lundi 31 octobre 2016

DÉRAILLEMENT À COMPOSTELLE





SANTIAGO DE COMPOSTELLA
Le 25 Juillet 2013 le train a déraillé

En hommage à tous ceux qui ont perdu la vie
hier en Espagne. En hommage à leurs familles
et à tous ceux qui les aimaient ... 

... Au bout du chemin ...










Seigneur nous sommes allés encore
Par les vallons de Galice
C’était le 24 Juillet 2013
Bruyères et genêts
Les collines étaient roses et jaunes
La veille de la Saint Jacques
L’orage nous prit sous la grêle
Nous marchions cependant
C’était le 24 Juillet
L’allégresse nous portait
Entre rhododendrons et camélias
La veille de la Saint Jacques
Passés Portomarin et son lac
Palas del Rei
C’était le 24 Juillet
Où ne sont plus ni rois ni palais
Nous avons croisé des peuples très anciens
La veille de la saint Jacques
Entendu des musiques très vieilles
Et des paroles très belles
E Ultreïa vers Santiago !

C’était le 24 Juillet






















Sommes passés plus outre encore
Plus haut plus haut Seigneur
E Suseïa !
À Compostelle
Plus haut nos coeurs plus légers !
Nous sommes entrés dans la Sainte cité
Seigneur
À Compostelle
Sous la pluie nous avions marché
Toute une matinée encore
Longé d’interminables murs noirs

À Compostelle












Les bâtons avaient sonné
Sur le béton sur les pavés
À Compostelle
Les marchands dans les rues vendaient des médailles
Boissons, jambons, saucissons
À Compostelle
Les carillons sonnaient à la volée
Nous tombâmes tout à coup
Aux marches du parvis
Le 24 Juillet
Nous accomplîmes les rites aux autels
Seigneur
Trop d’or encore
Trop d’argent dans Ta cathédrale
Trop de couleurs sous les voûtes
À Compostelle
Mais en moi Ta lumière est très douce
Seigneur, je T’emmène avec moi

Seigneur




















À vingt heures quarante et une exactement
Le 24 Juillet 2013
À Compostelle
Le train a déraillé

dimanche 30 octobre 2016

LE DERNIER VOYAGE






LE  DERNIER

VOYAGE …





Orion clignotait à ma droite

Pluton était juste en face

Et Vénus à ma gauche

Je laisse aller
























Quelque chose passe en sifflant

Une musique très douce

Comme un chant de sirène

Champ  de fougères

D’étoiles

Champ de fleurs

Dents de lion

Gueules de loups

Champ de fleurs de lupin

Roses

Roses et bleues

Coquelicots !

























Un courant tiède

Comme un courant océanique

Une écharpe de soie

Se déroule et s’enroule

Millions de particules phosphorescentes

Krill

Et le chant des baleines

Chant de sirènes !























Fleurs de lotus

Blanches

Blanches et roses !

Aphrodite

Cupidon et Aphrodite

Une écharpe de soie …

Écharpe de geisha

Mains jointes

Saluer trois fois

Bâtonnets d’encens

Psalmodie










Nuage

Nuage de papillons

Papillons bombix

Phalènes Appolons

Sphinx

Plumes !

Infimes caresses

Écriture et coloris

Qui les déchiffrera ?

























Éther sidéral

J’emporte avec moi

Des milliers de diamants

Étincelles

Poussières

Œil de tigre

Topazes et rubis

Opales et saphirs

Calcédoines et pierres de lune

Je partirai …



samedi 29 octobre 2016

NOTRE ENFANCE ....






NOTRE ENFANCE





























Nos vaisseaux ayant descendu le cours des fleuves
Avançaient dans une plaine immense
Nos amours nous portaient
Que nous ne connaissions pas
Désirs de fruits et de sel
Soifs
Pour un million d'années
Nos certitudes immuables

Éclosions de lueurs
Aux indes étaient les îles
Des souffles tièdes nous poussaient
Carènes de navires invulnérables
Comprenez-vous bien cela
Vous qui avez déchiffré les portulans ?
La toile de nos voiles était taillée dans nos rêves
Maîtres de l'immensité
Ô douceur !
Ivres d'immages nouvelles
Toute foi toute confiance !























En vérité ce furent des millions d'étoiles
Des comètes en pluie
Des milliers de soleils et des milliers de lunes
Poissons étincelants
Myriades d'oiseaux jaillissant des flots
Tous plumages toutes couleurs
Dans nos sillages vibraient des cordes de cristal
Mozart chantait à l'étambot
Nous maintenions le cap
Avançant vers nos fiancées

Lignes bleues des araucarias au ras des flots
Éblouissements du corail
Palmes
Sables et floraisons de l'océn
Porcelaines diaphanes dans le creux des vagues
Irisation des verreries
Saveurs de nos vins !


























De grandes fleurs très étrangees flottaient entre deux eaux
Mauves et laiteuses
Mais au resserrement des détroits nous cherchions
Des effluves plus suaves encore
Les parfums d'autres épices
Souffles de cannelle
Haleine de la cardamome
Encens musc cire et benjoin
Girofle poivre tamarin

Au long des plages du santal et du piment
Des caravanes charriaient du sucre et du gigembre
Des coupons de damas et de brocarts
Des paniers pleins de perles ou bien d'écaille
Les matins allumaient des couleurs de verrières
Et les soirs déroulaient des tapis somptueux
Sur l'écran du ciel parfois s'épanouissaient des pavots











Ô nous en avons vu des crêtes chargées de neige
Des glaciers et des volcans
Des dunes jaunes et des terres rouges
Des anémones et des lys !
Auréoles d'amarante
Iris vallées de pivoines
Les pollens répandus en poudre d'or
Ont célébré nos passions
Nous rêvions de papillons
De coquilles et de nacre
Les océans roulaient des rubis
Des diamants et des saphirs
Émeraudes et pierres de lune
Nous quittions les îles l'une après l'autre
Leur laissant les prénoms de nos femmes de nos amours
Caroline Thérèse Lucie Dominique
Chacune un lotus posé sur la mer
De fastueux banquets nous ont été offerts
Chansons de harpes de violes et de flûtes
Musique de chalumeaux trompes et tambours

Nous allions toujours suivant la Croix du Sud
Alpha du Centaure
Ou le navire Argo

Qui nous eût appris que des tempètes
Allaient déchirer notre voilure
Abattre nos vergues briser notre mâture ?





















Allez donc savoir quand et comment
Nous entrâmes dans cette lagune qui se meurt !
Nous voici pourrissant
Vapeurs de fièvres qui rôdent fétides
Fades odeurs des moisissures
Chairs humides feuillages gras
Anthuriums inquiétants balisiers
Improbables orchidées
Dans les sargasses de la tourbe et de la vase
Sous de lourdes frondaisons
Étrangers respirations
Nous n'apercevons que serpents
Salamandres sauriens
Animaux de toutes tailles
Bardés de cuir ou bien d'écailles
Aux figures surprenantes
Il serait bien hasardeux de les décrire ici !

Comprenez-vous cela
Vous qui savez tant de choses ?


vendredi 28 octobre 2016

TEMPLE KHMER








Thaïlande






















Capuchon dilaté tête triple
Le Naja-père glisse à la vasque du lotus
Mille marches rouges en plein soleil
Mains jointes courbé saluer trois fois
À la roue du destin placer l'obole




























Siva aux multiples bras danse sur le mont
Plier sous le joug
Entrer au risque de la danse
Sous les blocs un diable rit
L'ombre garde des odeurs d'encens et de cire
L'eau sainte dût couler sur la dalle autrefois
Où se dessine un triangle de lumière

Coller au front du boeuf la feuille d'or
Psalmodie pour le rythme des saisons




















L'issue est en plein ciel
Au gardien de pierre grise
Les lanciers s'y pressent
Et les archers
Et les éléphants de profil
La voie de cinabre monte
Marquée de stèles
Dans l'union du ciel et de la terre ...

Les rizières et les vols d'oiseaux aquatiques ...