lundi 31 octobre 2011

LES MONSTRES


INVENTAIRE :



Un gant de cuir
Hors d'usage
Une bonne demi douzaine de téléviseurs
Un bureau en bois de pin
En bon état
Quelques dizaines de bouteilles en matière plastique
Évidemment
Cinq ou six bouteilles en verre
Ayant contenu des alcools forts
Une machine offset
Sans doute en mauvais état
Deux fauteuils en bois
À repeindre
Quelques canettes de bière ou de coca cola
En aluminium
Une bonne trentaine de petits sacs noirs noués soigneusement
Contenant des crottes de chien
Quelques livres
Quelques catalogues
Des tracts invitant à voter pour les primaires
Trois ou quatre pots de peinture
Vides
Tout le mobilier d'une maison que l'on a vidée
Après vente
Et j'en passe
C'est ce que l'on trouve le matin de bonne heure
Sur les trottoirs du Cannet
Le matin de bonne heure
Ou dans la soirée

Un camion doit ramasser tout ça
Puisqu'en général ça disparaît dans la journée
À moins que sous le souffle d' un bon génie ...


vendredi 28 octobre 2011

CHAGALL







Pourquoi toutes ces galeries d'artistes ? - Parce qu'il y a des gens pour les fréquenter, donc des gens qui ont du temps pour la contemplation ... Touristes, retraités, promeneurs. Il y a beaucoup de retraités sur la Côte d'Azur. Inoccupés, ils cherchent à se donner des objectifs, à ne pas sombrer dans la catégorie de ceux que je ne sais plus quel auteur sud-américain rangeait dans la catégorie des "vieillards en pots" ... Vous savez : Ceux qui sont assis sur une chaise, devant leur porte, quand il y a du soleil. On les rentre avec leur chaise quand il pleut.

Ceux qui flânent sur la Croisette ou la rue d'Antibes, ne les appelez pas des "vieillards", ils n'en sont pas encore là et refusent l'avancée du temps.

Alors, ils sortent leurs petits chiens et vont "faire" la Croisette. Ils ont bien raison, la Croisette, c'est superbe. On peut même "faire "la Croisette en vêtement de sport ... ça fait plus jeune, plus vigoureux ... On peut même esquisser un "jogging"...

- "Tu comprends, je me dis que si je suis encore capable de jogger aujourd'hui, je serai encore capable de le faire demain. le tout, c'est de ne pas se laisser attaquer par la corrosion ..."

Il y a des chaises bleues. Elles sont alignées tout le long de la Croisette. Certains les tirent à l'ombre, au pied d'un palmier. De quoi parle-t-on ? - J'ai l'impression qu'on parle peu : On sacrifie au soleil ... C'est comme devant la télévision : On se laisse baigner ... Mais si l'on parle, c'est probablement de la dernière réception chez des amis ou du dernier voyage que l'on a fait au Maroc. De temps à autre, on arpente la rue d'Antibes : On va peut-être chez le bon chausseur, à moins que l'on ne se fourvoie à la FNAC pour s'émerveiller devant les nouveautés. On passe devant les galeries d'art. Peu de gens y pénètrent, mais l'on joue les amateurs éclairés devant les tableaux en vitrine. Les galéristes les changent presque tous les jours.

Aujourd'hui, comme les autres, je vais au Miramar pour écouter une conférence. L'organisation est assurée par une association qui s'intitule, un peu pompeusement il est vrai :

"Association des Conférences d'Enseignement Supérieur de Cannes"

Bah ! Pourquoi pas, après tout ? C'est l'équivalent de ce que l'on appelle, à peu près partout en France les "Universités du Temps Libre", dénomination tout aussi pompeuse. En fait, elles proposent véritablement des conférences de qualité, données souvent par des universitaires qualifiés. Le seul inconvénient, c'est qu'elles font alterner la plupart du temps des conférences qui n'ont rien à voir les unes avec les autres : On passe aisément de la psychothérapie à l'histoire du Japon, puis de celle ci à l'histoire de l'art. J'ai dû, à l'Université du Temps Libre de La Rochelle, subir au cours de la même année trois conférences sur Mallarmé ... Ah Mallarmé!

Aujourd'hui, à la salle Miramar, c'est de Marc Chagall que l'on nous a parlé. Le conférencier, Monsieur Christian Loubet est professeur en "Histoire de l'Art et des Mentalités" à l'Université de Nice. Ce monsieur connaît son sujet. Il nous a projeté toute une série de tableaux sur son écran. J'aime Chagall, mais je me posais jusqu'à maintenant beaucoup de questions à son sujet: Je le trouve dessinateur médiocre : les silhouettes sont esquissées plutôt que dessinées : On pense à une B.D. C'est le jeu des couleurs, ce sont les postures, irréelles souvent, c'est la joie et l'espoir exprimés qui font la valeur de l'oeuvre. Les personnages ? - Peu nombreux en vérité : La fiancée, le violoniste, le moujik, les paysans ... Mais on admire que Chagall ait pu conserver la magie en soi et, malgré les vicissitudes, les horreurs de l'époque, on admire qu'il ait encore pu faire voler les amoureux dans les airs, faire danser les gens, les faire s'enivrer de joie et de vin ...

Chagall ne peint pas ce qu'il voit : Il peint ce qu'il conçoit, et cela dépasse la réalité pour aller au delà du rêve. Certains artistes peignent ce qu'ils voient et, parmi ceux là, ceux qui sont grands peignent ce qu'ils ressentent,. Ils élargissent la création et nous parlent du Créateur, ou nous parlent des hommes. D'autres, et ce sont les véritables poètes, peignent un autre monde, d'autres hommes, d'autres femmes, d'autres vies, et c'est leur imaginaire qu'ils projettent sur la toile. Chagall appartient à la seconde catégorie d'artistes : C'est la fiancée qui le transporte de bonheur et c'est pourquoi il est juché sur ses épaules, et c'est pourquoi il s'enivre de joie ... C'est pourquoi il brandit un verre de vin. Il y a des analogies entre Chagall et Peynet. Je crois que le second est le fils du premier : Pour tous les deux, le bonheur est espoir et en même temps présence ... Les amoureux volent comme les oiseaux, comme les anges, et le violoniste accompagne le bonheur. Quand les villes brûlent, pour Chagall, il y a encore du bonheur dans l'air, il est pour demain. Ce qu'il y a de plus chez Chagall, c'est la couleur, les couleurs ... Chagall excelle dans le vitrail. Les couleurs créent le bonheur. Et ce sont les couleurs qui font que le tableau va beaucoup plus loin que le dessin.

Il faudrait pousser plus loin la réflexion, revenir aux oeuvres ... S'abandonner au rêve ... Alors, le dessin n'est plus que mise en scène : L'espoir et le bonheur sont le tout.

Au bout du compte, ces conférences pour retraités ne sont pas inutiles. Elles seraient même profitable à de plus jeunes. Pourquoi faut-il cette ségrégation entre les générations ? - Il y a du bonheur à chercher ensemble, avec tendresse.





jeudi 27 octobre 2011

MICHEL JOUENNE




Son atelier, paraît-il, se trouve à Saint Rémy de Provence. C'est le peintre des collines, des oliviers, des amandiers, des vignes ... C'est le peintre des marchés de Provence, de leurs fruits, de leurs fleurs, de leurs parasols colorés.

Mais Jouenne est aussi le peintre de la mer. Il a, du reste, le titre de peintre de la Marine et donc, à bord des navires de "la Royale", il a rang d'officier. Il est vrai que son patronyme sent les embruns et l'air breton à pleines narines : Le goémon ...

Je me souviens d'une toile superbe, un enchantement ... Une vague, tout simplement, une vague qui venait mourir sur le sable ... Transparences, reflets, dentelles de bulles et d'écume, broderie, légèreté, douceur ...

Quand la vague se retire, sur la grande plage de Saint Trojan , en Oléron ...Sous le soleil ...

Cette fois, à l'exposition, dans la galerie de la rue d'Antibes, c'est un aperçu de mer, un sillage deviné. Le sillage sans doute d'un chalutier remontant son filet, mais on ne voit rien du bateau.
C'est une gerbe de mouettes, un feu d'artifice d'oiseaux ... Gerbes, bouquets ... De mouettes qui plongent, repliant leurs ailes, puis remontent en les déployant. Combien de mouettes ?

Écoutez bien ... Vous allez les entendre crier !

Les oiseaux de mer sont les âmes des marins péris en mer. Elles ne sont pas tristes, ces âmes ... Mais déchirantes.

La mer bouillonne ... Le ciel pâlit ... Il me souvient ...

Le 7.10.11

JEAN-GABRIEL DOMERGUE





Les mondaines de ce genre sont un peu passées de mode en ce moment, mais elles sont superbes.
-"Celles de Jean-Gabriel Domergue doivent bénéficier de deux ou trois vertèbres de plus que le commun des mortels, disait ma voisine de Saint-Georges d'Oléron."

Elle avait en effet un tableau, accroché au mur de son salon fleurant le salon bourgeois du Dix neuvième siècle un peu fâné.

-" Ce sont ces deux ou trois vertèbres supplémentaires qui les allongent et les rendent si élégantes ... "

Quoi qu'il en soit, chapeaux, voilettes, évanescence, couleurs pastel ... Extrème sophistication et robes de grands couturiers ...

Ce sont nos geishas ... Mais les geishas, dans l'Empire du Soleil Levant ... Les geishas, n'ont elles pas pratiquement disparu, elles aussi ?

MARIE LAURENCiN









Blancs Pierrots lunaires

Absence de traits

Un songe ...

mercredi 26 octobre 2011

BERNARD BUFFET





Un guerrier casqué, galonné, portant brandebourgs et fourragère ...


Tous les traits sont agressifs, verticaux, acérés.


Sévérité des lignes noires, rouges et jaunes ...


On comprend la passion des Japonais pour Bernard Buffet : Ils ont en mémoire des sabres et


des cuirasses,des kamikases et des harakiris ...

... Mais ils ont aussi des geishas !

Le 6.10.11

LA CONTREBANDE ?




Savez vous ce qui a changé dans l'environnement, quand vous venez du Sud-Ouest et que

vous débarquez en Provence ?

Les paquets de cigarettes vides qui traînent dans les caniveaux :

Dans le Sud-Ouest, les mises en garde obligatoires sont rédigées en Espagnol

En Provence, elles sont rédigées en Italien ....

mardi 25 octobre 2011

FEMME NOIRE




Splendide !

Déesse noire, souple, grande, vive

Vêtement moulant le corps et les jambes

Talons très hauts

incroyablement hauts

Démarche irréelle

Trop de maquillage

Trop de bimbeloterie

Il lui reste quelque chose à conquérir ...

Le 6.10.11

MENTON





Certaines villes ont une couleur, une odeur, un costume ou des costumes, et même une température, une atmosphère …

Vous allez à Menton ? … Jaune, indubitablement et sans aucune hésitation : Jaune d’or, plus jaune que l’or … Le soleil, les chapeaux de paille, les mimosas en février, les pièces de monnaie aux guichets du casino.

Ocres : Ocre jaune et ocre rouge aux façades de la vieille ville. Bleu, bien sûr, le bleu de la Méditerranée. Blanc des palais « Belle Époque » : Le palais du Louvre, le palais d’Orient, le palais Carnolès, le palais Gléna, Winter-Palace, Riviera, Lutecia, Imperial … Que de balcons, que de fenêtres face à la mer !

Menton sent le citron, le citron … Jaune, jaune d’or ! À Menton, les avenues sont bordées de citronniers, d’orangers et de mandariniers. À Menton, pour le carnaval, on construit des chars, des monuments et des monstres débonnaires, ornés de citrons, d’oranges et de mandarines. Mais le parfum du mimosa ! Et l’odeur de la mer, alors !

Vous avez dit Menton ? - Chapeaux de paille, évidemment : On les appelle des panamas, je ne sais trop pourquoi ; on pourrait tout aussi bien les appeler autrement. Capelines pour les femmes, ou chapeaux niçois si vous voulez … Mais ici, ce n’est pas Nice. Chapeaux hauts-de-forme aussi et peut-être plus encore … Bicornes, tricornes … Avec plumets et sans plumets. Bonnets à poil, peut-être … Épaulettes garnies, passepoils, baudriers, ceinturons et galons : Ambassadeurs, officiers de haut rang, importants industriels, sabres, épées, glands dorés et gants blancs. Robes fourreaux, boas de plumes, escarpins à talons hauts…

Caniches toilettés, levrettes fragiles, chevaux à robes lustrées, calèches ou cabriolets, capotes baissées, éventails. Les domestiques et les grooms sont discrets, mais portent tunique et pantalon rayé d’un filet rouge.

On parle l’anglais, on parle le russe, on parle l’italien, on parle le français qui est de bon ton. Les cannes sont d’ébène à pommeau d’ivoire ou d’argent. Le cou des dames est orné de perles et de diamants, le gilet des hommes est barré d’une chaîne d’or. Certains portent monocle, d’autres lorgnon. Quelques amours de jumelles ou de lorgnettes ornées de nacre … Dame, on les pointe sur les voiles qui s’inclinent devant la Promenade du Soleil.

J’ai dit « jaune », évidemment : C’est pour son soleil que l’on vient à Menton et l’on y vient surtout en hiver, bien sûr !

Mais j’ajouterai le vert, tous les verts même : Aux pentes des montagnes proches, c’est toute la gamme qui fait écrin. En janvier ou février, il peut encore y avoir quelques écharpes de neige : hermine … Leur luxueuse présence renforce le plaisir de la température ressentie. Et puis, les jardins et les parcs : Jardins de la Madone, jardins de Val Rhameh, jardins de Carnolès, jardins Biovès, les Colombières, le Clos du Peyronnet, Maria Serena, Fontana Rosa : Citronniers et orangers, mandariniers, pamplemousses, palmiers, aloès et cactées … Fleurs jaunes, fleurs rouges … Et même des roses en février ! – Si, si, il y en a encore quelques-unes !

J’y insiste : Menton, son casino, le Palais de l’Europe, la Promenade du Soleil, celle de Garavan, l’abbatiale Saint Michel, la rue Carnot et … Et … Comment y va-t-on ?

Eh bien, allons-y par le chemin de fer … Ah bien oui ! Le chemin de fer, quand on demeure à La Rochelle !

Souvenez-vous, pour aller à Séville par voie aérienne, vous avez décollé en direction de … Londres ! – « Low-cost » oblige ! Eh bien, pour aller de La Rochelle à Menton, par le train vous passez … Par Paris ! - Vitesse oblige : Passer par Bordeaux, Toulouse et Marseille, c’est beaucoup plus court et plus logique, mais cela vous obligerait à emprunter des trains express régionaux, beaucoup plus lents et s’arrêtant à toutes les gares. Cela vous obligerait aussi à changer de train au moins trois fois, en traînant vos bagages sur les quais et ahanant dans les escaliers des passages souterrains : Descendre aux enfers et remonter péniblement vers le jour … Bref … (Si l’on peut dire !) En passant par Paris, vous gagnez plus de trois heures et beaucoup de quiétude. Il est vrai qu’à Paris, il faut changer de gare, prendre un bus pour cela et puis reprendre le T.G.V. à la gare de Lyon …

De La Rochelle à Paris, le train ne s’arrête que trois fois : Niort, Poitiers, Saint Pierre des Corps. On a aperçu les immeubles de la périphérie de Tours, et puis on a traversé de vastes plaines à céréales. Là où l’on aurait pu jouir du panorama, que l’on sait délicieux, des arbres, souvent, cachaient la vue … Dommage ! On approche assez vite de Paris : Les passagers s’agitent dans les couloirs, récupèrent les vêtements sur les étagères des porte-bagages :

« Tu oublies ton écharpe : Elle était sous ta veste ! »

Files serrées, groupements impatients. Quelques voyageurs philosophes restent assis. Certains, même, ont jugé qu’ils avaient encore le temps de terminer leur lecture. Ce sont les sages.

Paris, gare Montparnasse. – « Où se trouve la porte donnant accès aux autobus » ? – « Là » : Descendre les escaliers … Esplanade, La tour … Il pleut.

« Prendre le 91 ! »

Des terrasses de cafés, des vitrines de magasins …

« Combien de stations encore ? »

Bon, cela s’est bien passé, nous sommes à la gare de Lyon … Je vous passe le récit de ces instants, vous connaissez :

« Regarde tes billets : Quel est le numéro de la voiture ? »

Bon, nous avons trouvé nos places. Le train avance, doucement d’abord, puis il prend de la vitesse au moment où apparaissent les bâtiments des zones industrielles … C’est parti. Il n’y a plus qu’à se carrer dans son siège et laisser aller.

Je reprends ma lecture … Ah ! oui, je ne vous l’avais pas dit : Depuis La Rochelle, je lis « La Semaine Sainte », de Louis Aragon : Prose superbe. C’est le récit du retour de Napoléon, après son exil à l’île d’Elbe : La remontée vers Paris, un fourmillement de troupes, de généraux, de maréchaux, de cavaliers épuisés, de fantassins boueux. S’en va-t-on vers Calais ou bien vers Lille ? Où est le Roi ? Où est l’Empereur ? … Pas facile de suivre le fil ! De la Rochelle à Paris, ça allait encore : On était tranquille. Mais à partir de Paris ! … Comment voulez-vous que je m’y retrouve parmi tous ces Princes, parmi tous ces Ducs, tous ces Barons, ces Commandants et ces Capitaines ? D’autant qu’ils emmènent pour la plupart, soit leur épouse, soit leur maîtresse : Vous savez encore vous, qui était le Prince de la Moskova ? Qui, Marmont ? Qui le général Ruty ? Quelqu’un se souvient-il que Macdonald n’a pas toujours été le propriétaire d’une chaîne de restaurants « fast food » ? - Qui prenait Madame de Visconti pour une productrice de cinéma italienne ? - À tout ce monde-là se mêle Théodore Géricaud, le peintre, dont il faudrait se souvenir qu’il fut Mousquetaire gris, avant de peindre le « Radeau de la Méduse ! !

Dans le calme, on parvient à suivre, à voir à travers cet essaim échappé de son nid et qui bourdonne dans tous les sens … Mais quand vous avez, à votre gauche, un quarteron qui ne cesse de rire à gorges déployées, en s’en racontant « de bien bonnes » ! – Je ferme le livre au premier arrêt : Ah oui ! Nous devons être à la hauteur de Lyon. Je ne me souviens plus du nom de cette nouvelle gare, en rase campagne : Béton, triste béton ... On ne s’arrêtera plus avant Avignon, puis Aix-en-Provence. Regarder le paysage ! Ah bien oui ! – Le paysage ! Le soleil gênait ma voisine : Elle a tiré le store. Plus de paysage ! J’essaye de sommeiller, mais aller donc sommeiller quand les conversations vont si bon train ! – En prendre son parti.

Après Aix-en-Provence … On ne vous l’avait pas dit ? … Après Aix, le T.G.V. roule à la vitesse d’un T.E.R. J’ai été surpris : Il ne s’arrête ni à Marseille, ni à Toulon je crois. Où ai-je aperçu la Méditerranée pour la première fois … Si bleue, (Ah ! Je vous y prends, vous l’attendiez, cet adjectif ! - N’est-il pas vrai ?)

Aix-en-Provence, Les Arcs-Draguignan, (Tiens, j’ai laissé passer Le Cannet-des-Maures où j’ai vécu mes dix-huit ans au soleil des jeunes filles en fleurs !), Saint-Raphaël-Valescure, Cannes, Nice-Ville, Antibes … J’ai aperçu Marina-Baie-des-Anges (Après tout, peut-être pas si moche que ça, cette pyramide de béton ?), Monaco (Ah ! Monaco !), Roquebrune-Cap-Martin … J’en oublie peut-être, et je ne suis pas certain de les avoir citées dans l’ordre …

Menton … Enfin ! Il est dix-neuf heures ; nous sommes partis de La Rochelle à sept heures du matin : On aurait eu le temps d’aller à Los Angelès … par avion, il va sans dire !

Menton, c’est une ville d’artistes, tout le monde sait cela. Mais pourquoi faut-il que les édiles aient cru bon de couper la tête à tous les peintres, les sculpteurs, et, sans doute les écrivains qui ont fréquenté les promenades de la ville : Les jardins de Carnolès me donnent des frissons dans le dos lorsque, plongeant dans leurs collections d’agrumes, je me vois obligé de déambuler entre les alignements de têtes qui semblent avoir chu de l’estrade d’une guillotine ! – Têtes de pierre, il va sans dire, que le temps, le soleil et les pluies ont grisé de mousses et de lichens.

Et quand on parle d’artistes, on ne peut faire autrement que parler de Jean Cocteau. Je l’avais laissé à Milly-la-Forêt, il y a bien des années. Je l’y croyais toujours : Il était enseveli dans une chapelle dont il avait lui-même décoré les murs. Sur la dalle de sa tombe est écrit « Je Reste Avec Vous ». Il faut croire qu’il « reste avec nous », même quand on se trouve dans la ville française la plus éloignée de la région parisienne : « Je Reste Avec Vous » … C’est écrit aussi à Menton, sur une paroi du bastion qu’il a choisi pour lui servir de musée. J’aurais bien voulu voir la chapelle de Villefranche, qu’il a aussi décorée … Une autre fois !

Je n’ai pas une passion absolue pour Jean Cocteau, mais il faut reconnaître qu’outre son statut mondain et apparemment léger, on peut, sans hésitation, lui accorder le statut d’artiste … Qu’est-ce qu’un artiste sinon quelqu’un qui est fondamentalement angoissé, obsédé par le visage de la mort ? Pauvre Jean … Au bastion : Tapisserie d’Aubusson représentant, d’un dessin hallucinant et de couleurs agressives Judith portant, ensanglantée, la tête d’Holopherne, tranchée… Horreur splendide ! Sur les parois de la salle des mariages, à la mairie, de superbes scènes énigmatiques où ne peuvent se lire que l’épouvante, le désarroi et la détresse : Noces aux airs de fatales corridas … Désespoir d’Orphée : Eurydice s’évanouit aux Enfers ! Au plafond caracole le poète sur un fougueux Pégase qui l’emporte on ne sait où dans le temps et dans l’espace : Dans le vide … L’ange Heurtebise, déguenillé comme un sale gosse, lance les astres, par poignées, à la face du poète.

Pauvre, pauvre Jean qui n’a cessé de chercher les cœurs parmi les ors et les clinquants … Pauvre Jean, que l’épée d’académicien, arme d’opérette, n’a pas su protéger !

Sur la promenade, juste à côté du bastion, on construit un nouveau musée, de béton, pour abriter les œuvres du pauvre Jean.

- « Je vous livre le secret des secrets. Les miroirs sont des portes par lesquelles la Mort va et vient. Ne le dites à personne. Du reste, regardez vous toute votre vie dans une glace et vous verrez la Mort travailler comme des abeilles dans une ruche de verre. »

- « Ma démarche morale est celle d’un homme qui boîte, un pied dans la vie, un pied dans la mort ».

On entend : - « Maman, tiens-moi la main » !

Orphée, tu abandonnes ta lyre ? – Le clown est triste : Sur le mur du fond, dans la salle des mariages, la capeline de la mariée est de travers. À la place de l’œil du marié, Cocteau dessine un petit poisson … Pirouette ! Mais la pirouette ne dissimule pas les affres du poète.

Au fond, Jean Cocteau, je l’aime bien : Et qu’importent les cabrioles … j’irai, la prochaine fois, si je le puis, voir la villa dont il a décoré les murs, et puis, j’irai, nul doute là-dessus, j’irai jusqu’à Villefranche pour en visiter la chapelle : Ce n’est pas très éloigné de Menton.

Peut-être y retrouverai-je l’étoile qui suit sa signature:

- « Je reste avec vous ! »

En y réfléchissant bien, je crois que c’est cela Menton : Un éclat du soleil dans le coin d’un miroir, fugitif, trompeur…! - Grimaces des pantins de carnaval, en ce jour de février, et masques des enfants ! Le clown a besoin d’être mystifié, il le veut. Mais l’odeur et les ors des citrons, oranges et mandarines !

Grimace : Sur le trottoir de la Promenade, à petit pas, Carabosse pousse son déambulateur, à tout petits pas … Et ricane !

L'ARNAQUE





Devant l'éléphant de Salvator Dali ...


- "Monsieur, avez vous vu ce qui est à vos pieds ?"
Ici, j'arrange un peu la syntaxe de la phrase : Mon interlocuteur est étranger. Il y a beaucoup d'étrangers à Cannes. Celui ci est Yougoslave, me dira-t-il.

-"Je n'ai pas de travail. Il n'y a pas de travail à Cannes ... Peut-être à Marseille ... Je vais essayer d'aller à Marseille. Pour le moment, je couche à la gare de Cannes. "

L'homme a la quarantaine passée. Il est propre et convenablement vêtu, encore qu'il le soit légèrement, mais à Cannes, il n'est pas une exception. Le T. shirt est bien blanc, le pantalon n'est point chiffonné. Le visage est jovial et sympathique, les joues sont bien rasées : Le genre de type qu'on pourrait prendre pour un oncle ou un cousin.

-ça, ce qui est à mes pieds, je vois que c'est une bague, une large alliance en or. L'or, en ce moment, cela cote très cher. Je ramasse la bague.

-"Prenez la. vous en avez plus besoin que moi. Vous irez la vendre."

-" Je ne peux pas vendre de l'or : Je n'ai pas de papiers, moi ! Non, gardez la bague, mais donnez moi ce que vous pourrez pour m'aider. "

-"Je donne vingt euros, c'est tout ce que j'ai sur moi."

-" Vous avez encore quelques petites pièces dans votre porte monnaie. Donnez les moi : C'est pour manger ..."


Je donne les petites pièces ... Entre temps j'ai jeté un coup d'oeil à l'intérieur de la bague : Les deux poinçons y sont bien ..."

-"C'est bon ?" me demande mon soit disant Yougoslave.

Si c'est bon ! Le cuivre coûte cher en ce moment, mais il ne coûte quand même pas le prix de l'or !

Et dire que je me suis déjà fait avoir sur le quai du vieux port, à La Rochelle, il y a à peine un an !

LES AUTOMOBILES

Quand on possède une voiture comme celle-là ... Vous ne pensez pas que c'est pour la laisser au garage ? ... Vous ne pensez pas, non plus, que c'est pour la faire rouler sur n'importe quelle route ? ... On la bichonne ... On la fait reluire, puis .... On fait la rue d'Antibes ... À moins que l'on ne fasse la Croisette ? ... Gageons que l'on fait les deux ... L'une après l'autre !







On peut louer ...





Est-ce que l'on mesure les voitures en mètres et en centimètres ? - Nous ne saurions le dire, tant, il y ici d'individus mêlés, issus de peuples divers et, donc, tant il peut y avoir d'étalons.
Toujours est-il que nous nous trouvons devant des paradoxes étonnants :

Les minettes à talons hauts et à pantalons artistiquement rapiécés ou lacérés utilisent des voitures minuscules : On les dirait coupées en deux verticalement, à ras des dossiers des sièges. Ces derniers, d'ailleurs, ne sont qu'au nombre de deux, dont celui de droite reste souvent inutilisé : Il sert à la conductrice pour poser son sac à main et son téléphone portable. Évidemment, ce genre de voiture permet de se garer n'importe où, n'importe comment ... Et ces jeunes femmes émancipées ne s'en privent guère.

Par ailleurs, on voit beaucoup de grosses berlines qui luisent au soleil. Elles sont cossues, mais sans rien d'excessif. Puis il y a des voitures qui circulent avec beaucoup d'assurance. Elles sont beaucoup plus grosses : On les imaginerait mieux sur une piste saharienne que sur la Croisette ... Tranquillisez vous : Elles n'iront jamais sur une piste saharienne, mais, indubitablement, une voiture comme ça, cela vous pose son monde !

Enfin, d'autres voitures sont coupées en deux, mais dans le sens horizontal ! - Elles sont décapotables, ce qui permet aux conducteurs de mieux se faire admirer par les badauds, d'autant plus que, dans ces cabriolets, on voit souvent, assise sur le siège de droite, une jeune poupée à lunettes de soleil ... La poupée prend soin de se décoiffer artistiquement en laissant ses cheveux flotter au vent.

Il faut parler enfin des agences de location de voitures. Ici, elles proposent surtout des berlines, mais de grosses berlines étrangères, à carrosserie noire, de préférence, et à vitres teintées : Mercédès, Audi, sans doute quelques Mazerrati et autres Ferrari ...

- "location de voitures de luxe
livrables à l'aéroport."

Cela peut aller jusqu'aux "limousines" ... C'est le dernier du chic. Qui donc peut avoir besoin d'un carrosse pareil ? - Il est vrai que cela "pose" un homme ... d'autant plus qu'il tient à conserver l'anonymat. Le badaud peut tout imaginer ! On aperçoit ce genre de voitures devant les grands hôtels "cinq étoiles", devant les casinos, ou sur les quais des grands yachts.

Madame de Sévigné écrivait à sa fille :

" Tra, tra, tra" ... Évoquant le train des carrosses de son temps .... Combien de chevaux ?

Après tout, pourquoi ne mesurerait-on pas les voitures en litres d'essence aux cent kilomètres, au lieu de les mesurer en mètres ?

À propos : Après avoir loué une voiture, on peut aussi louer un smoking : Il y a des boutiques pour cela ! ... On vous offrira peut-être le noeud papillon par la même occasion !





SALVATOR DALI





En ce qui me concerne, n'en déplaise à quiconque, je considère que Dali s'est moqué du monde. C'est par ailleurs un immense artiste et un excellent technicien, qu'il s'agisse de peinture ou de sculpture. Mais il n'empêche qu'il s'est moqué du monde et que celui ci l'a bien mérité, puisqu'il en est ravi.

Revenons sur la Croisette, devant la galerie Bartoux ... L'éléphant de Salvator Dali ... Bronze ...Un éléphant parfaitement constitué, on ne peut que s'accorder là-dessus. Mais il est perché sur de longues pattes de moustique, grêles, fragiles ... Vous savez, ces gros moustiques de fin de saison qu'on appelle des "cousins".

Pourquoi l'artiste l'a-t-il ainsi imaginé ? - C'est là que l'on peut faire confiance aux "amateurs éclairés" et aux critiques professionnels :

-"C'est l'éléphant du triomphe, symbole de l'avenir" ... -"les pattes de moustique expriment l'opposition entre la solidité et la fragilité, l'opposition entre le passé et le moderne .... (Celle-là, il fallait la trouver, n'est-ce pas ?) ... La selle ornée de pierres précieuses ... (J'ai eu du mal à les trouver) ... est un symbole de richesse ...
Sur le dos de l'éléphant ,un ange tout doré joue de la trompette ...(C'est une trompette droite, comme celles Jéricho) ... Alors là, le "critique d'art nous annonce qu'il voit que l'ange annonce l'aube d'une ère nouvelle , l'avènement d'un âge heureux et prospère ... Il voit ici le symbole de l'espoir de lendemains d'abondance et de bonheur ... Autrement dit, comme disait mon grand-père, Dali apercevrait des lendemains qui chantent ... Heureux homme !

Il doit en rire encore, dans sa moustache, dont les pointes étaient fort longues et fort acérées, comme chacun sait.

Mais, peut-être, en façonnant cet éléphant, qui a belle allure malgré ses pattes de moustique, peut-être chantait-il la joie d'avoir cocufié Paul Éluard et de lui avoir "piqué" celle que l'on n'allait pas tarder à surnommer "Avida Dollars" ...

Par-dessus le marché, n'en doutez pas, Salvator Dali se foutait de nous, du monde, de l'univers tout entier et "crachait les pépins à la face du Destin" ! Fit-il pas aussi bien que de gémir ?


LES HORLOGES ET LE TEMPS




Devanture d'une horlogerie, (On nomme encore ainsi ces boutiques, bien que l'on n'y propose plus guère que des montres, toutes plus chères les unes que les autres ...)



Une montre parmi d'autres ... Sur le boîtier figure une tête de mort. C'est bien là, en effet, qu'elle doit se trouver.


En vérité, je vous le dis, les diamants qui la couronnent n'y changeront rien.

lundi 24 octobre 2011

LES GALERIES D'ART





En ces jours qui nous paraissent si lointains et qui, pourtant, nous sont si proches ... En ces jours que l'on désigne sous le vocable de "Haut Moyen Âge", les gisants des églises rappelaient aux puissants, et aux autres, que l'existence est vaine.

Il suffisait, à l'occasion des offices, de passer un tombeau, pour remettre les choses en place. Mais les gisants étaient encore représentés trop souvent en majesté, personnages de pierre, vêtus de robes de pierre, plissées autant que robes de drap ou de damas.

Certains, pourtant, étaient décharnés. En ces époques où sévissaient pestes et lèpres, chacun se heurtait au réel, passant devant un gisant aux chairs corrompues, dont les tibias perçaient l'étoffe, qui n'était elle-même plus que lambeaux ! Un crâne aux yeux caves ricanait sous la mitre de l'Abbé ...

Le sel de la réalité est bien là : -"Souviens toi que tu es mortel"!

De nos jours, les pestes et les lèpres sont toujours là. Elles arborent d'autres formes. Il semble que la leçon, toujours nécessaire, soit retenue par les artistes modernes. Les peintures et les statues ne figurent pas toutes des sylphides ou des dieux. Les dieux ne sont plus tous solaires, même si les dieux solaires demeurent, qui nous permettent de rêver encore. Les dernières confrontations guerrières, les dernières "avancées"techniques, les bouleversements vécus ou promis ont ramené sur terre les dieux destructeurs : Shiva a repris le rythme de sa danse. Toute une école d'artistes anticipe la destruction complète de notre espèce et de notre monde.

"Souviens toi que tu es mortel"!

On nous avait appris que les civilisation étaient éphémères. Nous commençons aujourd'hui à apprendre que notre univers l'est tout autant.

"Eh! Quoi ? - Il ne resterait donc plus rien ?

Je passais devant une galerie d'art de la rue d'Antibes ... Des crânes en acier inoxydable, les yeux cavés .... Un "big mac" d'acier ... entre les tranches : Des crânes. L'artiste s'appelle Rémy Gingiaro, je crois. Il ne faut pas en douter : C'est un grand artiste.

Il me souvient qu'à Venise, devant le musée dans lequel François Pineau exposait ses collections, trônait un énorme crâne, composé de centaines de canettes en acier inoxydable ...
Ici, il me faut faire une courte halte pour dire que le choix de la matière n'est sans doute pas innocent ...

À Cannes, sur la Croisette, devant la galerie Bartoux ... En plein air, au bord du trottoir ... Art figuratif ... Art moderne :

Destin : la fatalité et son antidote ... Ou le dur rappel à la réalité.

Les statues de Bruno Catalino sont des statues de grandeur nature : Vincent Van Gogh cheminant, sacoche à la main, chevalet aux épaules ...

-"Vincent, Où vas tu ?"

C'est un Vincent de bronze, de bronze rongé de lèpre ... Il voyage ... Où va t il ? Il voyage, mais le destin l'a marqué, inexorablement :

" Souviens toi que tu es mortel !"

Il lui reste le génie ... Corps rongé, à moitié détruit déjà ... comme ceux des gisants des cathédrales et des abbayes ... Si Vincent marche encore, ce ne peut être que vers un anéantissement complet. Anéantissement qui est le destin de tous et de tout.


Explosion de couleurs ... Un élan de joie ... Une sculpture de Josépha.
On ne peut que songer aux "Nanas" de Nicky de Saint Phalle. Polyester poncé,lissé, formes outrées : cuisses, jambes ... Bas résille, dentelles rouges, jaunes, verts, ors .... La pose est une danse. Une main, levée vers le ciel, donne l'envol à un oiseau, l'autre tient une fleur ... Vulgaire? - Certes, les formes et les couleurs sont agressives, les parties du corps les plus intimes sont voluptueuses et exposées : Heurter, provoquer, choquer ... Cette "Nana" sort du peuple, plus encore que les blanchisseuses de Degas ou celles de Maillol. C'est le peuple qui danse là, qui exulte .... Affirmation, proclamation de joie, explosion de vie.

-"Qu'importe la mort, si j'ai la joie !"

La fleur et l'oiseau sont signes de poésie. Faut-il condamner ? - Savonarole l'eut fait, sans aucun doute ... Mais Savonarole fut brûlé vif.

Là, au bord du trottoir de la Croisette, Vincent part en voyage ... Vers son destin, qui est le nôtre. Notre époque semble avoir choisi les "Nanas" de Josépha. Je l'ai déjà dit quelque part :

-"Une plage, longue, longue, longue
Une tranche de pastèque rouge
rouge
rouge
Et cracher les pépins à la face du destin ..."

Et c'est pour cela qu'Andy Warhol peint des canettes de coca cola ! L'acier inox est une autre façon d'espérer l'éternité ... Nous sommes incorrigibles !


Le 3.11.2011





dimanche 23 octobre 2011

LE PALAIS DES FESTIVALS






Tout autour du palais

Les trottoirs sont pavés

Avec des carreaux sur lesquels
Des vedettes ont laissé

L'empreinte de leurs mains


J'ai oui dire qu'à Hollywood on en a fait autant

Ou bien c'est Cannes qui a imité Hollywood


Empreinte d'une seule main

Ou bien des deux mains côte à côte
Les doigts écartés plus ou moins largement

La vedette a laissé sa signature sous l'empreinte

Bien souvent

Je la lis péniblement

Ou je n'y parviens pas


La vedette, elle, doit penser qu'on ne l'oubliera jamais !


Non loin de là

Un carousel d'autrefois

Fait tourner ses chevaux de bois


3.11.2011