vendredi 28 octobre 2016

TEMPLE KHMER








Thaïlande






















Capuchon dilaté tête triple
Le Naja-père glisse à la vasque du lotus
Mille marches rouges en plein soleil
Mains jointes courbé saluer trois fois
À la roue du destin placer l'obole




























Siva aux multiples bras danse sur le mont
Plier sous le joug
Entrer au risque de la danse
Sous les blocs un diable rit
L'ombre garde des odeurs d'encens et de cire
L'eau sainte dût couler sur la dalle autrefois
Où se dessine un triangle de lumière

Coller au front du boeuf la feuille d'or
Psalmodie pour le rythme des saisons




















L'issue est en plein ciel
Au gardien de pierre grise
Les lanciers s'y pressent
Et les archers
Et les éléphants de profil
La voie de cinabre monte
Marquée de stèles
Dans l'union du ciel et de la terre ...

Les rizières et les vols d'oiseaux aquatiques ...







jeudi 27 octobre 2016

LES BALANCES ...






 VÉCU


















Comme un pieu
Un pal
Raide comme un piquet
Comme vous voudrez …

La Sainte Épine

Il monte un escalier

Costume noir
Propre et lissé
Noirs les cheveux
Noire la barbe soigneusement taillée
En collier

Sévère
Froid
Noir le regard
Quarante ans peut-être
À la main droite
Une serviette de cuir
Noire
Lisse











« 











Monsieur … »
« Monsieur … Il y a là quelqu’un qui voudrait vous parler  »
-   «  Je ne suis pas à la disposition du public ! »



-   Comme un pieu
-   Comme un pal
-   Comme un piquet 

-   Machine à coudre
-   Automatique
-   Chrome laque et nickel
-    
-   La Sainte Épine, Monsieur …


  -«  C’est le juge du Tribunal  »


Raide
Lisse


Comme un piquet
Comme un pieu
Comme un pal
Acier
Acier inoxydable

Noir
La Sainte Épine, Monsieur !
Dur !


















Toile émeri
                       Dites-moi !



C’est un juge !


Qu’on lui mette un entonnoir
Sur la tête !

mercredi 26 octobre 2016

LA CHOUETTE





















Au rond-point de gravier délavé

Tourne l’arbre marchant

Au pas crissant du temps



Sous la sombre allée des cyprès

Impassibles passants défilant

Écoutez cette chouette clouée

Au battant de mon coeur



Les rémiges se crispent

Aux taches séchées

Le regard étonné

Ne peut plus s’allumer











Au battant de mon coeur

S’éteint étranger

Le cri interdit

De l’oiseau crucifié.

mardi 25 octobre 2016

LE POÈTE






LE POÈTE



















Le poète est en chemin
Il converse avec les dieux
Ne lui en veuillez pas
D'être sourd aux raclements d'économat

Il traîne avec lui des foules entières
Il est chargé d'évènements et d'années
De désirs de refus d'espérances de colères
Chargé d'amours et chargé de beautés

Tout lui fait bagage
Tout lui est ivresse
Tout lui fait souci
Tout lui est tourment

Un monde ancien à connaître
Un nouveau monde à créer
Aucun étalon pour guider sa pensée
C'est son âme qu'il consume pour en faire clarté



       
                                                              Huile sur toile de Daniel Bergagna.




N'en veuillez pas au poète
Il voudrait parler au monde entier
Mais son langage n'est pas le vôtre
Il mourrait de ne pas être écouté





lundi 24 octobre 2016

SAVEURS ...





SAVEURS






         Dans les bras de Morphée - huile sur toile de Guy Weil





Ne houle pas
Ne parle pas ...
Sans nager
Au gré des courants
Dérivant
Calmé
Je n’aurai ni pensée
Ni désirs
Ni faim
Au gré des courants
Dérivant
Improbable sargasse
Aux longs filaments
Épousant la mouvance
Sans forme finie
Sans état
Sans poids
Sans condition









Ni pensée disais-je
Hypnose sans recherche
Questions abolies
J’accepte
Les étoiles les oiseaux
Les nuages s’il en faut
Béryls et saphirs
Chauds
À la mesure de mon sang































Il peut se faire
Après tout pourquoi pas
Il peut se faire
Qu’à ta place si douce
Je m’en vienne et j’échoue
À la plage de ton cou
Je veux alors me taire
Que tu ne parles point
Que nous ne bougions pas
Hypnose sans recherche
Questions abolies
J’accepte
Les étoiles les oiseaux
Les nuages s’il en faut
Blancs et or
Chauds
À la mesure de mon sang.