mercredi 6 avril 2016

OLÉRON _ LA SAURINE.




LA SAURINE










Louanges
Toutes grâces rendues
Et sacrifice pour le rite
Un taureau noir à l’autel de Pomone
Du sang sur tout bourgeon de salicorne
Et sang aux miroirs du ciel comme draps étendus 
Draps de lavandières
Y passent oiseaux et nuages
Franges  de genestrolle et  de curcumine
Par flaques ou par semis étoilés
Fleur de soufre à mécher le tonneau des vendanges

























Chyle suspect aux anciens marais salants
Odeur femelle de l’argile bleue
Plumetis, panaches des roseaux dans les étiers
Un pré soigneusement  étrillé, peigné
Toison rase finement crêpée, couleur de noisette
Prêt à recevoir le grain











Flûte d’un courlis sur deux tons, l’un bref, l’autre prolongé
Le tremble laisse frémir son feuillage argenté comme sequins de Bohème
Tamaris vert- bouteille, mais,  sur une branche on distingue encore une buée  d’un vieux rose
Ah ! D’où me vient cette chanson douce ?
Cliquetis de crémaillère à la varaigne
Lent  et régulier

Silencieuse, la nage du myocastor à l’aigu de son angle











Ample robe plissée, de brocart brodé d’or
Cachemires et soies
Couronnes
Chrysanthèmes bouclés
Et l’écharpe d’hermine flotte sur l’horizon violet
Longues méditations de l’aigrette garzette  et du héron cendré
Deux cygnes vannaient à grands coups d’ailes 
sifflantes, vannaient le vent
Vannaient l’espace et le temps














Ah ! Qui oubliera le goût du fenouil sur la langue ?

                           

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