vendredi 9 juin 2017

RECORD ABSOLU ... !



UN RECORD HISTORIQUE ABSOLU.. CAPITULATIONS
ET CHANGEMENTS DE DRAPEAUX ... 


   Seize capitulations successives ! _ C'est un record sans doute ... N' est-ce pas ?   _ " Envoyez les couleurs!"   _ " Amenez ! "             Et c'est le même homme qui a signé toutes ces capitulations, dans le
 même pays : Les Seychelles ... Et devant le même adversaire :
 L ' Anglais. Autant dire que, de mille sept cent quatre-vingt quatorze
 à mille huit cent onze, le pavillon français et l ' Union-Jack n'ont
 cessé de monter et de descendre alternativement au mât de
 l ' "Etablissement du Roi" !   _ Autant dire qu' en ces dix-sept années, le pavillon britannique a
 flotté chaque fois que passait un navire britannique, remplacé par le
 pavillon tricolore dès que disparaissait le visiteur. _ Du reste, si le
 Capitaine Newcome avait, le premier, recueilli la capitulation des
 Seychelles, le dix-sept Mai mille neuf cent quatre-vingt-quatorze, le
 Commandant des îles n'avait pas changé : C'était toujours
 Jean-Baptiste Quéau de Quincy, gentilhomme et Capitaine du
 Régiment de Pondichéry, ancien écuyer de Monsieur, frère du Roi
 de France.    











 _ Première capitulation le dix sept Mai mille sept cent quatre-vingt- quatorze, donc, sous la menace des cent soixante canons de quatre
 vaisseaux ...   Le pavillon français remonte au mât dès le premier Juin.   _ Deuxième capitulation le vingt et un Août mille huit cent un,
 devant les bouches à feu de la "Sybille",qui venait d'amariner la
 Frégate française "La Chiffone". _ Capitulation encore, et encore
 capitulation ... Les drapeaux se succèdent en haut du mât. Pour un
 peu, les Seychelles seraient devenues un condominium
 franco-britannique ! ... On se les partage sans l'autorisation des
 métropoles !     _ Les métropoles, elles, ne se satisfont pas toujours de ce manège ...
 Ainsi, en septembre mille huit cent quatre, Monsieur de Quinssy
 capitule encore, devant le Capitaine Wood cette fois, commandant
 le " Concorde". Mais ... Par inadvertance sans doute, ( L'habitude
 précipite les réflexes conditionnés ! ) Quéau de Quinssy bouscule un
 peu les choses : Il capitule ... Avant qu'on le lui demande ! ...
 Nouvel échange de pavillons !   








  _ Le Général Decaen, Gouverneur-Général, depuis l'Ile-de-France
 sermonne le Commandant des Seychelles, et rappelle qu'il ne faut
 point tant se presser.   







 _ " Il est évident que la Colonie ne peut être défendue ... Néanmoins,
 si Messieurs les Anglais veulent s'emparer des Seychelles, ils
 devront y mettre les formes. Tant qu'ils n'auront pas effectué une
 prise de possession officielle, le pavillon français devra flotter en
 haut du mât ... Chaque fois que ... Les Anglais ne seront pas là ! "    ... En substance, c'est ce qu'écrit le Général et, croyez-nous, un
 Général, ça s'y connaît !       _ " Donc, ne vous hâtez point trop quand vous capitulez ... Il y va de
 l'honneur de la patrie !     







  _ On ne détourne pas le cours de l'Histoire : Le drapeau français a
 fini par rester en bas du mât.     Les forces navales anglaises croisent entre les Seychelles, Tromelin,
 la côte malgache et les Mascareignes. Elles prennent possession de
 Rodrigues en mille huit cent neuf.     Le sept Juillet mille huit cent dix, c'est La Réunion qui est prise et le trois Décembre de la même année, c'est le tour de l' Ile-de-France.
 Les Seychelles deviennent britanniques, puisque le Gouverneur- général français ne gouverne plus rien du tout.   _ Plus de Gouverneur : Plus de Gouvernement ... Le Général
 Decaen regagne sa bonne ville de Caen, dans sa Normandie.   






 Le vingt et un Avril mille huit cent onze arrive le "Nissus" et, à son
 bord, le premier fonctionnaire britannique. _ L' Union _ Jack flotte
 sur les Seychelles. _ C'était le courant de l'Histoire ... Il est probable
 que Quéau de Quinssy l'avait pressenti ... Tout comme Decaen ...
 Chacun tirant ses propres conclusions.   _ Donc, en mille huit cent quatre, emporté par ses réflexes et sa
 précipitation, de Quinssy baisse son pavillon. Il se fait sermonner.
 L'année suivante, la frégate le " Duncan", sous pavillon de prise,
 mouille dans le port de Mahé. Le bâtiment l' "Emélie", une de ses
 prises, armée en guerre, contourne l'île. Il trouve, près l'île Thérése
 le "Courrier des Seychelles" avec une traite de cent soixante-dix noirs.  Il l'amarine. Mais les cent soixante-dix noirs ont eu le temps de se
 cacher. On les recherche.     L' Anglais met cinquante hommes à terre, qui dévastent l'habitation
 des sieurs Blin et Dupont, propriétaires du "Courrier des Seychelles". Le brick le "Sirius", venant de Madagascar, arrive au mauvais
 moment : On le canonne ... Il perd sa mâture et son gréement.
 Le lendemain, on brûle la goëlette la " Rosalie", de trente tonneaux. Au bout de cinq jours de présence, le "Duncan", l'Emélie" et le
 "Courrier des Seychelles"appareillent et reprennent le large...     







  _ "Sans avoir arboré le pavillon anglais ni témoigné la moindre
 envie de prendre possession de ces îles... ", écrit le Général Decaen,
 rendant compte à Son Excellence Monsieur le Ministre de la Marine
 et des Colonies, à Paris. _ Merveille des rapports administratifs et
 militaires ! ... inimitable saveur des styles !      _ " Ce départ sans prise de possession laisse les choses sur le pied où  il me paraît naturel qu'elles soient, c'est à dire que toutes les fois
 qu'un bâtiment de l'Empire (C'est de l'Empire français qu'il s'agit,
 cela va sans dire ... ), paraîtra dans quelqu'une des rades de cet
 archipel, le pavillon français doit y flotter à moins d'une prise de
 possession de la part de l'ennemi qui, alors, pourrait donner lieu à
 une attaque proportionnée aux forces qui y auraient été laissées pour  garder la conquête ..."     _ Ah ! Mais ! ... Ce n'est pas pour rien que Corneille, Nicolas Morphey , commandant la frégate le "Cerf" a déposé à Mahé une pierre de
 granit gravée aux Armes de France ... Il est vrai que c'était le premier  Novembre mille sept cent cinquante six et que les Armes de France
 portaient alors trois fleurs de lys, le Cordon du Saint-Esprit et la
 couronne royale ... Le pavillon était blanc et l'on tirait le canon en
 criant : _ " Vive le Roi" !       ( Références : A.A.Fauvel : Unpublished Documents on the
 History of Seychelles Islands. Lettres du Général Decaen à Son
 Excellence, Monsieur le Ministre de la Marine et des Colonies.
 Ile-de France, an 14 .... Soit le 6 Décembre 1806. )     








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