle passe pas le quatre-vingts ma traction
Consternation ...

Je suis mal dans ma peau
En coureur très beau
And I just go with my pince à vélo
J’suis bidon. J’suis bidon.

J’suis qu'un mec à frime
Bourré d'aspirine
And I just go with my pince à vélo
J’suis bidon. J’suis bidon ...

                             *** D'AUTRES LECTURES BRÉVES ? - CLIQUEZ SUR LE MOT ÉCRIT EN ROUGE.

vendredi 18 janvier 2013

LES ÎLES DE LÉRINS





                                                                    
                                                                                Saint Honorat.


LES ÎLES DE LÉRINS


-   - «  Comment je les sais, toutes ces histoires que je raconte ? – Eh ! C’est comme la recette de la pissaladière, tenez : On se la transmet de mère en fille, de voisine à voisine, de commère à commère … Ces histoires, ça traverse les générations ! »

Mon ami Jean-Pierre était assis, déjà, au bout de la longue table recouverte d’une toile cirée. Il avait déjà le couteau et la fourchette en main. Sa femme avait sorti du four le plateau de cuisson, un long plateau qu’elle tenait devant elle. Elle avait son tablier blanc et protégeait ses mains de la chaleur avec des torchons à petits carreaux rouges et blancs.

-   - « Sentez-moi ça … Elle sent pas bon, ma pissaladière ? »

Ma foi, ça sentait l’oignon, l’huile d’olive et les anchois … C’était une odeur d’autrefois, venue du fond des temps. Jean-Pierre remplit son verre d’un vin de sa vigne, plus que blanc … Limpide.

La Marie continuait :

-   « Ce n’est pas une histoire que je vais vous raconter aujourd’hui … Ce n’est pas une histoire puisque c’est vrai … Oh ! ça se passait il y a bien longtemps : On m’a dit que c’était en l’année quatre cent dix, quatre cent dix ans après la naissance de Notre Seigneur Jésus Christ. Ce n’était pas loin d’ici, puisque c’était aux îles de Lérins, juste devant Cannes.

En ce temps-là, il y avait beaucoup de pèlerins et tout le monde avait la foi. On bâtissait beaucoup de monastères … Je suppose aussi que c’était, quand on se faisait moine ou religieuse … Je suppose que c’était un bon moyen, outre celui de sauver son âme … de sauver son corps aussi : Les famines étaient fréquentes et, dans un monastère, on trouvait toujours du lard, des choux et du poisson conservés dans les saloirs …

Bref, en l’an 410, deux pèlerins, de retour d’Extrème-Orient arrivent par bateau jusqu’aux îles de Lérins et s’établissent sur l’une d’entre elles, que l’on appelait alors Lérina. Ils bâtissent sept chapelles entourées de cellules monastiques. Le premier de ces deux religieux s’appelait Honorat et l’autre Caprais … On dit maintenant saint Honorat et saint Caprais, et l’île Lérina est connue sous le nom de Saint-Honorat. Le rayonnement de l’abbaye ainsi fondée devint si grand que l’on construisit sur Léro, l’île voisine un Prieuré pour accueillir plus de disciples. »

-   « Lérina et Léro … Je comprends bien que la première soit appelée Saint Honorat de nos jours, mais l’île voisine, Léro … Pourquoi l’appelle-t-on de nos jours l’île Sainte-Marguerite ? »

-   «  Ah ça ! C’est une tout autre histoire et je ne sais que penser : On n’a jamais rien trouvé, ni parchemin, ni capitulaire, rien qui puisse servir de preuve … On dit qu’Honorat avait une sœur, qui s’appelait Marguerite … Pourquoi pas ? – Mais après cette histoire devient étrange et je ne sais ce qu’il faut croire …

-   Vous avez lu les conteurs de la Renaissance ? … Les conteurs Italiens surtout : Leurs histoires sont remplies d’aventures plus ou moins graveleuses : Des abbesses qui font entrer dans leur cloître un jeune abbé et font tant et tant de gracieusetés avec lui qu’il est maigre comme un hareng, épuisé lorsqu’il parvient à s’échapper … Des religieuses que l’on dissimule sous une soutane d’abbé … Bon, n’y voyons pas de mal : La nature humaine est ce qu’elle est.

-   - «  Mais je ne vois pas pourquoi vous me racontez ça ! »

-   - « Ben …Marguerite était-elle vraiment la sœur d’Honorat ? … Toujours est-il qu’elle aimait tant celui-ci qu’elle voulut absolument se rapprocher de son « frère ». Elle lui demanda l’autorisation de construire un couvent sur l’île de Léro pour y installer une communauté de femmes : Ainsi ils pourraient se voir puisqu’ils s’aimaient tant … C’est là que je me montre un peu suspicieuse … Elle insistait tant que cela me fait réfléchir … Apparemment, Honorat était comme moi : Il ne répondit que prudemment : Il donna son accord, mais ce fut à la condition que l’on ne se verrait qu’au moment … de la floraison des amandiers !

-   Tu parles ! … L’histoire raconte qu’à partir de ce jour-là, sur L’île de Saint Honorat et sur l’île de Sainte Marguerite, les amandiers se mirent à fleurir chaque mois !... Ah ! En ce temps-là, il y en avait, des miracles ! Je crois que cette histoire vaut bien celles qui nous sont parvenues par l’intermédiaire des conteurs italiens de la Renaissance … Non ?

-   Toujours est-il que l’abbaye de Lérins devint l’une des plus puissantes de la Chrétienté occidentale : Elle était propriétaire de toute la contrée cannoise et bien au-delà.

-   Maintenant, il faut que vous alliez sur les îles : Le voyage en vaut la peine … Ces îles protégées sont de vrais petits paradis ! Et puis les moines cultivent des vignes qui fournissent des vins … Je ne vous dis que ça ! En dehors de la saison touristique, allez-y : Il n’y a presque personne, vous aurez toute tranquillité … Pour effeuiller la marguerite si bon vous semble !

                   Cette période du Ve et VIe siècle est dite « l'âge d'or » de Lérins puisque de très nombreux frères sont canonisés et donnèrent leur nom à des lieux qui étaient précédemment des lieux de culte celto-ligure : Saint Vincent le Lérins, Saint Hilaire, Saint Fauste, Saint Eucher de Lyon, Saint Salvien, Saint Leu, Saint Césaire, Saint Maxime, Saint Aygulfe, Saint Cassien et Saint Germain.( Site Cannes Select).
-    

– « Et maintenant, goûtez donc ma pissaladière, que le Jean-Pierre il est en train de s’empiffrer et qu’il n’en restera pas un morceau !» 

-                                                           *

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mercredi 16 janvier 2013

LE MASQUE DE FER




SOTTIE
                    (Tous droits réservés Michel Savatier)

          Je vais vous conter une petite histoire. C’est à Cannes que cela se passe … Je ne sais plus en quelle année exactement, mais c’était il n’y a pas très longtemps. Écoutez bien, car ma petite histoire vaut bien son pesant d’or !

          C’était un samedi … Un samedi après-midi. À la mairie, il y avait réunion du Conseil Municipal ( Avec des majuscules, s’il vous plaît, parce qu’il s’agissait de présenter le budget pour l’année en cours … Rien de moins !) … Monsieur le Maire était déjà assis dans son fauteuil  ( Beau fauteuil de Ministre … Eh ! Eh ! Sait-on jamais !). Messieurs les Conseillers Municipaux entraient un à un, chacun ses dossiers sous le bras.

          Ils étaient tous assis … Enfin presque tous, car il en manquait un. Il ne tarda pas à entrer dans la salle des délibérations, bon dernier, mais nanti comme les autres de lourds dossiers. C’était un petit homme, tout fluet, tout timide … Il était notaire, je crois, et c’est pour cela qu’il avait le teint tout pâle … Dame, il passait plus de temps dans son étude que sur les chaises bleues de la Croisette !

                              

-   - «  Mes chers amis, commençait Monsieur le Maire ( Costume trois pièces, veston croisé, nœud de cravate impeccable ! )  Mes chers amis, nous sommes réunis pour discuter le budget de l’année qui vient … »

          Il ne put continuer : Le petit notaire, à l’autre bout de la longue table, levait la main droite pour demander la parole. Tout le monde en fut surpris et je crois bien que lui-même en fut le premier étonné …

- «  Monsieur le Maire je voudrais demander l’autorisation de présenter une requête préalable. Je n’avais pas eu jusqu’à maintenant l’occasion de la présenter au Conseil Municipal, mais le résultat de cette requête peut avoir une incidence sur le budget qui va nous être présenté … » 

          Comme, après tout, ce notaire ne s’était jamais rangé dans les rangs de l’opposition à la Municipalité Monsieur le Maire, quoique bien surpris, accorde la parole à l’intervenant … À condition qu’il soit bref en son exposé ( Le vin d’honneur était en préparation dans la salle à côté : On entendait cliqueter les verres et les bouteilles …)

          Notre notaire bafouillait bien un peu, mais, reprenant sa respiration à chaque phrase, d’une voix mal assurée il lisait sur sa feuille de papier qui tremblait :

       - « Monsieur le Maire, Messieurs les     Conseillers" ( Il en oubliait les quatre adjoints au  Maire, qu’il aurait bien dû citer avant les Conseillers ) …

          Bref, on comprit qu’il proposait, pour accroître le flux des visiteurs et des touristes qui venaient jusqu’à note cité … D’élever une statue   ( La plupart des défunts Maires de la Cité ayant déjà la leur ici ou là … Ou à tout le moins, un buste ou une plaque de marbre avait été scellée en quelque endroit pour honorer leur mémoire … Quelques-uns ont été honorés d’une statue équestre même ! )



            Mais … Comble d’ingéniosité, le Notaire proposait d’élever une statue monumentale en l’honneur de l’hôte le plus célèbre de la cité : L’Homme au Masque de fer !


     Messieurs les Adjoints, Messieurs les Conseillers, Monsieur le Maire, tous comme un seul homme, se dressèrent tant ils étaient stupéfaits : C’était vrai, personne n’y avait jamais pensé, mais L’Homme au Masque de fer est mondialement connu, c'est l'homme le plus célèbre de la Cité  : Alexandre Dumas l’a fait connaître dans son célèbre roman : « Le Vicomte de Bragelone » et d’autres ont répandu son nom. Mais pouvait-on élever un monument à quelqu’un que personne ne connaît ? – Nul ne sait qui était  l’Homme au Masque de Fer, lequel avait, au temps de Louis Quatorze été emprisonné dans la citadelle de l’île Sainte Marguerite avant d’être transféré à la Bastille  et d’y finir ses jours.

- « Justement, s’écrie le Premier adjoint, chargé de la Culture et tout à la fois du Tourisme … Justement, l’énigme crée l’intrigue … Il faut élever ce monument qui va attirer les foules jusqu’ici ! »

Le brouhaha devenait intense. Le petit Notaire s’était rassis sur sa chaise : Son front était devenu tout rouge et il baissait la tête.

-   - « Il faudra tout de même apposer des plaques sur lesquelles seront gravées les hypothèses les plus sérieuses quant à la personnalité du 
« Masque de fer » dit le premier Adjoint : Un frère aîné du Roi, qui aurait été débile … Un bâtard de la Reine-mère dont le père aurait été le Cardinal Mazarin lui-même … Un bâtard de la Reine dont le père aurait été le Duc de Buckingham …. Le comédien Molière, Jean-Baptiste, qui aurait déplu à cause de sa pièce, « Le Tartuffe » … Le Comte de Vermandois, fils de Louis XIV et de Melle. de La Vallière … Le Surintendant Fouquet, destitué après l’inauguration de son château de Vaux-Le-Vicomte    Un simple valet, appelé Eustache Danger 
-   ( Tu parles d’un nom prédestiné ! ) »

          Au sein du Conseil Municipal, c’était à qui soutiendrait son opinion, présenterait ses arguments … On en serait presque venu aux mains! Monsieur le Maire agitait sa sonnette : 
        - « Messieurs, Messieurs … Chers amis » … Personne ne l’entendait : On n’entendait même plus les verres ni les bouteilles qui, tout à l’heure s’entrechoquaient dans la pièce à côté.

                                  


          Bref, faute de pouvoir s’accorder, on décida que le budget de la Commune était adopté dans l’état où Monsieur le Maire l’avait proposé … Sans adjonction des sommes qui auraient été nécessaires pour l’édification de la statue. On décida tout de même de nommer une Commission pour étudier les choses … Et l’on passa dans la pièce à côté ! Le Notaire avait été nommé Président de la Commission ainsi créée et on lui avait assuré qu’une prochaine promotion de la Médaille du Mérite National viendrait récompenser son idée géniale.

          Et c’est ainsi qu’aucun monument ne fut édifié … Certains pensent que c’est bien dommage. Mais aussi … Comment voulez-vous représenter un personnage dont on ne sait à qui il a bien pu ressembler de son vivant ? – Aucun sculpteur n’aurait engagé pareille affaire ! 

             Mais qui eut l’idée, pour ajouter à l’imbroglio … Qui eut l’idée de faire apposer sur la porte de la citadelle du Suquet … Une plaque de marbre assurant que l’Homme Au Masque de Fer, ayant réussi à s’évader de sa prison de Sainte Marguerite, était allé se réfugier au Suquet … Pour y finir pieusement sa vie ? … Le prisonnier de la Bastille n’aurait été qu’un pauvre hère qui ne sut jamais, probablement, pourquoi il était enfermé. On l’enterra à Paris, dans le cimetière saint Paul …

          Cela ne fait rien : j’aurais bien vu cette statue ( Aurait-on ajusté sur son visage un masque de fer ou un simple loup de velours, comme il est à peu près certain que fut celui qu’il porta ?) …

           J’aurais bien vu cette statue au Palm-Beach, juste en face des îles de Lérins où il fut enfermé … Et tout juste bien placée pour attirer les touristes et les faire entrer au Casino ! Il est vrai que les propriétaires des deux autres casinos de la ville auraient certainement protesté …
  

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lundi 14 janvier 2013

ANDRÉ GIDE À SAINT HONORAT





8 DÉCEMBRE 1915 - "Mon émerveillement d'enfant au premier eucalyptus en fleurs. Nous venions d'arriver à Hyères. Je courus vite jusqu'à l'hôtel et n'eus de cesse que je n'eusse emmené ma mère contempler avec moi ces fleurs merveilleuses. Il me faudra redire les promenades que je fis en ce temps-là aux îles. Le souvenir le plus enchanté de mon enfance est peut-être celui des instants, des heures, que je passai , dans l'île Sainte Marguerite (ou Saint Honorat), penché sur les rochers au bord de l'eau, à contempler cette féerie que représentaient, en ce temps, les aquariums naturels, entre les roches."











Anémones, étoiles, oursins, diapraient les parois jusqu'à des profondeurs où ne les distinguait plus distinctement le regard ; tout palpitait selon le rythme des vagues, mais il y avait des abris où ne parvenait même plus la plus molle ondulation de la mer, là, la bête et la fleur respiraient avec indolence ;






sortant d'antres obscurs, on voyait, en demeurant longtemps silencieux et immobile, se hasarder des animaux bizarres, presque un peu effrayants.







Je restais ainsi, sans bouger, perdu dans une contemplation - Je devrais dire : une adoration  - dont ne me tirait, vers le soir, que l'appel de Marie pour le bateau du retour.








Je crains bien que ces bords des îles, si ravissants au temps de ma jeunesse , n'aient été aussi tristement abîmés que les environs immédiats de Cannes même ; comme le furent aussi les côtes d'Angleterre dont parle si bien Edmund Gosse dans "Father and Son" ; et comme tous les lieux les plus souriants de cette terre., aussitôt que l'homme a commencé de s'y vautrer.






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