mercredi 12 août 2015

RENCONTRE EN VILLE




































Étranges et lointains ... Venus d'ailleurs !

Cinq jeunes hommes, sur la largeur du trottoir, grands, minces, bien découplés.

Leurs cheveux sont noués bas sur la nuque.


Des dieux, descendus de la barque du soleil !


Leurs regards semblent passer à travers ma personne.

Aucun ne parle.

Leurs jambes sont tatouées de bleu du haut en bas. Ils ont des signes sur les bras.

Ils vont.

Que faire ? ... Sinon descendre du trottoir !

Ô ! Dieux issus d'entre les pages du "Journal des Voyages" !






lundi 10 août 2015

LES JEUX DE HASARD À PAPEETE












Sans contestation, la mairie de Papeete est splendide, balustres et tuiles venissées, cernée d’un parc, lui-même fermé de grilles.

-”C’était mieux autrefois. Au moins les enfants pouvaient y aller jouer !”

Ça, c’est l’avis du Chinois qui tient boutique en face. 

Quelques langues aiguisées parlent de millions et de milliards évaporés. Il ne faut pas les écouter;

Non loin de là, il y a le marché couvert, sur deux niveaux : Rez de chaussée : fleurs, fruits, légumes, viandes et poissons. Premier étage : paréos, coquillages, bois sculptés ... Propre, impeccable, tout sourire.

De nouveaux immeubles, encore assez peu nombreux. Le plus important, c’est évidemment, arborant balises rouges et bleues, le Faré-Loto !

Une femme accroupie au pied d’un mur, jupe ramassée entre les cuisses, gratte de l’ongle du pouce. Quelque part, une radio beugle sur l’air des lampions. 



-” Tu gagnes au Millionnaire ... À Paris, tu passes à la télé ! ” Espoir, ou désespoir ? ... Pieds nus aux orteils écartés, savates traînées.

les “Clubs Bâtisseurs” .... (Qu’est-ce qu’ils bâtissent ?) _ Ils ne font plus leurs affaires. Responsables de la gestion des stades et des associations sportives, leurs tombolas traditionnelles ne font plus recette depuis l’arrivée du Loto !

-Grève !

Dimanche prochain, les stades et les salles de sport resteront fermées. 

À moins que ...

À moins que le Président, qui est à Paris, ne revienne avec un accord : Les “Clubs Bâtisseurs” exigent trente pour cent sur les ventes des tickets à gratter et sur celles du Loto !

dimanche 9 août 2015

C'EST LA MAMMA !
















Elle marche. Elle a les bras et les jambes écartées. Elle s’assied à croupetons. Elle ramène le bas de sa robe entre ses cuisses, largement ouvertes.

Elle sort de son giron un peu de tabac brun. Elle roule une cigarette très mince. Elle tête la cigarette, puis elle souffle un filet de fumée vers le sol.

La masse de ses membres dépasse tout ce qui peut s’imaginer. Ses mamelles libres reposent sur ses genoux.

La voici qui se relève. Elle est drapée de rose acidulé, avec de larges fleurs, roses elles-aussi. Ses hanches semblent montées sur bielles tant elles roulent. Pour accentuer le mouvement, s’il se pouvait, la couturière a prévu de larges volants. Autour de la tête, des fougères lui font une couronne.

Avez-vous croisé ses yeux? Ils sont vifs, doux et bons.

C’est la Mamma !





LE BAIN DANS LA FONTAINE VAÎMA




                                                          HINANO - LA BIÈRE DE TAHITI !




LE CULBUTO






Le ludion capricieux ...
Mais le culbuto obstiné !

Poussah de celluloïd, rouge et jaune, au ventre bien rond.

Le génie des mille et une nuits ?
On le sort du coffre à jouets. On le pose. Il se tient debout.
Il est cul-de-jatte.
Le mien portait turban. Il avait été blessé en je ne sais quelle bataille.
Dans le dos, une déchirure béante montrait un intérieur vide et rose.

Le culbuto ... Inclinez-le de quelque manière, il revient à la verticale, imperturbablement.
On devine le lest de plomb.






LE BAIN





Le poussah de celluloïd pose, rebondi, sur son ventre lesté. Comment donc l’appelait-on ?
C’était au temps de notre enfance.



Ici, la fontaine jaillit à gros bouillons des racines du basalte, chaude.
Vaïma, fontaine sacrée, fontaine royale. Ces messieurs et ces dames de la cour y venaient aux bains, dit-on, du temps de la Reine Pomaré.


Derrière les fougères, deux poussahs semblent flotter, posés sur le ventre, et le nombril à l’air. Ils prennent les eaux et soignent leurs maux.
Ils bavardent.
Chacun tient une bouteille de bière à la main.
Deux voitures, garées au bord de la route ... Et dans chaque voiture, une glacière pour les réserves.

Les poussahs, si on les inclinait ... Que nul n’en doute, ils sont lestés. On peut gager qu’ils reviendraient à la verticale ...

Sans laisser tomber une goutte de bière !


samedi 8 août 2015

TAHITI - CRÉATION DE L'UNIVERS.



























    VOUS TROUVEREZ ICI LES "CARNETS"





 DE QUELQU'UN QUI A PASSÉ ONZE ANS

 DANS LE PACIFIQUE. CE SONT DES NOTES 

PRISES AU JOUR LE JOUR, ACIDES 

PARFOIS (COMME LE JUS DU CITRON 

VERT), SOUVENT ÉMERVEILLÉES.


CE SONT, AINSI DISENT LES 

JOURNALISTES, DES "BILLETS 

D'HUMEUR".


LES CHOSES RAPPORTÉES TOUCHENT AU

 QUOTIDIEN DES GENS ET DE LA SOCIÉTÉ.

IL NE S'AGIT EN AUCUN CAS D'UNE VUE 

EXHAUSTIVE MAIS IL ARRIVE PARFOIS 

QUE TOUT NE SOIT PAS AUSSI 

PARADISIAQUE QUE L'A VOULU 

MONSIEUR DE BOUGAINVILLE ...


QUE L'ON ME PARDONNE SI MA PLUME 

DÉROGE À LA COUTUME PARFOIS.





        NAISSANCE DE L'UNIVERS











Il était.

Taaroa était son nom.

Il se tenait dans le vide : Point de terre,
point de ciel, point d’homme.

Taaroa appelle aux quatre coins de l’Univers.

Rien ne répond.

Seul existant, il se change en Univers.

Taaroa est la clarté.

Il est le germe.

Il est la base.

Il est l’incorruptible.

L’Univers n’est que la coquille de Taaroa.

C’est lui qui le met en mouvement et en fait l’harmonie.



vendredi 7 août 2015

TAHITI QUOTIDIEN







TAHITI













Au long du quai un bateau danse à peine. C’est le soir, instant précaire ...

Longues cannes de bambous, en gerbes sur le roof.

Une bonite, pendue la tête en bas à la ranche d’un arbre voisin. Une camionnette arrêtée : Jambes ballantes, les pêcheurs sont assis. Un ventre se distingue : rond, entièrement tatoué de signess maohi. Une caisse presque vide ... Des bouteilles en farandole, vides, qui partent à la dérive doucement ...

Le soleil chute derrière l’ombre de l’île voisine ...
Irisations encore, à la surface de la mer, dans les traces de gaz-oïl ...

Il reste juste assez de lumière pour pouvoir compter les goulots qui se dandinent ...





jeudi 6 août 2015

TOURISME EN POLYNÉSIE






LE TOURISME EN POLYNÉSIE








                  INVESTISSEMENTS

                     











À Bora-Bora, l’île la plus vantée de Polynésie, l’hôtellerie commence à souffrir, paraît-il.

Pourtant, l’île a des atouts indéniables :

Elle est fréquentée par les Américains, qui l’ont occupée pendant la dernière guerre puisqu’ils avaient là une base-arrière pour leurs opérations dans le Pacifique. Ils se souviennent de Bora-Bora comme d’un séjour idilique, faisant contraste avec les dures batailles des îles occupées par les Japonais ! Ce sont les Américains qui ont construit ici la première piste pour avions gros-porteurs. Les avions de ligne ont été tenus de se poser à Bora-Bora pendant de longues années. On montait ensuite dans un hydravion pour gagner Papeete ... L’île est à portée de leurs dollars ... Encore que ... en ce moment ! Mais les pavillons en bambou, couverts de feuilles de pandanus ont bien de l’attrait, d’autant qu’ils sont construits sur pilotis, dans un lagon qui est une merveille ! La montagne est monobloc : un piton basaltique reconnaissable entre tous et qui a pour nom Otemanu, ce qui signifie “l’oiseau”. Il fait assez chaud, pendant toute l’année, pour que les plages soient plus fréquentées que la montagne.


L’île est fleurie. On vous fleurira aussi. On y a tourné des films célèbres, dont “Hurrican”, qui en a fait l’éloge. On a conservé une partie du décor devenu illustre.

Les Japonais fréquentent beaucoup Bora-Bora ... Faut-il dire” fréquentaient” beaucoup ? Des lignes aériennes directes reliant la Polynésie à l’Empire du Soleil levant assurent le remplissage des hôtels. Les japonais viennent beaucoup à Bora-Bora en voyage de noces. Mais qu’en est-il, auourd’hui, en ce qui concerne le “remplissage” ?

Une loi, adoptée par le Parlement français a créé des conditions fiscales d’exception pour les investissements dans les Territoires et les Départements d’Outre-Mer. Cette loi a surtout favorisé l’extension des flotilles de bateaux, à voiles ou à moteur, ce qui a créé des emplois, bien sûr ... Encore que ces flotilles soient très loin d’être utilisées à plein temps !

Les investissements immobiliers ont été également défiscalisés, ce qui a permis d’accroître les possibilités d’accueil de l’hötellerie Polynésienne. Les investisseurs ont tout de suite vu les bonnes affaires et l’on en connaît auxquels ces investissements ont permis de ne payer aucun impôt sur le revenu. On commence à s’en préoccuper ...



























Mais on pourrait parler, même, d’un afflux d’abus tel que bien des investissements ont été défiscalisés alors même que leur réalisation est demeurée tout ce qu’il y a de plus virtuelle.

Est-ce la raison pour laquelle, il y a quelques années, on pouvait voir à Bora-Bora, tout près du débarcadère, sur une pente de la colline, dominant les bleus, les violets et les verts du lagon, des traces de gigantesques travaux demeurés inachevés, abandonnés? De larges saignées dans la tere rouge, des terrasses comme autant de blessures non cicatrisées, des bungalows, dont certains presque terminés, les rails d‘un funiculaire pour éviter aux pensionnaires de l’hôtel d’avoir à gravir les pentes ... Je crois bien, même que les installations pour motoriser ce funiculaire avaient été construites ...

Tous ces travaux sont restés en plan. C’est là, pourtant, que devaient s’élever les installations d’un grand hôtel de luxe de la chaîne Hyatt. En a-t-on fait quelque chose depuis mon départ ?

Peut-être, après tout, cette construction virtuelle n’était-elle qu’une opération de défiscalisation ? Ou bien peut-être la chaîne hôtelière en question avait-elle senti qu’à force de construire des hôtel sur la même île, on pouvait arriver à saturation ?




... D’autant que le prix du séjour s’ajoutant à celui de la pension !



D’un autre côté, le touriste ayant fait un séjour d’une semaine à Bora-Bora, au-dessus du “Plus-Beau- Lagon-Du-Monde” s’est fait un superbe souvenir qui restera l’un des plus beaux de sa vie !

... À tous les points de vue !

                                                   (ÉCRIT EN 2005)