lundi 10 mars 2014

ÉCOUTE-MOI, P'TIT LOUP !

           TEXTE : "LES PROPOS" - ALAIN.

                                 PHOTOS : NOUS AVONS CHOISI PARMI NOS MEILLEURS CLICHÉS

                                                 
                                                                         GUY WEIL - LE REGARD DU LOUP
                                                                               galerie 30 - Le Cannet



-"Il est difficile de dire comment la peinture exprime le vrai du modèle, toujours selon la justice contemplative, mais par d’autres moyens encore, par d’autres gestes, par d’autres préparations. Cet art est plus secret sans doute que le dessin.



                                                      Vu à la galerie 30 - Le Cannet

Le dessin en sa perfection ne retouche guère ; la peinture n’est que retouche ; un honnête peintre trouvait souvent à dire d’un tableau : « Ce n’est pas assez peint. » ... touche sur touche, voilà le peintre. Je remarque ici encore un mouvement mesuré et décidé sans aucun emportement.




                    VEROCHEK - VU AU MARCHÉ DE FORVILLE UN LUNDI MATIN - CANNES


Mais ce mouvement qui pose la touche et s’en retire nie le dessin. Ce n’est plus une forme limitée et circonscrite qui va paraître ; ce n’est plus cette suffisance de l’être limité à soi.





Dans un portrait peint de Rembrandt, la ligne qui limite le haut de la tête est insaisissable ; mais plutôt il semble que le portrait surgisse ou ressorte de l’ensemble des choses, dont il n’est point du tout séparé. Ce fond souvent indistinct, d’où ressort le portrait peint, c’est la merveille ; c’est le monde, plus ou moins effacé, mais présent par la liaison , par le passage, c’est l’ombre universelle.




                                                   vu à la galerie 30 - Le Cannet

 Si le fond est un paysage, ou un mobilier, ou une tenture, la merveille de participation est plus rare ; le dessin ici guette le peintre. La condition de la peinture n’en est pas moins la même. Il faut que cet homme peint soit dans l’ensemble des objets, qu’il en soit éclairé, porté, nourri.


                                Vu à la Galerie Terre des Arts - Rue St. Sauveur - Le Cannet

Et c’est peut-être le propre de la peinture, opposée en cela au dessin, de représenter l’insuffisance de l’être particulier. Relisez le Platane de Valéry. Le dessin serait ici bien inférieur au poème ; mais la peinture en approcherait."


                                      Vu à la Galerie Terre des Arts - Rue St. Sauveur - Le Cannet

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SI, SI ... ALLEZ-Y VOIR !

samedi 8 mars 2014

SALON DES ANTIQUAIRES


SALON DES ANTIQUAIRES

Au salon des antiquaires de Cannes, quelques très beaux meubles nous étaient présentés ... Nous avons rêvé : Rêvé au temps où les membres d'une famille étaient soudés et où l'on se passait les meubles d'une génération à l'autre.

- "Maintenant, me disait mon coiffeur, les jeunes ne rêvent plus que de meubles fabriqués en panneaux de particules. On les retrouve, ces meubles, sur le trottoir, lorsqu'ils ont cessé de plaire ou lorsque la famille déménage." ... Autre temps, autres goûts et autres moeurs ! Le service de nettoiement les emportera vers la décharge.





Mais avouez, tout de même ... 
                            ça a une autre allure !

Autre temps où la durée n'était pas mesurée avec les mêmes étalons !







Ici nous était présentée une "chambre noire", autrement dit un appareil photo, chef d'oeuvre d'ébénisterie et d'optique ... Cela nous ramène au tout début du vingtième siècle ... Nous avons connu des appareils de ce genre : -"Ne bougez plus, disait le photographe ... Le petit oiseau va sortir!"









Mais, juste à côté, nous avons trouvé ce tableau évocateur des grandes odyssées maritimes : Relisons Baudelaire : -"Homme libre, toujours tu chériras la mer ..." !





Nous avons terminé notre petit tour devant ce petit tableau, si joliment encadré et si précieux ... Celui-là aussi s'est probablement transmis de père en fils ou de mère en fille ... Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de famille ! 
Mais Dieu, que c'est joli !

                                *
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mercredi 5 mars 2014

NYAÊL :LES OIES DANS LA VITRINE.



Ces photographies, qui présentent la vitrine de la boutique Louis Vuitton, à Cannes, pendant la période des fêtes de fin d'année, ont inspiré la verve poétique de notre amie Nyaël.

Peut-être les petits textes qu'elle m'a fait parvenir vous plairont-ils ?






Les bagages sont prêts 
Empilés sur la table 
En équilibre instable ...    
L’échelle est avancée . 

Le yatcht est en retard :  
Les passagers hagards 
S’en remettent au hasard 
Et s’installent au bar ! 

Mais des oies effrontées 
Squattent la passerelle 
Elle s’en vont, décidées, 
En dépliant leurs ailes  

Saperlotte ! 
Elles sont oies,  
Mais  point sottes :   
Pour quitter le sol, 
Ce tremplin de guingois 
Permettra leur envol  …. 

  





Jambes de danseuses, 
Sans aucun jupon,   
Cous tendus de poseuses 
Et pointes sans chaussons, 

Sont-elles oies, oisons 
Ou montures équestres, 
Pîtres  marchant au son  
D’un malheureux orchestre ? 

Danseurs éblouissants 
Prêts pour une arabesque ? 
Ou mauvais  garnements 
Pour un conte grotesque ?  

 Pyramide à la dérive,   
Glissant sur le parquet laqué  
D’une éclatante coursive  ... 
L’ai-je vue, ou l’ai-je rêvée ?  

Vision évasive .... 
Je dors à moitié . 
Ma pensée captive   
Rêve tout éveillée ... 

       28/01/2014  

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lundi 3 mars 2014

SAGESSES - SALON DES ANTIQUAIRES



Nous avons bien besoin de sagesse en ces temps troublés sur tous les continents !






Autre sagesse : Au salon des antiquaires de Cannes, nous avons remarqué cette statuette :
Buddhisme ou Brahmanisme ? - Nous ne sommes guère qualifié pour le dire, mais en tout cas, toute statue étant une allégorie, celle-ci est l'image de la sagesse et de la sérénité.




                                                 Dolono Ethnic Montpellier

Cette sculpture sur serpentine nous arrive du Zimbabwe .......  Allégorie du couple ? 

Le couple, évidemment, a pour but la procréation, mais le couple sacralisé, tel que les âges l'ont installé, a pour objectif la création d'une famille, condition de la transmission des acquis et de l'éducation des enfants.







Allégorie de l'agriculture, de la culture et des moissons ?

Allégorie du travail, de la civilisation et du respect de la Nature ...

L'héritage est Grec et Romain.








Louange de la Nature et de la culture : Héritage Chrétien, à n'en pas douter.





Mais cette toile du XIX eme. siècle, probablement,
nous ramène à la vérité de la condition humaine : 

Le Martyre de Saint Sébastien ... Image issue de la tradition judéo-chrétienne illustre le côté misérable de la condition humaine : Misère de l'homme martyrisé et misère de l'agresseur ... Ceci nous renvoie aux "Chants de Maldoror", dont la méditation conduit peut-être vers un peu de sagesse !

Devons-nous désespérer des hommes ?

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dimanche 2 mars 2014

SALON DES ANTIQUAIRES - CANNES





BELLE ÉPOQUE ...


Et voici toute l'ambiguité de ce salon : Je ne suis pas très certain que ce tableau devrait figurer au salon des "Antiquités" ... Sans avoir aucun renseignement, je le daterais plutôt du XIX eme. siècle, et je le dirais contemporain d'Isidore Ducasse, dit "Le Comte de Lautréamont et des "Chants de Maldoror"qu'il illustrerait de façon tout  à fait adéquate : Cruauté de l'homme et cruauté du monde qui s'offre à l'homme... !!!

Allumez votre poste de télévision et ... Parlez-moi d'actualité !





- "J'ai vu, pendant toute ma vie, sans en excepter un seul, les hommes aux épaules étroites, faire des actes stupides et nombreux, abrutir leurs semblables, et pervertir les âmes par tous les moyens. Ils appellent les motifs de leurs actions : la gloire. En voyant ces spectacles, j'ai voulu rire comme les autres ; mais cela, étrange imitation, était impossible. J'ai pris un canif dont la lame avait un tranchant acéré, et je me suis fendu les chairs aux endroits où se réunissent les lèvres. Un instant je crus mon but atteint. Je regardai dans un miroir cette bouche meurtrie par ma propre volonté ! C'était une erreur ! Le sang qui coulait avec abondance des deux blessures empêchait d'ailleurs de distinguer si c'était vraiment là le rire des autres ..."
                                               (Lautréamont - Les Chants de Maldoror, Chant premier-strophe 5)






Ci-dessus, nous retrouvons la même cruauté, la froideur en plus ... 

Que notre époque est cruelle !

Heureusement qu'il reste des couleurs, des oiseaux, des poissons, un peu de fraîcheur ... Mais les fruits et les poissons ... Pour combien de temps en restera-t-il ? 

- " Moi, comme les chiens, j'éprouve le besoin de l'infini ... Je ne puis, je ne puis contenter ce besoin ! Je suis fils de l'homme et de la femme, d'après ce qu'on m'a dit. ça m'étonne ... Je croyais être davantage ! Au reste, que m'importe d'où je viens ? Moi, si cela avait pu dépendre de ma volonté, j'aurais voulu plutôt être le fils de la femelle du requin, dont la faim est amie des tempêtes, et du tigre, à la cruauté reconnue : je ne serais pas si méchant. Vous qui me regardez, éloignez-vous de moi car mon haleine exhale un souffle empoisonné ..."
                                                   ( Lautréamont  - Opus déjà cité, chant 1, strophe 8)






Il est des pays qui, dans notre subconscient, sont faits pour les musiques et les musiciens : Balalaïkas, accordéons, guitares et violoncelles ... 

Les hommes et les femmes sauront-ils chanter autre chose que des hymnes guerriers ?

- "Je pourrais, soulevant ton corps vierge avec un bras de fer, te saisir par les jambes, te faire rouler autour de moi, comme une fronde, concentrer mes forces en décrivant la dernière circonférence, et te lancer contre la muraille. Chaque goutte de sang rejaillira sur une poitrine humaine, pour effrayer les hommes et mettre devant eux l'exemple de ma méchanceté ! Ils s'arracheront sans trêve des lambeaux et des lambeaux de chair, mais la goutte de sang restera ineffaçable , à le même place et brillera comme un diamant ..."
                                                    (Opus cité, chant 2- strophe 6)
                                 









Nous avons connu des périodes noires, des périodes de guerres et de massacres ...

Ce n'est point le Créateur qu'il faut en accuser ... Mais c'est bien l'humanité tout entière qui en est responsable ! - Maldoror ... Il faut relire les chants de Maldoror !

-" Où est-il passé, ce premier chant de Maldoror, depuis que sa bouche, pleine des feuilles de la belladone, le laissa échapper, à travers les royaumes de la colère, dans un moment de réflexion ? Où est passé ce chant ... On ne le sait pas au juste. Ce ne sont pas les arbres, ni les vents qui l'ont gardé ..."

                                                 (Opus cité - Chant 2, strophe 1)




- " Tu iras chercher à la fontaine deux seaux d'eau. Une fois le parquet lavé, tu mettras ces linges dans la chambre voisine. Si la blanchisseuse revient ce soir, comme elle doit le faire, tu les lui remettras ; mais, comme il a plu beaucoup depuis une heure, et qu'il continue de pleuvoir, je ne crois pas qu'elle sorte de chez elle ; alors, elle viendra demain matin. Si elle te demande d'où vient tout ce sang, tu n'es pas obligé de lui répondre . Oh ! Que je suis faible ! N'importe ; j'aurai cependant la force de soulever le porte-plume, et le courage de creuser ma pensée. Qu'a-t-il rapporté au Créateur de me tracasser, comme si j'étais un enfant, par un orage qui porte la foudre ?. Ces bandelettes m'embêtent, et l'atmosphère de ma chambre respire le sang" ...

                                 (Opus cité - Chant deuxième - Strophe 3)