dimanche 31 janvier 2016

LE VATICAN

























J’ai vu des gardes suisses
Qui barraient une porte
Chacun si je me souviens bien
Tenait une hallebarde
Ils étaient vêtus de jaune
Jaune rayé de noir
Verticalement
Le béret sur l’oreille
Pas un sourcil ne bouge

Mais je n’ai pas vu
D’autres habitants
Des lieux

























Place Saint Pierre
Un peu en désordre
La colonnade du Bernin
Les bras ouverts
L’obélisque égyptien
Les fontaines
Les statues sur les murs
Cent quarante statues de saints
Les escaliers


Troupeaux de touristes agglutinés
Par paquets de cent
Conférenciers
Paroles de graviers roulants
Ou paroles de savon
De miel
Ou bien babils



Mais la plupart du temps
Japonais
Anglais
Chinois
Polonais
Espagnols
Russes
Extraterrestres supposés
Triés

On écoute
























Écoulements soudains et pressés
Par paquets
Inattendus
Suivez l’ombrelle rose
Vers les couloirs
Appareils photos
Oreillettes malaisées que l’on ajuste
L’air attentif
Et absent tout à la fois
Ailleurs

Les volets du Pape sont fermés
Il n’est pas ici en ce dimanche-là

Déversement dans la Sixtine
Quinze minutes
Silence
Immobiles
Serrés autant que dans le métro
Les yeux au plafond
Le doigt du Créateur



Passage dans la Basilique
Au trot
Le baldaquin
Ah ! J’ai vu La Piéta de Michel-Ange
Derrière sa vitre blindée
Les peintures
Les sulptures
Les tombeaux
Tiens, voilà Jean Vingt-Trois !
La chaire


La crypte
Les gisants
Tiens, voici Jean-Paul Deux !
Une religieuse grise à genoux sur le granit
Prie
Le flot des touristes passe


Sortie du couloir
La place
Ses pavés
Éblouissement dans la lumière




















Boutiques
Souvenirs
Babioles
Statuettes
Médailles
Chapelets
Posters
Livres d’images


Rendez-vous au coin de la rue
L’autobus vous attend



Statue de Saint Pierre
Statue de Saint Paul
Priez pour nous











Mais n’y a-t-il donc personne
ici ?






samedi 30 janvier 2016

FIESOLE - PRÈS DE FLORENCE ...









FIESOLE


                près de Florence

                   
                                ITALIE



















Dans l’ombre
Grande douceur

Derrière un treillis de bois
Un long rai de lumière
Une tablette
Une couchette
Une chaise
Un lutrin avec un grand livre ouvert
Enluminé
Personne
























Dans les cellules du monastère de Fiesole
Plus personne ne prie
On ne sait plus prier
Ou bien on le fait ailleurs

C’est à Fiesole que la Toscane
Vit s’installer les Étrusques
Bien avant les Romains
Lesquels descendirent auprès du fleuve
Pour y construire Florence-La-Belle



Magie de Fiesole
Comment la décrire ?
Forêt de feuillus et de cyprès colonnaires
Balcons sur la vallée
Et sur la ville











La route en lacets
Les terrasses des palais
À Fiesole on ne prie plus
Les temples et les églises se vident
On abat des arbres
Pour installer dans les clairières
Des parcours d’aventure dans les branches
























Machines à sous !
Modèle Las Vegas ...
Quand on ne croit plus à rien
Il faut bien vivre avec son temps.
Peut-être qu’on fera payer les touristes
Pour visiter les chapelles
Comme au Vatican ...



vendredi 29 janvier 2016

SRI LANKA




SRI-LANKA

















Tant de soleils ardents
Sur les murs desséchés
Villes entières
À la terre revenues
Ocre rouge sang séché
En poussière foulé


Aux chemins tant de pas
Tant de faim et de fièvre
Et d'espace et de temps
Et de mort et de vie
Tant de vies résignées
Aux limites abolies














Tant de moussons crevées
Et tant de vents si violents
Capitales diluées
Mosaïques de briques
Par le temps corrodées


Trompettes tambourins
Les sabots des chevaux
Des soudards conquérants










Tant de diables mendiants
Et de pieds en lambeaux
Rues
Des villes disparues
Rabotées


Fleurs de lotus
Offertes
Et tenues à la main
Ô ! Tant de pèlerins
Tout au long du chemin !


Un jour suivant l'autre
Une vague après l'autre
Et les flux infinis
Des chemins de la vie


Ocre rouge sang séché
En poussière foulé
Tant de pas
Tant de faims























Au pied des dagobas
Tant de Bouddhas scuptés
Et de fruits miroitants
Tant de sons tant de chants
Tant de vagues argentées
De saphirs de rubis
De topazes brûlées
De batiks de saris
Filles
Aux effluves du thé


Capitales oubliées
De vent et de poussière
Des macaques attroupés
Des racines nouées
Aux énormes banians









Tant de bûchers allumés
Tant d'enfants affamés
Consumés
Combien Bouddha
Pour ta sérénité