jeudi 24 octobre 2019

SANTIAGO ! !




JEUDI 25 JUILLET 2013

SANTIAGO DE COMPOSTELLA






Le 25 Juillet 2013.

               

En hommage à tous ceux qui ont perdu la vie hier en Espagne. En hommage à leurs familles et à tous ceux qui les aimaient ... 

                              ... Au bout du chemin ...
  







Seigneur nous sommes allés encore
Par les vallons de Galice
C’était le 24 Juillet 2013
Bruyères et genêts
Les collines étaient roses et jaunes
La veille de la Saint Jacques
L'orage nous prit sous la grêle
Nous marchions cependant
C’était le 24 Juillet
L'allégresse nous portait
Entre rhododendrons et camélias
La veille de la saint Jacques
Passés Portomarin et son lac
Palas del Rei
C’était le 24 Juillet
Où ne sont plus ni rois ni palais
Nous avons croisé des peuples très anciens
La veille de la saint Jacques
Entendu des musiques très vieilles
Et des paroles très belles
E Ultreïa vers Santiago !
C’était le 24 Juillet
Sommes passés plus outre encore
Plus haut plus haut Seigneur
E Suseïa !
À Compostelle
Plus haut nos coeurs plus légers !
Nous sommes entrés dans la Sainte cité
Seigneur
À Compostelle
Sous la pluie nous avions marché
Toute une matinée encore
Longé d'interminables murs noirs
À Compostelle
Les bâtons avaient sonné
Sur le béton sur les pavés
À Compostelle
Les marchands dans les rues vendaient des médailles
Boissons, jambons, saucissons
À Compostelle
Les carillons sonnaient à la volée
Nous tombâmes tout à coup
Aux marches du parvis
Le 24 Juillet
Nous accomplîmes les rites aux autels
Seigneur
Trop d'or encore
Trop d'argent dans Ta cathédrale
Trop de couleurs sous les voûtes
À Compostelle
Mais en moi Ta lumière est très douce
Seigneur, je T'emmène avec moi
Seigneur
À vingt heures quarante et une exactement
Le 24 Juillet
À Compostelle
Le train a déraillé

mardi 22 octobre 2019

SOMME TOUTE ... J'AI VÊCU .....




SOMME TOUTE ...


















Somme toute, j’ai vécu





« Aujourd’hui donnez-moi des notes joyeuses pour chanter le lilas (Image réminiscente),Ma langue mes lèvres faites-moi bouquet d’images d’été précoce pour faire plaisir à la Nature » …

                     Walt Whitman (Feuilles d’Herbe).






                                                            


Sur trois notes
L’oiseau siffleur                                                     
Deux longues une brève
L’oiseau de la nuit
Et le ruisseau chantonne à mi-voix
Les lucioles dansent entre les feuilles
Troncs très droits
Lianes pendantes
Rumeurs de l’Océan
J’ai entendu tout cela
J’ai vu

Les galets 
Les vagues racassent en roulant les galets
Rabâchant rabâchant
Froufrou soyeux des chauves-souris
J’ai entendu tout cela

Grincement des charrettes
Et les chocs des machettes dans les champs de canne à sucre
Le gros khâ
Tambour
Lancinant et sourd
Un cri modulé et long
Yodel
De quelqu’un reprenant son souffle
L’aboiement du chien qui court après une mangouste
J’ai entendu tout cela

                             


Frottement de la quille sur le sable
Crissement  des avirons dans les tolets
Vrombissement du moteur hors-bord
Appels d’un canot à l’autre
J’ai entendu tout cela

Et j’ai entendu la rumeur de l’océan 
Dans le creux du lambi sur ma tempe

Jaune
Jaune soufre
Noir
Se déroulant au vent
Nuages s’enroulant
Rouges
Rouge, jaune et blanc 
Gris sale
Cendres d’un volcan au milieu de l’Océan
Et l’Océan est taché de jaune
Taché de vert
Comme une ecchymose
Escarboucles étincelles 
Forges de géants
Roches rouges
Sable noir 
Lac bleu
J’ai vu tout cela



                                                         












Palmes des cocotiers
Vertes
Fumées des séchoirs à coprah
Brunes
La sylve de haute futaie
Le pigeon vert
Le lori
Les épiphytes et les lianes
Feuilles étranges et larges
Fruits pendus sous les branches 
Mangos
Rouges
Sapotilles
 Bananes papayes jaune rosé
Fruit de la passion 
Violets
Oranges et caramboles
Jaunes
Pommes Cythère
Tamarins et goyaves
Noix de coco et raisin bord de mer
Ah ! J’ai goûté  tous ces fruits-là
Et beaucoup d’autres encore





Grincements des vannes
Balancement des bambous
Clapotis
Le buffle dans la rizière
Noir et rose
Il porte un enfant sur son dos
Et l’enfant souffle dans sa flûte


Bécassines parmi les jeunes pousses du riz paddy
Alouettes
Sur le stûpa la corneille se perche et croasse
Fumée du bûcher funéraire
Psalmodie
Le papillon en toilette de cérémonie
Et l’odeur de l’encens
Ocre
Ocre rouge et ocre jaune
Rose porcelaine
Les bonzes et la couleur d’argent de leurs bols de riz
Épaule nue
Crâne rasé
Dans sa cage, le mainate crie
Que dit-il ?





                                                       






Aigre chant d’une jeune fille de Thaïlande 
Du Cambodge ou du Laos
Xylophones et Cithares à cordes multiples
Cliquetis des faisceaux de roseaux sur la terre battue
Mélanésie !
Coups sourds des tambours des Antilles
Saxos de la Nouvelle Orléans
Trompettes
Beuglement des conques de Tahiti
Ukulélés
Cliquètements des cauris fixés en bracelets 
Aux chevilles des danseurs africains
Et tous les instruments des orchestres symphoniques
J’ai entendu tout cela
J’ai vu





À Sri-Lanka
Que l’on appelait Ceylan autrefois
Des pélicans avaient envahi les étangs
Les singes en troupeaux couraient après nous 
Au Congo on décode les auspices aux déjections 
des chimpanzés
Avant de jouer un match de foot-ball
Au Vanuatu on mâche la racine du kawa
Le kanac lance des sorts pour attirer sa bien-aimée
Le Tahitien perpétue la coutume du tatouage 
Et les tupapau rôdent  par les nuits sombres
Aux Antilles on allume des bougies dans les cimetières





                                                     














Les gens qui peuplent les pays occidentaux courent 
dans les couloirs
Courent sur les trottoirs
Assourdis par leurs réseaux électroniques
Tintamarre de moteurs  
Chuintement de pneus
Ils s’agglutinent sur les autoroutes et sur les plages
J’ai vu tout cela
Et j’ai vu sur des îles des fils d’esclaves devenus libres
Chanter leur joie dans les églises et sur les stades
J’ai vu cela aussi
J’ai vu des hommes aux pieds nus garder leurs troupeaux 
aux flancs des collines
Cailloux cailloux 
cailloux
Ils se nourrissaient de dattes et de figues
Vêtus de laine blanche
Quelques-uns montés sur leurs dromadaires s’enfonçaient 
dans le désert
Désert de roses des sables
J’ai vu tout cela




                                                           




Bateaux !
Pirogues
Pirogues simples et pirogues doubles
Pirogues à balancier
Souples pirogues chant des piroguiers
Praos
Cadence des pagaies
Éclats et jets d’eau
Cris sourds cadencés
Bateaux
Très doux clapot à l’étrave du voilier
Et les poissons volants font des ricochets !
Rugissement régulier du hors-bord
Et la ligne  traîne à l’arrière
Le leurre multicolore trace un léger sillage
Marlin 
Marlin bleu ou marlin noir 
Voyez comme il saute !
Paquebots
Paquebots et les glaçons des canaux de Magellan
De Beagle
Glaciers de l’Argentine et du Chili
Falaises hautes couleur d’argent
Albatros
Un sterne s’est posé sur un piquet
Devant le bureau du port à Ushuaïa
Bateaux !





Vous souvient- il ?
Flammes des  bougainvillées
Rabat
Au jardin des Oudaïas
La tour Hassan
Rouge
Les cigognes aux nids des remparts craquettent-elles 
encore ?
L’âne aveugle tourne-t-il la noria toujours ?
Fraîcheur du chant de l’eau







                                                     








La chaloupe aux atolls de Polynésie
Quatre rameurs qui n’en font qu’un
La septième vague soulève l’esquif et le porte au récif
Il faut tirer la barque avant que la suivante ne déferle
J’ai vu cela aussi !
Et j’ai vu les tortues venir tout près 
Lever la tête pour respirer 
Puis plonger à nouveau
J’ai vu les dauphins danser
Ils couraient sautaient puis filaient devant la proue
Gardant leurs distances 
On eut dit qu’ils nous guidaient dans les passes
J’ai vu des squales de toutes sortes, des raies aux larges ailes
Elles sautaient hors de l’eau 
Puis retombaient en lourds éclaboussements
Les thons passaient en troupes importantes
Filaient bleus entre deux eaux
Puis sautaient en tournoyant et les oiseaux plongeaient 
de tous côtés
Les frégates noires tournaient 
J’ai vu tout cela




Et j’ai vu des formes étranges bleues ou rouges 
Surprenantes montgolfières qui montaient descendaient
 doucement
J’ai plongé au récif du corail 
Gorgones
Forêts de buissons rouges et bleus
Verts
Des yeux clignotaient étranges
De longues chevelures ondulaient
Des ombres passaient
Des milliers d’êtres vivants arrondis ou fuselés
Autres paysages !
J’ai vu tout cela !




                                                     


















Longues plaines 
Des hardes nombreuses y dansaient
De chevreuils
Antilopes et gazelles
Dans le fond des vallées les fauves veillaient
Et sur les rochers des montagnes sautaient le chamois
Le guanaco
Le bouquetin
Très haut des aigles planaient
Les condors aux larges ailes
J’ai vu tout cela aussi





Sur trois notes
L’oiseau siffleur                                                     
Deux longues une brève
L’oiseau de la nuit
Et le ruisseau chantonne à mi-voix
Les lucioles dansent entre les feuilles
Troncs très droits
Lianes pendantes
Rumeurs de l’Océan
J’ai entendu tout cela
J’ai vu

                                                   


















Les hommes et les femmes dansent
Il faut les aimer
Ils ont un ancêtre commun avec les chimpanzés 
et les bonobos
Ils dansent 
Ils chantent
Ils se battent sans cesse
Ils s’étrillent et s’entretuent
Ce qui leur reste de temps 
Ils le passent à regarder sur leurs écrans
Leurs semblables qui forniquent ou s’égorgent
Ou bien leur cœur bat pour des joueurs qui se disputent 
un ballon de cuir 
Il faut les aimer comme ils sont.

                                                                































Somme toute

J’ai vécu

Rien dans les mains 

Rien dans les poches

J’ai couru

Après les papillons ...

dimanche 20 octobre 2019

LA MER ......




LA MER







                         LA MER




                                                 Cinq mâts - Royal-clipper 


« Un soir, t’en souvient-il ? Nous voguions en silence ;
On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux. »      *1

Langue lèche
Larme coule et s’épanche
Joue soie
Blanche plage, noire ou dorée
Flocons d’émulsions chassés par le vent

Émeraudes et saphirs
Aigues marines
Lapi lazzuli 
Bleu outremer
Longs cingles blancs

Rêves d’ondines ou de sirènes
Parfums d’œillets et de romarin
Laveuse de goémons et d’épaves                                
De môles et de parapets
En silence sous le soleil




Gardeuse de moutons et de chèvres
Meneuse de cavales  par troupeaux
Laines et crins
Bonds et poursuites
Joueuse de flûte et de violon

Piano, flûte  ocarina
Hautbois
Harpe et cithare
Khen
Kora et guitare
Harmonica






Et puis

Contrebasse
Caisses et cymbales
Trompettes et clairons
Cors
Tubas et timbales
Saxos et tambours 

Et puis

Écoute les grandes orgues !

Et puis 

Le canon
Il tire à boulets rouges
Le canon
Écoute
Écoute la corne de brume !
Un crocus
Un iris blanc
Deux hortensias violets
Glaïeuls
Un oiseau de paradis
Anthuriums et balisiers
Rose de porcelaine
Arums blancs
Alpinia
Hibiscus rouge
               Jaune
               Blanc
Héliconia et yucca
Camélia
Magnolia 


















Si mi voz muriera en tierra,
Llevadla al nivel del mar
Y dejadla en la ribera.
Llevadla al nivel del mar
Y nombradla capitana
De un blanco bajel de guerra.

Oh mivoz condecorada
Con la insignia marinera :
Sobre el corazon un ancla
Y sobre el ancla una estrella
Y sobre la estrella el viento 
Y sobre el viento la vela !        *2

Bassine bouillante
Soupière infernale
Friture de sorcière
Bouillon louche et fumant
Tourbillons
Et le vent
Mille couteaux aiguisés


Plumes
Aurore de plumes d’aras
Duvets de canards
Flocons
Plumes d’autruches et plumes de paon
Nuées de pétales

Sabre au clair
Le phare de Fréhel
La Vieille
La Teignouse et Goulphar
Roscoff et Créac’h 
La Jument et le Petit Minou
Morgat Eckmül et Ar Men
Batz
La mère des vagues les enveloppe 
Elle explose
Champagne !

Cascades
Jaillissements
Étoiles et comètes
Escarboucles étincelles
Éclaboussures
Vif-argent
Un grand miroir vole en éclats

Le canon tonne 






Un crocus
Un iris blanc
Deux hortensias violets
Glaïeuls
Les oiseaux de paradis
Anthuriums et balisiers
Roses de porcelaine
Arums blancs
Alpinia
Hibiscus rouge
               Jaune
               Blanc
Héliconias et yuccas
Mimosa en bouquets
Magnolia 
Passe la fée Carabosse à cheval sur son balai
Un goéland crie, emporté par le vent 
Le linge du gardien de phare court après les nuées
Un cormoran vole au ras des flots
Dans son habit funèbre


Contrebasse
Caisses et cymbales
Trompettes et clairons
Cors
Tubas et timbales
Saxos et tambours 
Coups de boutoir
Coups sourds de bélier
Les galets racassent

Sainte Marie
Priez pour nous !









                              

            *1-Alphonse de Lamartine – Le Lac.
            *2 - Rafael Alberti - Sueno Del Marinero.


vendredi 18 octobre 2019

LE CANNET DES MAURES .....





Le Cannet des Maures









Le vent
           Le vent
                       Le vent
T’en souviens-tu ?
Je n'avais pas vingt ans
Le vent s’engouffrait dans les plis de ma cape
Le vent
           Le vent
                       Le vent
Le vent de la Provence
Farigoule et  lavande
Tourterelle
Grive musicienne


Le vent
            Le vent
                        Le vent
Montée de Vidauban à Lorgues
Descente vers le Thoronet
À  bicyclette
Buissons échevelés
Oliviers qui frémissaient
Le vent
           Le vent
                       Le vent
Piaillement des vanneaux dans la plaine

Le vent
           Le vent 
                      Le vent
Le vent m’a emporté
Loin
Bien loin
Mais quand je suis revenu
Le vent
            Le vent
                       Le vent
Le vent chantait toujours
J’ai reconnu le Vieux Cannet sur sa butte
J’ai deviné où court  l’Argens
La vigne est là encore
Mais je n’ai pas retrouvé le moulin à huile
Existe-t-il encore ?
Et le château ? 
Le vent
           Le vent 
                      Le vent
Le vent sent toujours la farigoule et la lavande
Mais le vent ne me rendra pas mes amours …