lundi 31 août 2015

LES STATUES DE L'ÎLE DE PÂQUES






LES STATUES DE

                     L'ÎLE DE PÂQUES











Le Moaï est l’intermédiaire, le lien entre l’homme et le principe de l’Univers.

Pour les Pascuans, tout acte est sacré et relie l’homme au reste de l’Univers : La naissance, la mort... Manger, c’est ingérer l’Univers.










Le Moaï a des yeux pour voir. Mais chaque année, au mois de Mars, le prêtre lui enlève les yeux pour une période de six mois ...


Afin qu’il se repose et réfléchisse.





dimanche 30 août 2015

TAHITI CROYANCES ANCESTRALES










                              Paul Gauguin - Nevermore





CROYANCES ANCESTRALES









La pirogue emporte l’âme du défunt vers la passe. Là, il y a deux pierres. Si la pirogue heurte la première, elle revient vers le rivage.

Je ne me souviens plus très bien de ce qui se passe si c’est la deuxième pierre qui est touchée.

Le récif franchi, l’âme vogue vers l’île de Raïatea, la sacrée. Elle retrouvera ses soeurs au sommet du mont Temehani, là où fleurit le tiaré apetahi, qui ne pousse qu’à cet endroit.




















Paul Gauguin - Manau Tupapau





Ici, la mémoire me fait défaut encore.

Tandis que les prêtres embaument le corps et le roulent dans une étoffe d’écorce, l’âme peut encore revenir pour tourmenter les vivants. Elle gémit dans les branches, losque le vent souffle la nuit. Elle va aux alentours des maisons, errant par les nuits sans lune.

-” Je les ai entendues et je les ai vues !”

Osiris, Hadès, Pluton et Proserpine, Saint Pierre et, tout aussi bien les monstres du Ramayana, des Aztèques ou des Bacongo ...





Les âmes gémissent autour du Marae, qui est l’autel des sacrifices, comme dans la Baie des Trépassés, au voisinage des menhirs ...

Gauguin peignait des Tupapau, âmes errantes ... Il avait peint aussi le combat de l’Ange, dans la prairie de Pont-Aven.

Il s’agit toujours de l’homme, et ceci d’où qu’il vienne !

samedi 29 août 2015

TU ES PIERRE ... ET SUR CETTE PIERRE ...







- «  Tu es Pierre … Et sur cette pierre » ….




Pierre dressée sur le marae de Raïatea (Îles sous le Vent)




Il me semblait ... Il me semblait que je me trouvais devant les alignements de Carnac. Il me semblait percevoir la loi qui ramène l’homme à lui-même, irrésistiblement.

Se croyant Dieu, il a dressé la pierre.

C’était au jour lointain ... Peut-être dès le premier jour ... Depuis les îles britanniques jusque par-delà la Méditerranée, l’homme a dressé les pierres : Signes dont on discute, de civilisations dont on ne sait rien ou fort peu de choses.




Moaï de Rapa Nui ( île de Pâques)




Le rite est partout : stèles, obélisques, minarets, tours, statues, pyramides et clochers ... Et les coqs sur les clochers.

Un jour de Pâques, des navigateurs égarés passent près d’une île montagneuse. Ils y découvrent des géants de pierre au regard éteint ... On en discute encore ... Mais les géants, pour la plupart, sont couchés et la mémoire en a perdu le sens.







Pour autant, on n’a pas fini d’élever des dieux. La prétention de l’homme est de vaincre la pesanteur ... Fût-ce en expédiant des fusées dans les airs, ce qui n’est guère autre chose que de dresser des Moaï, des Menhirs ou des Stupas.





ARTISTES DU MONDE - CANNES










































vendredi 28 août 2015

LES PERLES DE TAHITI







LES PERLES DE TAHITI














      Perles de Tahiti "Aile de mouche"







Il y a un peu plus de trente ans que l’on a appris à élever les huîtres de lagon. On les a obligées à produire des perles, ce qu’elles ne font que très occasionnellement à l’état naturel.

Une Japonaise, dit-on, sortit de son pays en dissimulant les outils indispensables à la greffe. Cette dernière consiste à introduire par voie chirurgicale un noyau autour duquel le mollusque déposera la nacre ... Tout simplement pour enrober ce corps étranger qui l’irrite. 

La Japonaise était mariée à un Français qui, depuis, a fait son chemin ...












Oui, mais voilà ! L’huître de Polynésie produit des perles noires ... Va donc pour la perle noire ! Mais on était plus habitué à la perle blanche.

Des fontaines de perles ! Des ruisseaux, des rivières ... Que dis-je des rivières ? Des fleuves de perles ! les perles noires ont coulé dans les vitrines, toujours plus nombreuses. La perliculture est devenue la ressource majeure.

Tant mieux ! Tant mieux pour le pays!




Mais franchement ... Ces perles noires enchassées, enfilées, ruisselantes ... Quelques unes violacées, d’autres moirées ( “aile de mouche, dit-on alors ) et celles-ci coûtent très, très cher ! Il y faut le salaire d’un pilote de ligne !

La plupart sont grises et luisantes, comme ... comme ... Très prosaïquement ...

-” Attention à ce que tu vas dire !”

Eh bien oui cependant, je le dirai : Elles ressemblent souvent à des billes d’ hématite ... à cent balles!












On pourrait encore les comparer ( pas toutes certes ...) à des billes de roulement à billes.
Je ne suis pas certain que le passant non averti se baisserait pour les ramasser, roulant sur le trottoir des Champs-Élysées ...

-” Ah! Les perles, ma chère !”


jeudi 27 août 2015

REVUE NAVALE À PAPEETE



















PORT DE PAPEETE : REVUE NAVALE



On a fait bouger les bateaux ... Un peu. Ils étaient ici, on les a mis là. Le premier a bougé à sept heures trente, le dernier à dix heures.

Des pavillons sont montés. Des marins se sont rangés à la coupée. Ils se tenaient très droits sous le soleil. Ils étaient tous vêtus de blanc. On les voyait très bien.

On a compté sept bateaux en tout ... Pardon, sept navires. Le plus gros n’a pas bougé. La place d’honneur était occupée par un aviso-escorteur. Je crois que c’est ainsi que l’on dit.

Un canot est arrivé, tout blanc. On a tiré dix sept coup de mortier. On attendait les canons, mais ce ne fut qu’un mortier. Il crachait des flammes. Il faisait beaucoup de fumée. La détonation, on ne l’entendait qu’ensuite.

Les pigeons des quais se sont envolés. J’ai compté les coups : Il y en a bien eu dix sept.

Deux avions sont passés en faisant du bruit.





Devant les rangées d’hommes, quelque chose a bougé un peu ...

À dix heures trente, c’était fini. Le canot-major repartait. On entendit un clairon.

Les bateaux ont rejoint leurs places initiales à onze heures.

C’était le salut à l’Amiral. Il quittait son commandement. Dans quelques jours il y aura un autre Amiral ...






                                             Le Tamuré

mercredi 26 août 2015

ALAIN GERBAULT ET JACQUES BOULLAIRE

















ALAIN GERBAULT ET JACQUES BOULLAIRE.



Mille neuf cent trente six ... Alain Gerbault écrit à son ami, Jacques Boullaire:

-” Trop de bateaux, trop de touristes ...”

En mille neuf cent trente six !

À la même époque, il s’inquiète de l’éventualité d’une guerre en Europe :

-” Me faudra-t-il rejoindre la France et cette civilisation que je n’aime pas ? “

Troublantes, ces phrases ! Il y faut marquer la pause.



-” Il faut bien que je vous dise, puisqu’ils en sont empêchés eux-mêmes, tout le mal que font aux indigènes des îles Marquises nos colons et nos missionnaires ...”





Nous reprenons ici, de mémoire, le dit du navigateur solitaire. Six lustres plus tôt; Paul gauguin ne disait pas autre chose;

L’oeuvre colonisatrice, notre enfance en tira le meilleur de sa foi et de sa ferveur. Au bout du compte, se résout-elle ainsi ?

À leur époque, le peintre, comme le navigateur, étaient des marginaux. Notre époque, elle, a pris l’habitude, depuis qu’elle s’est engagée sur les chemins de Katmandou, de revêtit le marginal de l’habit du prophète.




                  
                            Oeuvre de Jacques Boulaire




Il serait trop facile d’ironiser ... Trop nauséeux peut-être ausi. Gardons ces profils de médailles si nous le pouvons encore.

Je ne sais pas si les indigènes ( le mot existe-t-il encore ? )sont plus malheureux ou plus heureux que leurs grands-parents ... Trop facile aussi de parler des forages d’eau potable, de l’éradication des maladies contagieuses, des flots de musique répandus au-dessus des océans ... Facile, de compter les écoles, les collèges et les lycées.


Mais certainement trop facile de ne parler que de fumées, de gaz d’échappement, de boîtes de bière dérivant sur la mer, de l’introduction du Loto et de la transformation des Vahinés en caissières de supermarchés. Les réalités ont à la fois plus d’évidence encore, et plus de complexité.

La revendication d’identité est souvent un cri pitoyable.

Alors, sommes-nous coupables d’avoir bousculé les pierres noires des Marae ? _ Des victimes humaines y étaient immolées.

Sommes-nous coupables du délit de civilisation ? _ La Reine de Tahiti ne se déplaçait qu’à dos d’homme et les nobles Arii étranglaient leurs nouveaux-nés. Il est vrai que ...

L’homme blanc doit-il sangloter ?

En vérité on finit par ne plus très bien savoir ...Et ceci sans parler de fission nucléaire ...

Oui, les portes à la Vauban, les tours rondes et les tours carrées, les cloîtres et les chaussées dallées, la prison et la cathédrale de l’archipel des Gambier nous paraissent complètement saugrenus. Ils étaient fous, nos missionnaires ? Ou bien fourbes ? Nos administrateurs, ils étaient tous stupides ?

Il faut sans doute se garder de tout noircir et de tout dorer.

Quelques prêtres, à la fin du dix neuvième siècle, passaient à l’île de Pâques ... Ils virent s’enfuir les habitants : Ils savaient trop la peine des Mangaréviens à La construction de leur cathédrale!

Mais au fait ... Et les Moaï dont on fait si grand cas, combien de litres de sueur humaine pour tailler et dresser l’un de ces géants?

Autre temps, autres lieux, autres valeurs : C’est toute l’humanité qui va ainsi ... qui va.

mardi 25 août 2015

LA DEMOISELLE DU STANDARD














LA DEMOISELLE DU STANDARD





-”Mademoiselle, s’il vous plaît, vous voulez bien me passer le 43-05-32 , “

C’était au temps où le téléphone n’était pas encore automatique ... Dans les années soixante. Il fallait passer par le standard.

Cette histoire, il faut bien que je la raconte à mon tour, puisqu’elle m’est vraiment arrivée, à moi, personnellement. Sans aucun doute, à Tahiti, ils sont nombreux, ceux qi l’ont aussi vécue, si c’est bien le cas de tous ceux qui la rapportent.

-” Ah ! C’est à ta femme que tu veux parler ! Elle n’est pas à la maison. Mais je sais chez qui elle est. Attends, je te la passe !”

Il n’est pas interdit de laisser courir son imagination sur les circonstances, les causes et les conséquences ... Maupassant en eût fait une nouvelle pour le moins.

Mais cela aussi, c’était Tahiti.

C’était tout aussi sympathique que ces tonalités et ces musiquettes ( Ah ! La petite Musique de Nuit, de Mozart ! ), ces répondeurs et ces enregistreurs !




















-" SI VOUS VOULEZ PARLER AVEC LE SERVICE COMMERCIAL, FAITES LE UN ..."

lundi 24 août 2015

CLICHÉ DEVANT L'ASSEMBLÉE TERRITORIALE À PAPEETE









 UN INSTANTANÉ









Un héros anticolonialiste, autonomiste, et même, peut-être, indépendantiste, trône sur un piédestal devant l’Assemblée Territoriale.

Naguère, il fut emprisonné, jugé, condamné, exilé. Lui, maintenant, il s’en moque éperduement, parce qu’il est mort depuis pas mal de temps ...

Il n’y a ici que son buste. On lui a accroché autour du cou une pancarte qui proclame son innocence. C’est sa réhabilitation que l’on demande.

Près de là un quidam est assis sur une chaise. Il a le ventre nu et bien rond.Il s’accoude à une table de camping. Un grand parasol bleu lui fait l’ombre.

“GRÈVE DE LA FAIM”

C’est dimanche aujourd’hui. Aucun passant. Il est près de dix heures, tout le monde est à la plage. Plus loin, un second parasol, rouge celui-là. Il est installé sous un arbre : Le gréviste déménagera quand il fera trop chaud.




Un grand escogriffe en paréo, les cheveux ébouriffés,les épaules et le torse puissants, sonne de la conque à intervalles réguliers : c’est le cri des Polynésiens. On l’entend de très loin, un peu comme une corne de brume. Une alarme et tout à la fois une lamentation ...

Le héros, sur son piédestal, tout cela, il s’en moque : Cela ne lui fera pousser ni des bras, ni des jambes ... 

Une chienne passe, rousse, traînant ses mamelles dans la poussière ...





dimanche 23 août 2015

LA MAMMA !





































Une image ... Fugitive, comme toutes les images !

Elle n’a pas refermé la porte. À Tahiti, on ne ferme pas les portes.

Elle déboule,dans un bain de lumière, toutes voiles dehors.

Elle envoie le spinnaker, flamboyant de couleurs. Il faut bien de la voilure, pour vêtir la largeur de son dos !

C’est la Mamma ! Ses hanches roulent comme les flancs d’une barque, par jour de fête et de petit vent.

Elle porte une couronne de fine fougère et un collier de fleurs de frangipannier.

Elle sourit ... Et c’est tout le bonheur d’un beau jour.

Elle enjambe un scooter, elle le coince entre ses deux fesses. On n’en voit plus que le guidon !

Ayant ainsi escamoté sa machine, elle part sur ses roulettes. Elle tournera vers la rue de la Poste et elle disparaîtra.








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